Ma collection d’Histoires de Sagesse

Depuis tout petit, j’ai toujours collectionné des choses, comme des étiquettes de cigares, des épingles, des pins, des porte-clés, des timbres, des bandes dessinées, etc.

Juste avant l’ère de l’ordinateur, des photocopies circulaient avec des histoires, des messages ou des poèmes et j’aimais beaucoup ça.

Alors, je commençais à les accumuler aussi. Et quand j’avais mon premier ordinateur en 1993, je commençais à les retaper ou à les scanner. Sur mon site précédent, j’en avais plus de 500.

Récemment, j’ai retrouvé un de mes premiers fichiers avec des histoires et des  messages. Voici, une petite sélection de quelques-uns de mes textes préférés.

Vous pouvez télécharger les histoires en fichier PDF en cliquant sur ce lien.



SI TU VEUX CHANGER LE MONDE, AIME UN HOMME

Si tu veux changer le monde, aime un homme… aime le vraiment. Choisis celui dont l’âme appelle véritablement la tienne, celui qui te voit, et qui est suffisamment courageux pour avoir peur. Accepte sa main et guide le doucement vers le sang de ton cœur, où il peut sentir ta chaleur autour de lui et s’y reposer, et brûler toutes ses lourdes charges dans tes flammes. Regarde le dans les yeux, regarde au plus profond de lui, et vois ce qui s’y trouve, endormi ou éveillé, ou timide ou impatient. Regarde le dans les yeux et vois ses pères et grand-pères et toutes les guerres et autres folies que leurs esprits ont combattues dans des contrées lointaines il y a longtemps. Regarde leurs souffrances et leurs luttes, leurs tourments et leur culpabilité; sans jugement. Et laisse cela partir. Ressens son fardeau ancestral, et comprends que ce qu’il recherche en toi c’est un refuge sûr. Laisse le se fondre dans ton regard stable, et sache que tu n’as pas besoin d’être le miroir de cette rage, parce que tu as un utérus, une porte douce et profonde qui soigne et purifie les vieilles blessures.

Si tu veux changer le monde, aime un homme… aime le vraiment. Assieds toi devant lui dans toute ta majesté de femme, dans le souffle de ta vulnérabilité, en jouant l’innocence enfantine, dans les profondeurs de ton invitation à une mort florissante, te soumettant avec tendresse pour permettre à sa puissance d’homme de faire un pas vers toi… et nagez ensemble dans l’utérus de la Terre, dans un silence entendu. Et quand il se retire… car il se retirera… fuyant par peur dans sa caverne… rassemble les Grands-mères autour de toi, enveloppe toi de leur sagesse, entends leurs doux murmures, apaise ton cœur de petite fille apeurée qui t’immobilise… et attends patiemment son retour. Assieds toi et chante près de sa porte le chant du souvenir, pour qu’il soit encore une fois rassuré.

Si tu veux changer le monde, aime un homme… aime le vraiment. N’amadoue pas le petit garçon avec des ruses et des tours, de la séduction et des pièges pour le leurrer vers une toile destructrice, vers un lieu de chaos et de haine plus terrible encore que toutes les guerres combattues par ses frères. Ce ne serait pas Féminin, ce serait une revanche, ce serait le poison de l’abus des époques, le viol de notre monde. Et cela ne donne aucun pouvoir à la femme, elle se diminue en le castrant. Et elle nous tue tous. Et que sa mère l’ait soutenu ou pas, montre-lui la vraie Mère, tiens-le maintenant et guide-le dans ta grâce et tes profondeurs brumeuses jusqu’au centre de la Terre. Ne le punis pas parce que ses blessures ne correspondent pas à tes besoins ou à tes critères. Pleure pour lui de douces rivières, et ramène tout à la maison avec ton sang.

Si tu veux changer le monde, aime un homme… aime le vraiment. Aime-le suffisamment pour être nue et libre, aime-le suffisamment pour ouvrir ton corps et ton esprit au cycle de naissance et de mort. Et remercie-le pour l’opportunité de danser ensemble dans les tempêtes qui font rage et les bois silencieux. Sois assez courageuse pour être fragile, et laisse-le s’abreuver aux pétales doux et capiteux de ton être. Fais-lui savoir qu’il peut te tenir, et se lever pour te protéger. Tombe en arrière dans ses bras et fais-lui confiance pour te rattraper, même si on t’a déjà laissée tomber des milliers de fois avant. Apprends-lui à se rendre en te rendant toi-même, et fusionnez dans le doux néant du cœur de ce monde.

Si tu veux changer le monde, aime un homme… aime le vraiment. Encourage-le, nourris-le, autorise-le, entends-le, tiens-le, guéris-le. Et à ton tour tu seras nourrie, soutenue et protégée par ses bras forts, ses pensées limpides et ses flèches affûtées. Car il peut, si tu le lui permets, être tout ce dont tu rêves. Si tu veux aimer un homme, aime toi, aime ton père, aime ton frère, aime ton fils, aime ton ancien partenaire; du premier garçon que tu as embrassé au dernier pour lequel tu as pleuré, remercie pour les dons, des débris dans lesquels tu te trouvais jusqu’à la rencontre avec celui qui se tient devant toi maintenant. Et trouve en lui la graine du renouveau et du solaire, une graine que vous pouvez nourrir pour aider l’émergence d’un nouveau monde, ensemble.



MESSAGE DES ENFANTS PSYCHIQUES

Il y en a ceux qui diront qu’ils ont déjà entendu ce message.
Il y aussi ceux qui diront qu’il est trop simple, ou même irréel.
Il est vrai, et il n’a jamais été entendu par personne auparavant.
Pourquoi ?
Parce que dès que quelqu’un l’a vraiment entendu, tout change.
Le monde et tout ce qu’y s’y trouve ralentit et presque s’arrête.
Alors il n’y a rien d’autre mais seulement la vérité.
Et vous savez que vous êtes cette vérité.
La question disparaît.
C’est ce Cadeau que les Enfants sont venus apporter.
Le message entier peut être résumé en un seul mot,
Mais ce mot retentit à travers l’éternité.
C’est un mot que vous pourriez entendre de tout enfant, même dans votre foyer.
Les enfants ont toujours répété ce mot,
Mais peu ont vraiment entendu ce qu’il signifie.
Si vous pouviez le comprendre maintenant,
Et accueillir le monde qui s’y trouve à l’intérieur de celui-ci,
Alors vous seriez conduit au Lieu Divin d’où nous vous parlons maintenant.
Ce n’est pas un lieu physique,
Mais il est aussi réel que tout ce que vous avez pu expérimenter physiquement.
C’est un lieu où le cœur peut vivre,
Où il peut respirer,
Et où il peut se dilater pour inclure l’univers entier.
Écoutez ce mot maintenant,
Et ouvrez votre cœur au monde qui est à portée de main.

PRETENDEZ (Faites comme si) !

Quelle est la première pensée qui est venue à votre esprit ?
Est-ce trop vous demander ?
Est-ce trop simple pour changer votre vie pour toujours ?
Celui-ci est le mot que les Enfants sont venus apporter.
Les enfants l’ont toujours prononcé devant ceux qui écoutent.
Vous aussi l’avez prononcé. Mais vous avez oublié ce qu’il signifie.
Vous avez oublié de PRETENDRE CE QUI EST VRAI.
Vous avez choisi à la place de prétendre ce qui n’est pas vrai.
Et ainsi vous avez fait un monde qui reflète cette décision.
Choisissez à nouveau !
Prétendez que vous êtes éveillé.
Prétendez que vous êtes aimé par Dieu.
Prétendez que vous êtes parfait tel que vous êtes.
Prenez une respiration profonde maintenant et

PRETENDEZ CE QUI EST VRAI.

Alors tout aura un sens.
Regardez le mot PRETENDRE un instant.
Pré veut dire avant et tendre veut dire faire attention à.
Mettez ces deux mots ensemble maintenant.
Faites attention à ce que vous étiez avant.
Avant quoi ?
Avant que le temps existe !
Votre Soi Originel !
PRETENDEZ que vous êtes encore ce Soi Originel.
PRETENDEZ que rien n’a jamais changé.
Alors sachez que ce que vous prétendez est un fait.
C’est vrai !
Construisez votre vie autour de ceci.
Donnez tout ce que vous avez pour réaliser ceci.
Rien d’autre ne compte que ceci,
Et c’est ainsi le message des Enfants d’Oz.
Le treillis d’énergie a été achevé.
Prétendez que vous êtes là bas, et vous y êtes.
C’est simplement un changement de vibration.
Nous vous y attendons,
Parce qu’il y a encore tellement de choses à révéler.
Le trajet vient de commencer.
Et nous nous déplaçons tous ensemble.
D’ici nous ne sommes qu’un simple souffle du Ciel.
Ouvrez les yeux maintenant.
Et rappelez-vous qui vous êtes.



LE PLUS GRAND DES MIRACLES

Un jour, deux disciples discutaient des mérites de leurs maîtres respectifs.

Le premier dit : Mon maître fait des miracles. Rien n’est impossible pour lui. J’ai personnellement assisté à beaucoup de merveilles. Et ton maître, en quoi est-il exceptionnel ? Quels sont ses pouvoirs ?

Le deuxième disciple qui avait Rinzai pour maître répondit : Le plus grand des miracles accomplis par mon maître est qu’il n’en fait pas.



HISTOIRE DE NOËL

Il y a de cela plusieurs années, un père a puni sa fillette de quatre ans pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré.

L’argent se faisait rare et il n’a pas pu supporter que la fillette utilise le papier pour décorer une boite-cadeau qu’elle voulait mettre sous l’arbre de Noël.

Le lendemain matin, la petite fille a apporté le cadeau à son père en lui disant : « C’est pour toi papa ! »

Embarrassé, le père a regretté sa réaction trop vive. Toutefois, cette dernière s’est ravivé et n’a fait qu’empirer quand il a découvert que la boîte était vide.

Il a alors crié à sa fille : « Ne sais-tu pas que, quand on offre un cadeau, il doit toujours y avoir quelque chose dans la boîte? »

La fillette, les yeux pleins d’eau, a alors regardé son père et lui a dit :

« Mais papa, la boîte n’est pas vide, je l’ai remplie de baisers, juste pour toi ! »

En entendant cela, le père est devenu tout à l’envers. Il a enlacé sa fille, la priant de lui pardonner sa réaction. Peu de temps après, un accident a fauché la fillette.

Le père a longtemps gardé la boîte, tout près de son lit. Chaque fois que le découragement l’assaillait, il prenait la boîte, en tirait un baiser imaginaire et se rappelait l’amour que la fillette y avait mis.



LA VALEUR

Lao-tseu voyageait un jour avec ses disciples. Ils rencontrèrent des bûcherons qui venaient d’abattre tous les arbres d’un bois, à l’exception d’un seul.

L’arbre qui avait échappé au massacre était immense, si grand qu’une foule pouvait s’asseoir dans son ombre.

Lao-tseu envoya ses disciples s’enquérir de la raison du privilège accordé à cet arbre.

Les bûcherons expliquèrent qu’il ne valait rien. Il était inutilisable en menuiserie, son tronc et ses branches étant trop noueux. Comme combustible il était également sans intérêt, en brûlant, il dégageait une fumée qui irritait les yeux. Voilà pourquoi nul ne se donnait la peine de le couper.

Cela amusa beaucoup Lao-tseu.

Soyez comme cet arbre, dit-il à ses disciples. Si vous êtes utiles, on vous abattra et vous servirez de mobilier dans la maison de quelqu’un d’autre. Si vous êtes beau, on vous achètera comme objet décoratif.

Suivez l’exemple de cet arbre, n’ayez aucune utilité. Vous grandirez en paix et un jour des milliers de personnes savoureront l’ombre que vous projetterez.



LES PORTES DU PARADIS

Le maître zen Hakuin était d’une qualité rarissime.

Un jour, un samurai lui demanda : Est-ce que l’enfer existe ? Et le paradis ? Et si oui, où se trouvent les portes ? Comment entrer ?

Le samurai avait un esprit simple comme tous les guerriers. Il ne s’embarrassait ni de philosophie ni d’arithmétiques, seules la vie et la mort l’intéressaient. Il ne souhaitait pas assimiler une doctrine, mais savoir comment entrer au ciel et éviter l’enfer.

Pour répondre, Hakuin adopta un langage à portée du samurai.

– Qui es-tu ? demanda-t-il.

– Je suis un samurai, répondit l’homme.

Au Japon, le samurai est le guerrier parfait qui n’hésite pas une seconde à donner sa vie.

– Je suis le premier des Samurais, poursuivit fièrement le visiteur, même l’empereur me respecte.

– Toi, un samurai ? se moqua Hakuin. Tu as plutôt l’air d’un gueux.

Blessé dans son amour-propre, le samurai oublia le motif de sa venue et dégaina son épée.

– Voilà une porte, fit Hakuin en souriant. L’épée, la colère, la vanité, l’ego sont les portes de l’enfer.

Le samurai comprit et remit l’épée dans son fourreau.

– Voilà l’autre porte, celle du paradis, commenta Hakuin



LE JUGEMENT

Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu’il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu’on lui proposait une fortune pour l’animal, le vieillard répondait : Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami, je ne peux pas le vendre.

Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l’étable vide donnèrent leur opinion : Pauvre idiot, il était prévisible qu’on te volerait cette bête. Pourquoi ne l’as-tu pas vendue ? Quel malheur !

Le paysan se montra plus circonspect : N’exagérons rien, dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l’étable. C’est un fait. Tout le reste n’est qu’une appréciation de votre part. Comment savoir si c’est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu’un fragment de l’histoire. Qui sait ce qu’il adviendra ?

Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d’esprit.

Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n’avait pas été volé, il s’était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s’attroupèrent de nouveau :

Tu avais raison, ce n’était pas un malheur, mais une bénédiction ! Je n’irais pas jusque lé, fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Ce n’est qu’un épisode. Peut-on connaître le contenu d’un livre en ne lisant qu’une phrase ?

Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier ?

Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L’un d’eux le jeta par terre et le piétina.

Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis : Pauvre ami ! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t’ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui donc t’aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment à plaindre.

Voyons, rétorqua le paysan, n’allez pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de ses jambes, c’est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l’avenir.

Quelque temps plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes gens du village furent enrôlés dans l’armée, saut l’invalide.

Vieil homme, se lamentèrent les villageois, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi tandis que nos fils vont se faire tuer.

Je vous en prie, répondit le paysan, ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l’armée, le mien reste à la maison, c’est tout ce que nous puissions dire. Dieu seul sait si c’est un bien ou un mal.



DIEU FAIT TOUT POUR LE MIEUX – SWAMI RAMDAS

Un monarque hindou avait un ministre qui était célèbre pour sa sagesse et qu’on venait consulter de loin. A tous ceux qui, dans le désespoir et le malheur, lui demandaient conseil, il disait invariablement : Dieu fait tout pour le mieux.

Un jour, le roi emmena son ministre à la chasse dans la jungle. En traquant un fauve, le souverain et le sage furent séparés de la suite royale, et finirent par s’égarer au cœur de l’immense forêt. Vers midi, la chaleur devint accablante. Harassé et affamé, le roi s’écroula de découragement à l’ombre d’un arbre. Ministre, gémit-il, je suis à bout de force et j’ai affreusement faim ! Essaye de me trouver quelque chose à manger.

Le ministre alla cueillir des fruits qu’il offrit à son maître mais celui-ci, dans un accès de fébrilité gloutonne, fit un faux mouvement avec son couteau et se trancha un doigt. O ministre, que j’ai mal ! cria-t-il, en serrant son membre mutilé qui saignait abondamment.

L’autre se contenta de dire paisiblement : Dieu fait tout pour le mieux.

Ces paroles eurent le don d’exaspérer le roi, déjà furieux de sa mésaventure. Fou de rage, il bondit sur le ministre et le roua de coups en hurlant : Misérable crétin ! J’en ai assez de ta philosophie ! Je suis en proie aux pires souffrances, et ce que tu trouves à dire pour me soulager, c’est : Dieu fait tout pour le mieux ! Va t-en au diable ! Je ne veux plus jamais te voir ni entendre parler de toi ! Le ministre se retira aussitôt, en répétant tranquillement : Dieu fait tout pour le mieux !

Resté seul, le monarque se confectionna un bandage avec un lambeau de sa tunique, en roulant d’amères pensées.  Soudain, deux robustes gaillards surgissant des fourrés se précipitèrent sur lui et le ligotèrent promptement. Le roi n’était guère en état de se battre, et ces hommes étaient des colosses.

Quelles sont vos intentions ? Que voulez-vous de moi ? demanda le souverain effrayé.

Nous allons t’offrir en sacrifice à notre grande déesse Kali. Chaque année à cette même date, nous avons coutume de lui rendre ainsi hommage. Et nous cherchions justement une victime convenable, quand un hasard propice nous a guidé vers toi.

C’est impossible ! protesta le captif horrifié. Vous ne savez pas à qui vous avez affaire ! Je suis le roi de ce pays ! vous devez me relâcher !

Ah ! Fort bien ! s’esclaffèrent les deux géants. Notre vénérable Kali sera particulièrement contente, lorsqu’elle verra quel personnage important nous lui offrons cette année ! Allons suis-moi ! Toute résistance est inutile.

Le monarque atterré, fut traîné jusqu’au temple de la déesse et placé sur l’autel. Le prêtre s’apprêtait à lever son poignard, lorsqu’il remarqua le bandage encore tout maculé que portait la victime. Ayant constaté qu’un morceau de doigt manquait au prince, il le fit sur-le-champ libérer, en disant : Cet individu n’est pas digne de notre grande déesse ! Nous devons offrir à Kali un homme entier, parfaitement constitué. Celui-ci ne convient guère. Qu’il s’en aille !

Le roi se hâta de déguerpir, ravi d’avoir échappé de justesse à un sort si funeste. Et il se mit à songer aux paroles de son ministre : Dieu fait tout pour le mieux. Ne serait-il pas maintenant dépecé sur l’autel de Kali, s’il ne s’était coupé un doigt par une heureuse inadvertance ?

Se reprochant vivement la manière dont il l’avait insulté et brutalisé son conseiller, il sillonna la forêt en appelant le ministre, afin de réparer au plus vite son injustice.

Il finit par découvrir le sage qui méditait dans une clairière. Le roi l’embrassa en le suppliant de lui pardonner son erreur. Puis il lui raconta son aventure, et comment les adorateurs de Kali l’avaient relâché, grâce à sa mutilation. Sire, je n’ai rien à vous pardonner, dit le ministre, et vous ne m’avez nullement offensé. Bien au contraire, c’est moi qui vous doit la vie. Si vous ne m’aviez pas chassé, j’aurais été capturé avec vous, et les sectateurs de la déesse m’auraient forcément immolé à votre place, puisque mon corps est intact. Ainsi vraiment, Dieu fait tout pour le mieux !



LA PRIÈRE

Moïse fut un jour sidéré en entendant quelqu’un prier. Non seulement ce que disait l’homme était absurde, par surcroît il insultait Dieu !

Laisse-moi m’approcher de toi, mon Dieu, implorait l’homme. Je promets de laver ton corps quand il sera sale. Si tu as des poux, je t’en débarrasserai. Je suis cordonnier de métier, je te confectionnerai de bonnes chaussures. Personne ne prend soin de toi, mon Dieu. Moi je te servirai ! Quand tu seras malade, je te soignerai et t’apporterai un remède. J’ajoute que je suis plutôt bon cuisinier.

Moïse n’y tint plus. Tais-toi ! cria-t-il. Arrête de débiter tes sornettes. Te rends-tu compte de ce que tu dis ? Dieu a-t-il des poux ? Ses vêtements sont-ils sales ? A-t-il besoin de toi pour se nourrir ? Qui t’a appris cette prière blasphématoire ?

Personne, répondit l’homme. Je suis pauvre et ignorant, on ne m’a rien inculqué. Je ne parle que de ce que je connais. Les poux m’accablent, alors je me dis qu’ils doivent aussi déranger Dieu. Ce que je mange n’est pas très bon, cela me donne des aigreurs. Dieu en souffre peut-être aussi. J’ai pris mes propres expériences pour en faire une prière. Mais si tu peux m’apprendre quelque chose de mieux, je t’en serais reconnaissant.

Moïse lui enseigna une belle prière. L’homme s’inclina devant lui et le remercia, le cœur débordant de gratitude. Le patriarche était très satisfait, convaincu d’avoir accompli une bonne action. Il leva les yeux au ciel pour voir si Dieu était content de lui.

Or, Dieu était furieux !

Je t’ai donné pour mission d’amener les gens vers moi, tonna-t-il, et voici que tu éloignes un de mes meilleurs dévots ! Ce que tu lui as appris n’est pas une prière. La prière n’a rien à voir avec la Loi, elle est amour. L’amour est sa propre loi, il ne lui en faut aucune autre. Avec l’amour survient la grâce. Avec l’amour apparaît la vérité.



LE FILS DE NASREDDINE

Le fils de Nasreddine avait treize ans. Il ne se croyait pas beau. Il était même tellement complexé qu’il refusait de sortir de la maison.

« Les gens vont se moquer de moi « , disait-il sans arrêt.

Son père lui répétait toujours qu’il ne faut pas écouter ce que disent les gens parce qu’ils critiquent souvent à tort et à travers, mais le fils ne voulait rien entendre.

Nasreddine dit alors à son fils : « Demain, tu viendras avec moi au marché. »

Fort tôt le matin, ils quittèrent la maison. Nasreddine Hodja s’installa sur le dos de l’âne et son fils marcha à côté de lui. A l’entrée de la place du marché, des hommes étaient assis à bavarder. A la vue de Nasreddine et de son fils, ils lâchèrent la bride à leurs langues : « Regardez cet homme, il n’a aucune pitié ! Il s’est bien reposé sur le dos de son âne et il laisse son pauvre fils marcher à pied. Pourtant, il a déjà bien profité de la vie, il pourrait laisser la place aux plus jeunes. » Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »

Le deuxième jour, Nasreddine et son fils firent le contraire de ce qu’ils avaient fait la veille : le fils monta sur le dos de l’âne et Nasreddine marcha à côté de lui.

A l’entrée de la place, les mêmes hommes étaient là. Ils s’écrièrent à la vue de Nasreddine et de son fils :  » Regardez cet enfant, il n’a aucune éducation, aucune politesse. Il est tranquille sur le dos de l’âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied !  » Nasreddine dit à son fils :  » As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! « 

Le troisième jour, Nasreddine Hodja et sont fils sortirent de la maison à pied en tirant l’âne derrière eux, et c’est ainsi qu’ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d’eux :  » Regardez ces deux imbéciles, ils ont un âne et ils n’en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l’âne est fait pour porter les hommes. « 

Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! « 

Le quatrième jour, lorsque Nasreddine et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l’âne. A l’entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation :  » Regardez ces deux-là, ils n’ont aucune pitié pour cette pauvre bête ! »

Nasreddine dit à son fils :  » As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! « 

Le cinquième jour, Nasreddine et son fils arrivèrent au marché portant l’âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire : « Regardez ces deux fous ; il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l’âne au lieu de monter sur son dos. « 

Et Nasreddine Hodja dit à son fils : « As-tu bien entendu ?

Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer. 
Il ne faut pas écouter ce que disent les gens.  »



AU-DELÀ DE L’AVIDITÉ

Un jour, Narada, le grand mystique indien, était en route vers Dieu.

Il marchait dans la forêt en jouant de la vîna, lorsqu’il aperçut un vieil ascète assis sous un arbre.

Le vieillard lui dit : Je t’en prie, pose une question à Dieu pour moi. Depuis trois vies, je fais tout ce qui est en mon pouvoir, que faut-il de plus ? Quand donc serai-je libéré ?

Narada acquiesça et s’éloigna en riant.

Un peu plus loin, il vit un jeune homme en train de danser et de chanter en s’accompagnant à l’ektâr.

Narada le taquina : Aimerais-tu toi aussi poser une question à Dieu ?

Le jeune homme continua à danser comme s’il n’avait pas entendu.

Quelques jours plus tard, Narada revint. Au vieil homme, il annonça que Dieu lui imposait trois vies supplémentaires.

Pris de rage, l’ascète jeta son chapelet et ses saintes écritures par terre : C’est inadmissible ! C’est injuste ! Encore trois vies !

Narada se tourna ensuite vers le jeune homme qui dansait comme à l’accoutumée : Bien que tu ne m’aies chargé d’aucune mission, je me suis permis d’interroger Dieu. Vu la réaction de l’ascète, j’hésite un peu à te révéler ce que j’ai appris. Comme le danseur ne lui prêtait aucune attention, Narada poursuivit : Dieu m’a demandé de te dire que tes vies à venir sont aussi nombreuses que les feuilles de l’arbre sous lequel tu danses pour le moment.

Le jeune homme se mit à tournoyer extatiquement : Pas plus que cela ? Il y a tant d’arbres dans le monde et une telle multitude de feuilles… Celles d’un seul arbre suffisent donc pour compter le temps qu’il me reste à traverser ? La prochaine fois que tu verras Dieu, remercie-Le pour moi !

Le jeune homme fut délivré sur-le-champ des ténèbres de l’inconscience. Quand la foi est totale, le temps n’a plus de raison d’être. Par contre, si vous n’avez pas confiance, trois vies sont de loin insuffisantes.



L’ANXIETE

Dans un autobus, une passagère est tellement nerveuse qu’elle importune continuellement le chauffeur : Monsieur, où sommes-nous ? Quel est l’arrêt que nous venons de quitter ? Et le suivant ?

Un voisin essaie de la rassurer : Détendez-vous, madame, le chauffeur annonce chaque arrêt à temps. Si vous êtes vraiment inquiète, nous pouvons lui demander de vous avertir quand il vous faudra descendre.

– Oh oui ! S’il vous plaît, c’est très aimable, je suis extrêmement pressée et ne peux me permettre de rater l’arrêt.

– A votre service, Madame, dit le conducteur. J’annonce de toute façon les haltes, mais je vous appellerai quand le moment sera venu. Où voulez-vous descendre ?

– Merci, monsieur, un grand merci d’avance, fait la vieille dame en épongeant son front couvert de sueur, notez s’il vous plaît que je dois descendre au terminus.



L’ART D’ÊTRE DISCIPLE

Lorsque le grand mystique soufi Hassan fut sur son lit de mort, quelqu’un lui demanda qui avait été son maître.

Hassan répondit : J’ai eu tant de maîtres que citer leur nom prendrait des années. Il est trop tard à présent. Je vais cependant vous parler de trois d’entre eux.

Le premier était un voleur.

Un jour, je me perdis dans le désert. Lorsque j’atteignis enfin un village, il faisait nuit noire et les habitants étaient couchés depuis longtemps. Un seul homme était encore debout, en train de percer la porte d’une maison. Je lui demandai s’il pouvait m’indiquer un endroit où passer la nuit. Vous ne trouverez plus rien à cette heure-ci, me répondit-il, mais si vous n’y voyez pas d’inconvénient, vous pouvez venir chez moi. Je suis un voleur.

Cet homme était remarquable, je suis resté un mois entier sous son toit. A la nuit tombée, il m’annonçait : Je vais travailler. Reposez-vous et priez. A son retour, je lui demandais si tout c’était bien passé. Il me répondait chaque fois : Cette nuit, je n’ai rien trouvé. Demain peut-être, si Dieu le veut… Jamais je ne l’ai vu se décourager, il était toujours content. Pendant des années, j’ai médité sans interruption. Rien ne se produisait. Souvent, j’ai été au bord du désespoir et à deux doigts de tout laisser tomber. Au dernier moment, je me rappelais ce voleur et les paroles qu’il prononçait en rentrant chez lui après une nuit infructueuse : « Demain je réussirai, si Dieu le veut. »

Le deuxième maître dont je veux vous parler était un chien.

En m’approchant d’une rivière pour me désaltérer, je vis un chien assoiffé comme moi. Il se pencha sur l’eau et fut effrayé par son reflet. Il aboya et recula. Mais il avait tellement soif qu’il revint. Malgré ses craintes, il sauta dans l’eau. L’image redoutable disparut immédiatement. Je compris que Dieu me faisait parvenir un message : « Saute en dépit de ta peur. »

Le troisième maître était un petit garçon.

Il se rendait à la mosquée, une bougie allumée à la main. J’eus envie de l’instruire. As-tu allumé la bougie toi-même ? lui demandai-je. Oui, monsieur, fut la réponse. Je poursuivis : Ainsi donc, cette bougie qui n’était pas allumée est devenue une bougie allumée. Peux-tu m’indiquer la source de la lumière ? Le garçon se mit à rire et souffla la bougie. Vous avez vu la flamme s’éteindre, me dit-il. Où la lumière est-elle partie ? Dites-le-moi !

Mon ego eut le bec cloué, toute mon érudition s’écroula. Je compris soudain ma propre stupidité et renonçai à prétendre savoir quelque chose.

En vérité, je n’ai pas eu un maître déterminé. Cela ne signifie pas que je ne fus pas un disciple. J’ai accepté l’existence tout entière comme maître. Et cet abandon était un engagement profond. J’ai fait confiance aux nuages, aux arbres. J’ai dit oui à la vie en tant que telle. Je n’ai pas eu un maître, j’en ai eu des milliers. Tout et n’importe quoi m’a procuré un enseignement.



LA COMPRÉHENSION

Deux moines zen s’apprêtaient à traverser une rivière à gué. Une belle jeune femme les rejoignit. Elle aussi devait passer sur l’autre rive, mais la violence du courant l’effrayait. Un des moines la chargea sur ses épaules et la déposa de l’autre côté. Son compagnon n’avait pas desserré les dents. Il fulminait : un moine bouddhiste n’était pas autorisé à toucher une femme et voici que celui-là en portait une sur ses épaules !

Des heures plus tard, en arrivant en vue du monastère, le moine puritain annonça : Je vais informer le maître de ce qui s’est passé. Ce que tu as fait est interdit !

Le moine secourable s’étonna : De quoi parles-tu ? Qu’est-ce qui est interdit ?

As-tu oublié ce que tu as fait ? s’indigna l’autre. Tu as porté une belle jeune femme sur tes épaules !

Ah oui, bien sûr, se souvint le premier en riant. Il y a belle lurette que je l’ai laissée au bord de la rivière. Mais, toi, la portes-tu toujours ?



LA CONFIANCE

Lorsque Milarepa s’établit auprès de son maître au Tibet, il était si humble, pur, sincère que les autres disciples en conçurent une jalousie mortelle. Ils se rendaient compte que Milarepa succéderait au maître et décidèrent que le nouveau-venu devait mourir. Milarepa était profondément confiant. Un jour, ses compagnons lui dirent : Oserais-tu sauter de cette falaise ? Si tu as vraiment foi dans le maître, rien de mal ne peut t’arriver.

Milarepa sauta sans la moindre hésitation. Les disciples descendirent dans la vallée, impatients de voir le cadavre de leur souffre-douleur. Ils trouvèrent Milarepa en extase, assis sous un arbre dans la position du lotus. Il les accueillit par ces paroles : Vous aviez raison, la foi donne des ailes.

Les disciples crurent à un concours inhabituel de circonstances et attendirent une autre occasion. Un jour, un incendie éclata. Si tu aimes le maître et as vraiment confiance en lui, le feu ne peut te brûler, dirent-ils à Milarepa. Entre dans le brasier.

Milarepa y alla et ressortit indemne avec une femme et un enfant sauvés des flammes. La haine grandit dans le cœur des disciples, tandis que Milarepa rayonnait, plus confiant que jamais.

Un autre jour, ils voyageaient tous ensemble et arrivèrent au bord d’une rivière. Milarepa, déclarèrent les disciples, tu n’as pas besoin de barque. Un homme aussi confiant que toi traverse la rivière en marchant sur les flots.

Milarepa s’exécuta en chantonnant le nom du maître. Pour la première fois, le maître remarqua l’étrange disciple. Ce que je viens de voir est étonnant, dit-il. Comment as-tu fait ?

Maître, répondit Milarepa, ce miracle est un effet de votre pouvoir.

Le maître réfléchit : Si mon nom et mon pouvoir ont aidé cet homme stupide et ignorant, ils m’aideront mille fois plus. II s’engagea dans le courant et disparut sans laisser de traces.



JE VOUS SOUHAITE – JACQUES BREL

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir
et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer
et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des silences,
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil, des rires aussi.
Je vous souhaite de résister à l’indifférence.
Je vous souhaite surtout d’être vous…



L’IMITATION

Le maître Gutei levait l’index chaque fois qu’il clarifiait un point de l’enseignement zen. Un jeune disciple se mit à faire comme lui et quand on lui demandait de quoi le maître avait parlé, il répondait en levant l’index.

Gutei apprit la chose. Un jour, il surprit le jeune disciple en train de pérorer, l’index pointé vers le haut. Il sortit un couteau de sa poche et lui trancha le doigt. Le garçon s’enfuit en hurlant. Gutei cria :  » Stop ! …

L’enfant s’arrêta, se retourna et, à travers ses larmes, il vit le maître qui levait l’index en silence. Machinalement, il leva la main et se rappela subitement sa mutilation. Il s’inclina. Il avait atteint la plénitude de la conscience.

Un maître ne fait jamais rien pour rien, même lever le doigt. Gutei n’avait pas tout le temps l’index dressé, il le faisait uniquement lorsqu’il commentait l’un ou l’autre aspect du zen.

Pourquoi ? Tous vos problèmes proviennent de votre fragmentation. Intérieurement, vous êtes divisé, chaotique. Qu’est-ce que la méditation ? La restauration de l’unité, de l’harmonie. Les explications fournies par Gutei étaient secondaires.

En levant l’index, il rappelait le point fondamental : « Soyez un et toutes vos difficultés disparaîtront. »

Le garçon imitait ce geste. Or, copier ne mène nulle part, votre idéal reste extérieur, ce n’est pas une réalité intérieure. La semence divine se trouve en vous, elle ne germera jamais si vous vous conformez aux autres. Le doigt du jeune novice symbolise l’imitation qu’il faut trancher net. Le garçon devait être secoué de fond en comble et la souffrance se propager jusqu’aux racines de son être.

Ce fut un moment intense de prise de conscience, une méthode grandiose. Gutei cria : « Stop ! » et l’enfant soudain immobilisé ne ressentit plus aucune douleur. Par habitude, voyant le maître lever le doigt, il en fit autant. Mais l’index avait disparu. Pour la première fois, il comprit qu’il n’était pas le corps, qu’il était conscience pure, une âme dont le corps est le véhicule. Vous êtes lumière. Vous n’êtes pas la lampe, mais la flamme.



LE BON SENS

Une nuit sans lune, deux voyageurs se perdirent dans la forêt.

La situation était critique, des tigres affamés rôdaient dans les parages. Un des voyageurs était un philosophe, un sceptique, l’autre un mystique, un homme de foi. L’orage éclata.

Soudain, un éclair zébra le ciel et illumina la nuit. Le philosophe leva instantanément les yeux. Le mystique scruta le sentier devant ses pas.



LA PRIERE DU CHIEN

O seigneur, vous qui régnez sur toutes les créatures,
Faites que l’homme, mon maître, soit fidèle envers son prochain comme je le suis moi-même envers lui.
Faites qu’il affectionne sa famille et ses amis comme je l’affectionne lui-même.
Faites qu’il soit un gardien honnête des biens que vous lui avez confiés comme je le suis des siens.
Faites, o seigneur, qu’il soit prêt à sourire comme je suis prêt à remuer la queue.
Faites qu’il soit aussi prompt à la gratitude que je suis prompt à lui lécher la main.
Donnez-lui la même patience que la mienne lorsque j’attends, sans me plaindre, son retour.
Donnez-lui mon courage et ma promptitude à tout sacrifier pour lui, tout confort et même la vie.
Gardez-lui la jeunesse de mon cœur et la gaieté de mes pensées.
O Seigneur qui régnez sur toutes les créatures,
Faites qu’il reste toujours homme, comme je reste toujours chien.



LES YEUX DE L’AME

Deux hommes, tous les deux gravement malades, occupaient la même chambre d’hôpital. L’un d’eux devait s’asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi afin d’évacuer les sécrétions de ses poumons. Son lit était à côté de la seule fenêtre de la chambre.

L’autre homme devait passer ses journées couché sur le dos. Les deux compagnons d’infortune se parlaient pendant des heures. Ils parlaient de leurs épouses et familles, décrivaient leur maison, leur travail, leur participation dans le service militaire et les endroits où ils avaient été en vacances.

Et chaque après-midi, quand l’homme dans le lit près de la fenêtre pouvait s’asseoir, il passait le temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu’il voyait dehors.

L’homme dans l’autre lit commença à vivre pour ces périodes d’une heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du monde extérieur.

De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac. Les canards et les cygnes jouaient sur l’eau tandis que les enfants faisaient voguer leurs bateaux, modèles réduits. Les amoureux marchaient bras dessus, bras dessous, parmi des fleurs aux couleurs de l’arc-en-ciel. De grands arbres décoraient le paysage et on pouvait apercevoir au loin la ville se dessiner.

Pendant que l’homme près de la fenêtre décrivait tous ces détails, l’homme de l’autre côté de la chambre fermait les yeux et imaginait la scène pittoresque.

Lors d’un bel après-midi, l’homme près de la fenêtre décrivit une parade qui passait par-là. Bien que l’autre homme n’ait pu entendre l’orchestre, il pouvait le voir avec les yeux de son imagination, tellement son compagnon le dépeignait de façon vivante.

Les jours et les semaines passèrent. Un matin, à l’heure du bain, l’infirmière trouva le corps sans vie de l’homme près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil. Attristée, elle appela les préposés pour qu’ils viennent prendre le corps.

Dès qu’il sentit que le temps était approprié, l’autre homme demanda s’il pouvait être déplacé à côté de la fenêtre. L’infirmière, heureuse de lui accorder cette petite faveur, s’assura de son confort, puis elle le laissa seul. Lentement, péniblement, le malade se souleva un peu, en s’appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d’œil dehors. Enfin il aurait la joie de voir par lui-même ce que son ami lui avait décrit. Il s’étira pour se tourner lentement vers la fenêtre près du lit. Or tout ce qu’il vit, fut… un mur!

L’homme demanda à l’infirmière pourquoi son compagnon de chambre décédé lui avait dépeint une toute autre réalité. L’infirmière répondit que l’homme était aveugle et ne pouvait même pas voir le mur.  » Peut-être, a-t-il seulement voulu vous encourager « , commenta-t-elle.

Il y a un bonheur extraordinaire à rendre d’autres heureux, en dépit de nos propres épreuves. La peine partagée réduit de moitié la douleur, mais le bonheur, une fois partagé, s’en trouve doublé.



MAUVAIS CARACTERE

C’est l’histoire d’un petit garçon qui avait mauvais caractère.

Son père lui donna un sac de clous et lui dit qu’à chaque fois qu’il perdrait patience, il devrait planter un clou derrière la clôture.

Le premier jour, le jeune garçon planta 37 clous derrière la clôture. Les semaines qui suivirent, à mesure qu’il apprenait à contrôler son humeur, il plantait de moins en moins de clous derrière la clôture…

Il découvrit qu’il était plus facile de contrôler son humeur que d’aller planter des clous derrière la clôture…

Le jour vint où il contrôla son humeur toute la journée. Après en avoir informé son père, ce dernier lui suggéra de retirer un clou à chaque jour où il contrôlerait son humeur.

Les jours passèrent et le jeune homme pût finalement annoncer à son père qu’il ne restait plus aucun clou à retirer de la clôture.

Son père le prit par la main et l’amena à la clôture.

Il lui dit :  » Tu as travaillé fort, mon fils, mais regarde tous ces trous dans la clôture. Elle ne sera plus jamais la même.

À chaque fois que tu perds patience, cela laisse des cicatrices exactement comme celles-ci. Tu peux enfoncer un couteau dans un homme et le retirer, peu importe combien de fois tu lui diras être désolé, la cicatrice demeurera pour toujours.

Une offense verbale est aussi néfaste qu’une offense physique. Les amis sont des joyaux précieux. Ils nous font rire et nous encouragent à réussir. Ils nous prêtent une oreille attentive, nous louangent et sont toujours prêts à nous ouvrir leur cœur.



QUI ETES-VOUS ?

Une femme était dans le coma et se mourrait. Elle eût soudain l’impression qu’on l’amenait au ciel et qu’elle se trouvait au lieu du jugement.

« Qui êtes-vous ? » demanda une voix.

« Je suis la femme du maire ! », répondit-elle.

« Je ne vous ai pas demandé de qui vous êtes la femme, mais bien qui vous êtes ! »

« Je suis la mère de quatre enfants ! »

« Je ne vous ai pas demandé de qui vous êtes la mère, mais bien qui vous êtes ! »

« Je suis maîtresse d’école ! »

« Je ne vous ai pas demandé qu’elle est votre profession, mais bien qui vous êtes. »

Et cela continua ainsi, quelque fût sa réplique, elle ne sembla pas fournir de réponse satisfaisante à la question.

« Qui êtes-vous? »

« Je suis chrétienne ! »

« Je ne vous ai pas demandé votre religion, j’ai demandé qui vous êtes ! »

« Je suis celle qui est allée tous les jours à l’église et qui a toujours aidé les pauvres et les miséreux ! »

« J’ai demandé non ce que vous avez fait, mais qui vous êtes. »

Elle a manifestement échoué à l’examen, puisqu’on l’a renvoyée sur terre. Quand elle s’est remise de sa maladie, elle décida de découvrir qui elle était. Et cela fit toute la différence.

Votre tâche consiste à être. Pas à être quelqu’un, pas à n’être personne, parce que cela implique avidité et ambition. Pas à être ceci ou cela et ainsi devenir conditionné, mais juste à être.



LE RABBIN QUI SERT EN SECRET

La communauté était intriguée de voir son rabbin disparaître chaque semaine, la veille du sabbat.

Ils soupçonnaient qu’il rencontrait secrètement le tout-puissant. Aussi députèrent-ils l’un des leurs pour le suivre. Voici ce que l’homme vit.

Le rabbin déguisé avec des vêtements de paysan servait dans sa chaumière une vieille Gentille paralysée, nettoyant la pièce et préparant un repas sabbatique pour elle.

Quand l’espion revint, la communauté le questionna :

 » Où est allé le rabbin, est-il monté au ciel? « 

 » Non répondit l’homme: il est monté encore plus haut que cela. « 



L’INNOCENCE

Le cœur peut parler au rocher. Ce mystère est révélé par l’amour absolu. Devenez fou dans votre cœur.

Aujourd’hui, St François d’Assise serait sans aucun doute enfermé dans un asile psychiatrique. Il parlait aux arbres et demandait à l’amandier : Mon frère, comment vas-tu ?

Actuellement, on ne vous laisserait pas dire à un arbre : Chante-moi les louanges du Seigneur ! Et encore moins entendre l’arbre chanter. Vous subiriez un traitement médical. St François s’entretenait avec la rivière et les poissons lui répondaient. Il parlait aux rochers. Faut-il une preuve de plus pour diagnostiquer la folie ?

Il était fou, mais n’aimeriez-vous pas être comme lui ? Imaginez ce que cela doit être d’entendre chanter un amandier, d’avoir un cœur qui reconnaît des frères et des sœurs dans les arbres, qui bavarde avec les pierres, qui voit Dieu partout sous des formes innombrables Un tel cœur est plein d’amour absolu, car seul un amour sans limite accède au mystère de l’existence. Aux yeux de l’intellect, ce n’est que délire.

Pour moi, rien d’autre n’a vraiment un sens. Si vous le pouvez, devenez fou, un fou du cœur.



LA COMPARAISON

Un samurai célèbre alla voir un maître zen. En regardant le maître, l’orgueilleux guerrier fut frappé par sa beauté et sa grâce.

Il y a quelques minutes encore, je me sentais bien, avoua-t-il. D’où me viennent tout à coup ces sentiments d’infériorité ? Cela ne m’est encore jamais arrivé. J’ai plus d’une fois affronté la mort, elle ne m’a pas troublé. Pourquoi ai-je peur à présent?

Attends, répondit le maître. Je te répondrai quand tout le monde sera parti.

Pendant des heures, les visiteurs défilèrent et le samurai commençait à trouver le temps long. Le soir tomba enfin et ils furent seuls.

Me répondras-tu à présent ? demanda le guerrier.

Viens dehors, dit le maître.

C’était une nuit de pleine lune.

Regarde ces arbres, le grand et le petit juste à côté. Cela fait des années que je les vois de ma fenêtre et je n’ai jamais décelé le moindre conflit entre eux. A aucun moment, le petit n’a dit à l’autre : « Je me sens moins que toi ». A ton avis, pourquoi le grand arbre et le petit vivent-ils en paix, pourquoi ne parlent-ils jamais de leurs différences ?

Ils ne peuvent pas comparer, répondit le samurai.

En effet, acquiesça le maître. Ne m’interroge plus, tu connais la réponse.



CELEBRATION HASSIDIQUE

Le petit-fils de Rabbi Baroukh, Yéhiel, se précipita en larmes dans sa chambre.

« Yéhiel, Yéhiel, pourquoi ces larmes ? »

« Mon ami triche, ce n’est pas juste grand-père, ce n’est pas juste pour un ami de tricher! »

« Mais qu’a-t-il donc fait, ton ami ? »

« Nous jouions à cache-cache. »

« Je me suis si bien caché qu’il n’a pas pu me trouver ; alors, il s’est arrêté de jouer, il n’a plus cherché. Tu comprends, grand-père ? Moi, je me suis caché et, lui, il ne m’a pas cherché, ce n’est pas juste ! »

Rabbi Baroukh, bouleversé, se mit à caresser la tête du petit garçon, et des larmes lui coulèrent des yeux : « Dieu aussi, Yéhiel, murmura-t-il, Dieu aussi est malheureux. Il se cache et l’homme ne Le cherche pas. Tu comprends, mon petit Yéhiel ? Dieu se cache… et l’homme ne se donne même pas la peine de Le chercher. »



LE DÉSIR

Une célèbre histoire soufie raconte qu’un monarque remarqua un jour un mendiant posté sur le trajet de sa promenade matinale.

Que veux-tu ? lui demanda-t-il.

Tu me poses cette question comme si tu étais en mesure de me satisfaire, répondit le mendiant.

Blessé dans sa vanité, le roi rétorqua : Bien sûr que je peux combler tes désirs ! Que veux-tu ? Parle !

Le mendiant l’avertit : Réfléchis à deux fois avant de promettre quoi que ce soit.

Sa présence n’était pas fortuite. Dans une vie antérieure, il avait été le maître spirituel du roi et lui avait promis d’essayer de l’éveiller dans la vie suivante : « Tu ne réussiras pas cette fois-ci, mais je croiserai de nouveau ta route », avait-il annoncé.

Le roi ne s’en souvenait pas, qui se rappelle ses vies antérieures ? Il insista donc : Je suis riche et puissant, que pourrais-tu demander que je sois incapable de te donner ?

C’est simple, fit le mendiant, remplis mon bol.

Le roi fit appeler ses vizirs et leur ordonna de remplir le bol de pièces d’or. Quelle ne fut leur surprise en constatant que les pièces disparaissaient en tombant dans le récipient ! La nouvelle que le roi ne parvenait pas à remplir le bol d’un mendiant se répandit comme une traînée de poudre. Le roi s’en inquiéta et dit à ses vizirs : Même si cela me coûte mon royaume, je ne puis accepter d’être ridiculisé par ce va-nu-pieds.

On versa des perles dans le bol, des émeraudes et tout ce qu’on put trouver de précieux dans le trésor royal. Mais le récipient restait vide.

Le soir venu, une foule silencieuse s’était rassemblée devant le palais pour connaître l’issue de l’affaire. Le roi sentit soudain toute velléité de suprématie le quitter. Il se prosterna devant le mendiant et dit : Tu as gagné, je le reconnais. Mais dis-moi, de quoi ce bol magique est-il fait ?

C’est un crâne humain, répondit le mendiant, il est fait de pensées, de désirs, c’est là son secret.



L’EXPERIENCE

Un jour, un vieux professeur de l’École nationale d’administration publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur La planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.

Ce cours constituait l’un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour « passer sa matière « .

Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : « Nous allons réaliser une expérience ».

De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot Mason d’un gallon (pot de verre de plus de 4 litres) qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda : « Est-ce que ce pot est plein? ».

Tous répondirent : « Oui ».

Il attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment? ».

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda : « Est-ce que ce pot est plein? ».

Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.

L’un d’eux répondît : « Probablement pas! ».

« Bien! » répondît le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une chaudière de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : « Est-ce que ce pot est plein? ».

Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent : « Non! ».

« Bien! » répondît le vieux prof.

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’a ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : « Quelle grande vérité nous démontre cette expérience? « 

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondît : « Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire « .

« Non » répondît le vieux prof. « Ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite ».

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos. Le vieux prof leur dit alors :

« Quels sont les gros cailloux dans votre vie? »

« Votre santé? » « Votre famille? »

« Vos ami(e)s? » « Réaliser vos rêves? »

« Faire ce que vous aimez? » « Apprendre? »

« Défendre une cause? » « Relaxer? »

« Prendre le temps…? »

« Ou… toute autre chose? »

« Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir… sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question : « Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie? » Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie) »

D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.



RENAÎTRE À CHAQUE INSTANT

Lorsque Siddhârta Gautama eut atteint l’Eveil, il retourna voir sa famille. Il est naturel de se souvenir des gens qu’on a aimé et de souhaiter avoir de leurs nouvelles.

Il trouva son épouse Yasodhara dans une colère noire, ce qui était également naturel et très humain. Ne l’avait-il pas quittée sans mot dire? La blessure dont souffrait Yasodhara ne lui avait pas été infligée par le départ de Siddhârta.

Elle aimait sincèrement son époux et ne l’aurait pas empêché de se retirer dans la forêt pour accomplir le voyage intérieur. Par contre, le manque de confiance de Siddhârta l’avait profondément offensée.

Ce n’était pas une femme ordinaire.

Quand Bouddha se retrouva devant elle, elle donna libre cours à sa peine : Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Tu me connaissais pourtant, tu savais que je n’aurais pas fait obstacle à tes projets. Nous avons vécu plusieurs années ensemble, ne t’ai-je jamais interdit quoi que ce soit ? Je t’aimais tellement Je n’aurais pas empêché ta recherche de la vérité, pourquoi ne m’as-tu rien dit ?

Aveuglée par la douleur, elle appela son fils. RahuI, âgé de douze ans, avait souvent demandé qui était son père et pourquoi il était absent. Il n’avait qu’un mois lorsque Bouddha les avait quittés.

Yasodhara le poussa vers Bouddha : RahuI, voici ton père, voici l’homme qui a fui en pleine nuit comme un lâche. Demande-lui ton héritage à présent !

Elle provoquait Bouddha : qu’est-ce que ce mendiant avait à donner à son fils ? Vous savez peut-être ce que fit Bouddha. Il initia l’enfant et lui conféra sannyas. Il lui remit son bol de mendiant et dit : Je suis revenu parce que j’ai trouvé ce que je cherchais. J’aimerais que mon fils trouve à son tour.

Toi, Yasodhara, renonce à la colère, elle n’a plus de sens, l’homme qui t’a fait tant de peine n’est plus. Je suis mort et rené. Je comprends que le départ de ton époux t’ait bouleversée, mais cet époux a disparu. Regarde-moi !

A travers ses larmes, Yasodhara contempla l’homme qui se trouvait devant elle et découvrit Bouddha. Sa colère s’évanouit. Elle se prosterna et le pria de l’accepter comme disciple.



L’ACCEPTATION DE SOI

Un jour, un roi constata que la désolation régnait dans ses jardins. Les arbres, les buissons, les fleurs, tout dépérissait.

Il interrogea les végétaux et apprit que le chêne languissait de ne pas ressembler au pin, que le pin se tourmentait de ne pouvoir porter des grappes comme la vigne et que la vigne avait perdu le sourire parce qu’elle ne parvenait pas à fleurir comme le rosier.

Dans un coin, le roi découvrit une humble primevère fraîche et satisfaite comme d’habitude. Interrogée, elle aussi, elle répondit : Lorsque tu m’as fait semer, je me suis dit que tu souhaitais voir une primevère dans ton jardin. Si tu avais préféré un chêne, un pin ou une vigne, c’est ce que tu aurais planté ici. C’est moi que tu as voulue, alors je me dis que la meilleure chose était d’être moi-même.



LE SEXE

Quand deux amants connaissent l’orgasme profond, ils fondent l’un dans l’autre.

Alors, la femme n’est plus femme ni l’homme homme. Ils deviennent un cercle yin-yang, s’interpénètrent fusionnent et oublient leur propre identité. C’est ce qui rend l’amour si beau. Cet état est appelé mudra. Le stade ultime est appelé mahamudra, le grand orgasme.

L’extase est un état dans lequel vous ne ressentez plus votre corps comme composé de matière. Il devient électrique, énergie pure. La vibration est à ce point totale que vous ne voyez plus votre organisme comme un objet matériel. Vous prenez conscience de sa nature réelle : c’est un phénomène lumineux. Peu à peu, les amants qui s’aiment apprennent à s’abandonner l’un à l’autre, à se laisser aller à cette pulsation énergétique, à ne plus avoir peur…

Lorsque le corps perd ses limites et devient vaporeux, quand ne subsiste plus qu’un rythme subtil, c’est comme si vous aviez cessé d’exister. Cette découverte est réservée à ceux qui s’aiment de tout leur être.

L’amour ressemble à la mort : il met fin à votre illusion d’être un corps, il détruit l’image matérielle que vous avez de vous-même, il vous anéantit en tant qu’objet physique et vous révèle votre dimension énergétique.

Les amants qui vibrent au même rythme, dont le cœur et le corps dansent à l’unisson, créent une harmonie. Ils cessent d’être deux. Un cercle de lumière se forme, une symphonie dont la suavité et la beauté dépassent de très loin tout ce que vos oreilles n’ont jamais perçu de mélodieux.

Quand ce même miracle se produit avec l’ensemble de l’existence et que l’extase ne dépend plus d’un partenaire, c’est l’avènement du mahamudra, l’orgasme cosmique.



LA VENUE DU SEIGNEUR

Le Brahmane était un homme très pieux. Tous les jours, à son réveil matinal, il prenait son bain de tête et partait aussitôt vers le temple, son panier d’offrandes à la main : fleurs, bétel, bananes, noix de coco, camphre. Il allait assister au  » Puja « , ce culte hindouiste rendu à Dieu trois fois par jour.

Avec ferveur, il priait : « Seigneur, je viens te rendre visite chez toi, sans que j’aie manqué un seul jour. Matin et soir, je te fais des offrandes. Ne peux-tu pas venir chez moi ? »

Attentif à cette prière quotidienne, Dieu lui répondit enfin « demain, je viendrai. »

Quelle joie pour le Brahmane. Il se met à laver à grande eau toute la maison. Il fait tracer devant le seuil des dessins en farine ou en pâte de riz.

A l’aube, il attache une guirlande de feuilles de manguiers à l’entrée de sa maison. Les lampes à huile à plusieurs mèches sont allumées sur le banc en maçonnerie que possède toute demeure indienne. Au centre de chaque dessin s’épanouit une belle fleur de potiron. Et dans la salle de réception, des plateaux de fruits, de galettes sucrées et de fleurs s’étalent à profusion. Tout est prêt pour recevoir Dieu. Le Brahmane se tient debout pour l’accueillir.

L’heure du « Puja » approche. Un petit garçon passe par-là, aperçoit par la fenêtre ouverte les plateaux de galettes.

Il s’approche : « Brahmane, tu as beaucoup de galettes là–dedans. Ne veux-tu pas m’en donner une ?’

Le Brahmane, furieux de l’audace du gamin, réplique : « Veux-tu filer, moucheron, comment oses-tu demander ce qui est préparé pour Dieu ? »

Et le petit garçon, effrayé, s’enfuit.

La cloche du temple a sonné. Le  » Puja » du matin est terminé.

Le Brahmane pense : Dieu viendra après le culte de midi ! Attendons-le…

Fatigué, il s’assoit sur le banc. Un mendiant arrive et lui demande l’aumône.

Le Brahmane le chasse vertement. Puis il lave soigneusement la place souillée par les pieds du mendiant…

Et midi passe… Dieu n’est toujours pas au rendez-vous. Le soir vient. Le Brahmane tout triste attend toujours la visite promise…

Un pèlerin se présente à l’heure du culte du soir. « Permets-moi de me reposer sur le banc et d’y dormir cette nuit ! »

« Jamais de la vie !, répond-il, C’est le siège réservé à Dieu « .

La nuit est tombée. Dieu n’a pas tenu sa promesse : quel chagrin…

Le lendemain matin, revenu au temple pour la prière, le dévot renouvelle ses offrandes et fond en larmes : « Seigneur, tu n’es pas venu chez moi comme tu me l’avais promis. Pourquoi ? « 

Une voix lui dit alors : « Je suis venu trois fois, et chaque fois tu m’as chassé ».



LE CRAPAUD DANS LA PELOUSE

Un homme offrit à sa fille de douze ans une somme d’argent pour couper le gazon.

La petite fille attaqua la besogne avec grand plaisir et le soir, toute la pelouse avait été magnifiquement tondue, c’est-à-dire, sauf un grand carré de gazon laissé long dans un coin.

Quand l’homme dit qu’il ne pouvait pas donner la somme convenue, vu que le gazon n’avait pas été coupé entièrement, la petite fille dit qu’elle était prête à laisser tomber l’argent, mais qu’elle ne couperait pas le carré en question.

Curieux de savoir pourquoi, l’homme alla vérifier le carré de gazon non coupé. Là, au beau milieu du carré était assis un gros crapaud. La petite fille n’avait pas eu le cœur de passer dessus avec la tondeuse.

Où est l’amour il y a désordre. Un ordre parfait transformerait le monde en cimetière.



LES SEMENCES DU ROI

Il était une fois un roi qui ne savait lequel de ses fils méritait de lui succéder sur le trône. Les jeunes gens avaient le même âge, c’étaient des triplés, et ils étaient tous les trois intelligents et courageux. Sur les conseils d’un sage, le roi convoqua ses fils et remit à chacun un sachet de semences. Je vais entreprendre un pèlerinage, dit-il. Quand je reviendrai dans quelques années, vous me rendrez les semences. Celui d’entre vous qui en aura le mieux pris soin sera mon héritier.

Le premier fils rangea les semences dans un coffre en fer qu’il verrouilla soigneusement, pensant que c’était la meilleure façon de les conserver. Le deuxième fils se dit : « Mon frère fait une erreur. Les semences enfermées dans le coffre vont pourrir. » II se rendit au marché, vendit les semences et garda l’argent pour en acheter de nouvelles le moment venu. Le troisième fils alla répandre ses semences dans le jardin.

Trois ans plus tard, le roi revint. Le premier fils ouvrit son coffre et en sortit le sachet de semences. Je t’ai confié des semences de fleurs parfumées et tu me rends un sachet puant ! gronda le roi. Tu as échoué. Père, se défendit le jeune homme, je te rends les semences que tu m’as données. Tais-toi, ordonna le roi, tu n’es qu’un matérialiste.

Le deuxième fils présenta les semences qu’il s’était hâté d’acheter au marché. Ce ne sont pas mes semences, déclara le roi. Ton idée vaut mieux que celle de ton frère, tu es psychologue, mais tu as échoué.

Un peu inquiet, le roi se tourna vers son troisième fils : Et toi ? dit-il. Le troisième fils l’emmena dans le jardin et lui montra les milliers de fleurs qu’il avait cultivées.

Je récolterai bientôt des semences, dit-il, et te restituerai celles que tu m’avais données. Le roi l’embrassa : Tu as traité les semences comme il le fallait. C’est toi qui hériteras du royaume.



AIMER LA MAIN OUVERTE – RUTH SANFORD

Cette semaine, en parlant avec un ami, je me suis rappelé une histoire que j’ai entendu raconter cet été.

Une personne compatissante, voyant un papillon lutter pour se libérer de son cocon, et voulant l’aider, écarta avec beaucoup de douceur les filaments pour dégager une ouverture. Le papillon libéré, sortit du cocon et battit des ailes mais ne put s’envoler.

Ce qu’ignorait cette personne compatissante, c’est que c’est seulement au travers du combat pour la naissance que les ailes peuvent devenir suffisamment fortes pour l’envol. Sa vie raccourcie, il la passa à terre. Jamais il ne connut la liberté, jamais il ne vécut réellement.

Apprendre à aimer la main ouverte est une toute autre démarche. C’est un apprentissage qui a cheminé progressivement en moi, façonné dans les feux de la souffrance et les eaux de la patience.

J’apprends que je dois laisser libre quelqu’un que j’aime, parce que si je m’agrippe, si je m’attache, si j’essaie de contrôler, je perds ce que je tente de garder. Si j’essaie de changer quelqu’un que j’aime, parce que je sens que je sais comment cette personne devrait être, je lui vole un droit précieux, le droit d’être responsable de sa propre vie, de ses propres choix, de sa propre façon de vivre.

Chaque fois que j’impose mon désir ou ma volonté, ou que j’essaie d’exercer un pouvoir sur une autre personne, je la dépossède de la pleine réalisation de sa croissance et de sa maturation. Je la brime et la contrecarre par mon acte de possession, même si mes intentions sont les meilleures.

Je peux brimer et blesser en agissant avec la plus grande bonté, pour protéger quelqu’un. Et une protection et une sollicitude excessives peuvent signifier à une autre personne plus éloquemment que des mots :  » Tu es incapable de t’occuper de toi-même, je dois m’occuper de toi parce que tu m’appartiens. Je suis responsable de toi. « 

Au fur et à mesure de mon apprentissage et de ma pratique, je peux dire à quelqu’un que j’aime :  » Je t’aime, je t’estime, je te respecte et j’ai confiance en toi. Tu as en toi ou tu peux développer la force de devenir tout ce qu’il t’est possible de devenir, à condition que je ne me mette pas en travers de ton chemin. Je t’aime, tant que je peux te laisser la liberté de marcher à côté de moi, dans la joie et dans la tristesse. Je partagerai tes larmes, mais je ne demanderai pas de ne pas pleurer.

Je répondrais, si tu as besoin de moi, je prendrai soin de toi, je te réconforterai, mais je ne te soutiendrai pas quand tu pourras marcher tout seul. Je serai prête à être à tes côtés dans la peine et la solitude, mais je ne les éloignerai pas de toi. Je m’efforcerai d’écouter ce que tu veux dire, avec tes paroles à toi, mais je ne serais pas toujours d’accord avec toi.

Parfois je serais en colère, et quand je le serai, j’essaierai de te le dire franchement, de façon à ne pas avoir besoin d’être irritée de nos différences, ni de me brouiller avec toi. Je ne peux pas toujours être avec toi ou écouter ce que tu dis, parce qu’il y a des moments où je dois m’écouter moi-même, prendre soin de moi. Quand cela arrivera, je serai aussi sincère avec toi que je pourrai l’être.  » J’apprends à dire cela à ceux que j’aime et qui sont importants pour moi – que ce soit avec des mots ou par ma façon d’être avec les autres et avec moi-même.

Voilà ce que j’appelle aimer la main ouverte. Je ne peux pas toujours m’empêcher de mettre mes mains dans le cocon… mais j’y arrive mieux, beaucoup mieux depuis que je me respecte aussi.



CE QUI NE MEURT JAMAIS

Les miracles opérés par Bouddha étaient très différents de ceux de Jésus.

Un jour, une femme en pleurs vint le trouver. Son seul enfant venait de mourir, elle avait déjà perdu son mari et il ne lui restait plus personne au monde.

Bouddha lui sourit avec bonté et dit : Va dans la ville et rapporte-moi quelques grains de sénevé d’une maison où jamais personne n’est mort.

Partout, la femme reçut la même réponse : Nous pouvons te donner autant de grains de sénevé que tu veux, mais la condition est impossible à remplir. Sous ce toit beaucoup de gens ont déjà rendu l’âme.

Elle s’obstina et poursuivit sa recherche, dans l’espoir de trouver une maison où la Camarde n’aurait jamais frappé. A la nuit tombée elle renonça et comprit que la mort faisait partie de la vie : la mort n’est pas un désastre, elle survient tôt ou tard.

Elle retourna voir Bouddha qui lui demanda si elle rapportait des grains de sénevé.

La femme se prosterna et dit : Accorde-moi l’initiation, je souhaite connaître ce qui n’est pas éphémère. Je ne te demande plus de me rendre mon enfant, il mourrait de toute façon un jour ou l’autre. Enseigne-moi ce qui ne meurt jamais.



LA PERFECTION

La parabole que je vais vous raconter doit être très ancienne, en ce temps-là Dieu vivait encore sur terre.

Un jour, un paysan vint faire ses doléances : Seigneur Dieu, dit-il, tu es notre créateur, certes, mais tu n’as rien d’un fermier, tu ne connais pas l’ABC de ce métier, cela se voit. Tu ferais mieux de t’informer.

Que veux-tu dire ? s’enquit Dieu.

Confie-moi la direction du monde pendant un an et tu verras. Je chasserai la famine de cette planète.

Dieu accepta et céda la place au paysan. Celui-ci commanda les meilleures conditions climatiques et interdit les orages, les vents violents et tout ce qui pouvait abîmer la végétation. La vie se déroulait douillettement, les champs recevaient la pluie dont ils avaient besoin et du soleil en temps voulu. Tout était parfait, le paysan exultait :

Regarde ! dit-il à Dieu. Les moissons seront tellement abondantes qu’il y aura de quoi nourrir la population pendant dix ans sans travailler.

Hélas ! lorsque le blé fut moissonné, les épis s’avérèrent vides.

Que s’est-il passé ? demanda le paysan à Dieu.

Celui-ci répondit : L’absence de friction, de tension et de défi a rendu le blé impuissant. Une certaine dose de difficultés est indispensable. Les orages et les éclairs secouent et éveillent l’âme du blé.



L’ACCEPTATION

Dans le village où vivait le maître zen Hakuin, une jeune fille se trouva enceinte. Sommée de révéler le nom de son amant, elle accusa Hakuin. Lorsque l’enfant fut né, le père de la jeune fille le porta chez Hakuin qu’il insulta copieusement. Puis il dit : Tu t’occuperas du nourrisson puisque c’est le tien.

Hakuin répondit : Ah oui ? Il prit le petit dans ses bras, l’enveloppa dans un pan de sa vieille tunique et l’emmena partout avec lui. Sous la pluie battante et sous le soleil torride, le jour et la nuit, il mendia du lait pour le bébé. Beaucoup de ses disciples le quittèrent, l’estimant déchu. Hakuin les vit partir sans formuler le moindre reproche.

Un jour, souffrant trop d’être séparée de son enfant, la jeune mère désigna le vrai géniteur. Son père se rendit immédiatement chez Hakuin. Il lui demanda pardon et lui raconta la vérité. Ah oui ? fit Hakuin. Et il rendit l’enfant.



LA COLÈRE

Un jour, un disciple zen demanda l’aide de Bankei : Maître, j’ai un caractère emporté, comment guérir?

Montre-moi cela, dit Bankei, c’est intéressant.

Je ne peux pas, répondit le disciple, je ne suis pas en colère pour le moment.

Je comprends, fit Bankei, reviens quand tu seras de nouveau furieux.

C’est impossible, expliqua le disciple. La colère est imprévisible, elle éclate subitement et sera certainement retombée quand je t’aurai rejoint.

Dans ce cas, déclara Bankei, la colère ne fait pas partie de ta nature réelle, sinon tu pourrais l’exhiber à tout moment. En naissant, tu n’éprouvais pas de colère, elle est donc venue de l’extérieur. Je te propose ceci : la prochaine fois que tu remarqueras de la colère en toi, assène-lui des coups de bâtons jusqu’à ce qu’elle te quitte.



LE RIRE

Jadis, trois moines voyageaient en Chine, anonymes et toujours contents. On les appelait simplement les trois moines rieurs.

Lorsqu’ils arrivaient dans un village, ils se postaient sur la place du marché et se mettaient à rire. Leur bonne humeur se propageait rapidement et déclenchait la gaieté dans toute l’agglomération. Les gens aimaient beaucoup ces trois hommes qui savaient les mettre en joie et dérider les mélancoliques, les coléreux, les envieux, les jaloux…

Ils ne prêchaient pas, ils créaient simplement pendant quelques secondes un monde nouveau, une situation de non-mental.

Un jour, l’un d’eux mourut.

Les gens épièrent les deux moines privés de leur vieux compagnon, se disant que cette fois-ci, on les verrait dans l’affliction.

Or, les deux hommes riaient. La foule en fut un peu choquée.

Nous rions, expliquèrent les deux compères, parce que notre ami a gagné. Nous avons souvent parié pour savoir qui de nous partirait le premier. Nous fêtons sa victoire. Et puis, nous avons toujours vu notre compagnon hilare. Pouvons-nous lui dire adieu en pleurant ?

Il penserait certainement : « Pauvres idiots ! Vous voilà retombés dans le piège ! » Pour nous, il n’est pas mort. La gaieté et la vie n’ont pas de fin !

Avant d’expirer, le moine avait demandé qu’on ne procède pas à la toilette des morts. Ne me lavez pas, ne changez pas mes habits, avait-il dit, placez-moi tel quel sur le bûcher.

Or, il avait caché des feux d’artifice dans ses vêtements.

En découvrant cette dernière farce de leur ami, les moines se mirent à danser et bientôt la liesse fut générale. Les funérailles furent une diwali, une grande fête.



L’INTELLIGENCE

Un soir, Rabiya examinait le sol devant sa cabane.

Que cherches-tu, Rabiya ? demandèrent les voisins.

J’ai perdu mon aiguille, répondit la vieille femme.

Les voisins se mirent à chercher avec elle. Quelqu’un dit : Rabiya, il va faire nuit, nous n’aurons pas le temps de ratisser toute la rue. Essaie de te souvenir où tu as laissé tomber cette aiguille.

Je l’ai perdue chez moi, dans ma maison, fut la réponse.

Mais alors, s’étonnèrent les voisins, pourquoi chercher dans la rue ?

Parce qu’ici il y a de la lumière, expliqua Rabiya, tandis que chez moi il fait noir.

Voyons, Rabiya, protesta quelqu’un, même avec de la lumière tu ne trouveras pas une aiguille qui n’est pas là. Rentre plutôt chez toi et allume la lampe !

Rabiya se mit à rire : Vous êtes bien malins quand il s’agit de choses triviales. Quand donc utiliserez-vous votre intelligence pour vivre en profondeur ? Je vous vois tous chercher au dehors ce que vous avez perdu au-dedans. Croyez-vous pouvoir trouver la félicité dans le monde extérieur? L’avez-vous donc perdue quelque part hors de vous-même ?

Rabiya planta là ses voisins penauds et rentra chez elle.



LA PERTE D’UN MARTEAU

Un charpentier ne retrouve plus son marteau.

Il soupçonne le fils de la voisine du vol de son précieux outil de travail.

En observant la démarche du jeune homme, l’artisan reconnaît nettement celle d’un voleur. D’ailleurs, tout chez le garçon : son regard, son comportement, ses gestes, etc., trahit clairement sa culpabilité.

Quelques instants plus tard, le charpentier retrouve son marteau au fond de sa boîte à outils.

A partir de ce moment il constate que le comportement du fils de la voisine ne ressemble en rien à celui d’un voleur.



LE MARIAGE – KHALIL GIBRAN

« Vous êtes nés ensemble, et vous serez ensemble pour toujours.

Vous serez ensemble, quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours.

Oui, vous serez ensemble, même dans la silencieuse mémoire de Dieu.

Mais laissez un vide dans votre communion, et que dansent entre vous les vents des Cieux.

Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de votre Amour un esclavage.

Qu’il soit plutôt une mer mouvante entre les rives de vos âmes.

Emplissez mutuellement vos coupes, mais ne buvez pas dans la même.

Donnez-vous à chacun votre pain, mais ne mordez pas dans la même miche.

Chantez et dansez ensemble, soyez joyeux, mais faites que chacun de vous puisse demeurer seul, de même que les cordes du luth sont seules, même lorsqu’elles vibrent de la même musique.

Donnez vos cœurs, mais pas à la garde de l’autre, car seule la main de la Vie peut contenir vos cœurs.

Et demeurez ensemble, mais sans trop vous approcher de l’autre :

Car les piliers du temple sont séparés, et ni le chêne ni le cyprès ne poussent à l’ombre l’un de l’autre.



UNE VIEILLE LEGENDE HINDOUE

Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahmâ, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.

Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : Enterrons la divinité de l’homme dans la terre.

Mais Brahmâ répondit : Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et le trouvera.

Alors les dieux répliquèrent : Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.

Mais Brahmâ répondit à nouveau : Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour, il la trouvera et la remontera à la surface.

Alors les dieux mineurs conclurent : Nous ne savons pas où cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.

Alors Brahmâ dit :

« Voilà ce que nous ferons de la divinité de l’homme, nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher. « 

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.



LE MEURTRIER ANGULIMALA

La légende raconte qu’à l’époque de Bouddha sévissait un meurtrier extrêmement dangereux.

Estimant avoir été lésé par la société, cet homme s’était juré d’exécuter mille personnes en guise de représailles. Il s’était confectionné un collier à partir de doigts prélevés sur ses victimes, ce qui lui avait valu le nom d’Angulimala, l’homme au collier de doigts. Il avait déjà tué neuf cent quatre-vingt dix-neuf personnes et éprouvait des difficultés à trouver son ultime bouc émissaire. Partout où sa présence était signalée, les gens se terraient.

Un jour, alors qu’il s’apprêtait à se rendre dans une certaine forêt, Bouddha fut mis en garde par les villageois : N’y vas pas ! Angulimala est là. C’est un dément, il n’hésite pas une seconde à tuer et que tu sois un moine ne l’arrêtera pas. Prends un autre chemin, ne traverse pas cette forêt !

Bouddha répondit : Si je n’y vais pas, qui donc ira? Ce meurtrier est un être humain, il a besoin de moi. Je prends le risque. Il me tuera ou bien c’est moi qui le tuerai. Et il se mit en route.

Ses disciples les plus proches avaient clamé qu’ils n’abandonneraient leur maître sous aucun prétexte, mais plus Bouddha avançait, plus ils se raréfiaient. Il n’en restait plus un seul quand Bouddha gravit la colline où s’était installé Angulimala.

Angulimala observait de loin le voyageur solitaire si beau et innocent qui s’approchait de son repaire. Il fut troublé : Cet homme semble ignorer que je suis là. Je vais l’épargner, je trouverai bien quelqu’un d’autre.

Se levant, il cria : Rentre chez toi, ne fais pas un pas de plus ! Je suis Angulimala, celui qui porte un collier fait de neuf cent quatre-vingt dix-neuf doigts. Il ne m’en manque plus qu’un et je n’hésiterais pas à tuer ma propre mère pour l’avoir. Rien ne me retient, je ne crois ni à dieu ni au diable et que tu sois un moine et peut-être un saint me laisse indifférent. Arrête-toi !

Bouddha répondit : Il y a longtemps que je me suis arrêté. Ce n’est pas moi qui bouge, mais toi Angulimala. Je n’ai aucun objectif, comment pourrait-il y avoir un mouvement ? C’est toi qui bouges et c’est à moi de crier stop !

Tu n’es qu’un sot, répliqua Angulimala.

Bouddha continua d’avancer et dit : Il paraît que tu as besoin d’un doigt de plus. En ce qui me concerne, je n’ai plus besoin de ce corps, tu peux en disposer. Coupe-moi la tête et ensuite un doigt si cela te fait plaisir. Je suis venu me mettre à ta disposition, ainsi ce corps aura encore servie à quelque chose.

Angulimala répondit : Je constate que je ne suis pas le seul fou dans cette forêt. N’essaie pas de me berner, je peux te tuer à tout moment.

Je sais, fit Bouddha, mais avant cela, accorde-moi une faveur. Coupe une branche de cet arbre là-bas.

D’un coup d’épée, Angulimala fit tomber une grosse branche par terre.

Très bien, dit Bouddha, à présent fixe-la de nouveau à l’arbre.

Te moques-tu de moi ? gronda Angulimala. Je peux couper toutes les branches que je veux, mais rattacher celle que j’ai coupée est impossible.

Ainsi donc, remarqua Bouddha en souriant, tu n’es pas plus évolué qu’un enfant. Lui aussi peut détruire et est incapable de créer. Tu ne peux ni rendre la branche à l’arbre ni leur tête à tes victimes. Pour cela, il faut un pouvoir réel.

Angulimala ferma les yeux et murmura : Montre-moi la voie. Il atteignit l’Eveil sur-le-champ.



DANSEZ COMME – DAISAKU IKEDA

Nous sommes persuadés que notre vie sera meilleure lorsque nous serons mariés, lorsque nous aurons eu un premier enfant ou un deuxième. Puis nous nous sentons frustrés parce que nos enfants sont trop petits pour ceci ou pour cela et nous pensons que les choses iront mieux quand ils auront grandi.

Ensuite, nous sommes excédés par leur comportement d’adolescents. Nous sommes convaincus que nous serons plus heureux lorsqu’ils auront dépassé ce stade. Nous nous disons que nous nous sentirons mieux lorsque nos partenaires auront résolu leurs problèmes, lorsque nous changerons de voiture… lorsque nous aurons pris de merveilleuses vacances… lorsque nous ne serons plus obligés de travailler…

Pourtant si nous ne connaissons pas une vie pleine et heureuse maintenant, quand y parviendrons-nous ?

Vous aurez toujours à affronter des difficultés de tous ordres. Mieux vaut accepter ce fait et décider d’être heureux quoiqu’il arrive.

Une de mes citations préférées a pour auteur Alfred SOUZA : Pendant longtemps, dit-il, j’ai eu le sentiment que la vie allait bientôt commencer. La vraie vie ! Mais il y avait toujours des obstacles à franchir en chemin, quelque chose d’inachevé, une affaire qui demandait du temps, des dettes qui n’étaient pas encore réglées… ensuite, la vie commencerait…

Finalement, j’ai réalisé que ces obstacles étaient ma vie ! Cette façon de percevoir les choses m’a aidé à comprendre qu’il n’y a pas un moyen d’être heureux, mais que le bonheur est le moyen. Par conséquent, goûtez chaque instant de votre vie et goûtez-le plus encore parce que vous pouvez le partager avec une personne chère, une personne assez chère pour passer des moments précieux de la vie auprès de vous et rappelez-vous que le temps n’attend personne… Alors cessez d’attendre de quitter l’école, de perdre 5 kilos, de prendre 5 kilos, d’avoir des enfants, de les voir quitter la maison…

Cessez d’attendre de commencer à travailler, de prendre votre retraite… de vous marier, de divorcer… Cessez d’attendre d’être à vendredi soir, à dimanche matin, d’avoir une nouvelle voiture, une nouvelle maison… Cessez d’attendre d’être au printemps, en été, en automne ou en hiver… Cessez d’attendre de quitter cette vie, de renaître à nouveau et décidez qu’il n’y a pas de meilleur moment pour être heureux que le moment présent…

Le bonheur et les joies de la vie ne sont pas des buts mais un voyage.

Une pensée d’aujourd’hui :

Travaillez comme si vous n’aviez pas besoin d’argent,
Aimez comme si personne ne vous vous avait jamais fait souffrir,
Dansez comme si personne ne vous regardait,
Chantez comme si personne ne vous écoutait,
Vivez comme si le paradis était sur terre.



L’AJOURNEMENT

Diogène, le mystique grec, fut un des sommets de la conscience humaine. Avant de se rendre en Inde, Alexandre le Grand lui rendit visite. Il faisait frais et Diogène était couché nu au bord d’une rivière, en train de se réchauffer au soleil. C’était un bel homme, il avait cette beauté particulière qui rayonne d’une âme pure. Alexandre en fut impressionné.

Monsieur, dit-il avec un respect qui ne lui était pas habituel, j’aimerais faire quelque chose pour vous.

Otez-vous de mon soleil, fit Diogène, cela suffira.

Si une autre vie m’est offerte sur cette terre, dit Alexandre, je souhaite que Dieu fasse de moi un Diogène et non un Alexandre.

Qui vous empêche de l’être dès à présent ? demanda Diogène. Où allez-vous ? Pourquoi vos troupes sont-elles en mouvement ?

Je vais conquérir le monde, répondit Alexandre.

Et ensuite ? voulut savoir Diogène.

Ensuite, déclara Alexandre, je me reposerai.

Diogène se mit à rire : Quelle sottise ! Moi je me repose maintenant. Je n’ai pas conquis le monde, cela ne m’a jamais tenté. Si votre but est de vous détendre et de vous reposer, pourquoi ne pas le faire tout de suite ? Qu’est-ce qui vous fait croire que vous devez d’abord remuer ciel et terre ? En vérité, si vous ne vous reposez pas aujourd’hui, vous ne le ferez jamais. Assujettir le monde est impossible, vous mourrez bien avant. On meurt toujours au beau milieu du voyage.

Alexandre remercia Diogène pour ses sages paroles, poursuivit sa route et ne revint jamais. Il mourut en pays étranger.

La légende raconte que Diogène rendit l’âme quelques heures après Alexandre. Les deux hommes se reconnurent en traversant la rivière qui conduit au royaume des esprits.

Ainsi donc, l’empereur et le mendiant sont de nouveau ensemble ! plaisanta Alexandre pour masquer sa gêne.

En effet, répondit Diogène, bien que l’empereur ne soit pas celui que vous croyez. J’ai pleinement vécu et savouré ma vie et puis regarder Dieu en face.

Vous en serez incapable, vous ne pouvez même pas regarder Diogène dans les yeux. Vous avez gaspillé votre vie.



LE MENTAL

Un jour, au cours d’un voyage, un homme arriva accidentellement au paradis. L’Eden indien comprend des arbres à souhaits : il suffit de s’asseoir au pied d’un tel arbre et de formuler une demande pour la voir se réaliser sans le moindre délai.

Le voyageur fatigué s’endormit sous un arbre à souhaits. En s’éveillant le lendemain matin, il se dit : J’ai faim, il faut que je trouve quelque chose à manger.

Sur-le-champ, des plats délicieux se matérialisèrent devant lui. Il était tellement affamé qu’il ne prêta pas attention au côté miraculeux de l’événement. Un ventre creux ne perd pas son temps à philosopher.

Quand il fut repu, le voyageur eut envie d’autre chose : Où vais-je pouvoir me désaltérer ? se dit-il en regardant autour de lui.

Rien n’étant prohibé au ciel, du vin prestigieux apparut devant l’homme ébahi. Il s’installa dans l’ombre de l’arbre et dégusta les meilleurs crus du paradis en savourant la fraîcheur de la brise, tout en se posant quelques questions : Qu’est-ce qui se passe ? Suis-je en train de rêver ? Y a-t-il des fantômes par ici qui me joueraient des tours ?

Des spectres horribles se précipitèrent sur lui. Au comble de la terreur, le pauvre homme hurla : Ils vont me tuer !

Et il fut tué.



« MU »

« Mu » est un Koan zen traditionnel dont le pouvoir est d’éveiller ceux qui méditent dessus. Ce mot veut dire littéralement « pas ».

Quand on lui pose des questions, le Maître Ekai a l’habitude de simplement répondre « MU ! » , signifiant ainsi que le oui comme le non sont trop limités pour être une réponse. Mu n’affirme ni n’infirme rien.

C’est une réponse illogique qui renvoie au mode de compréhension profond et intuitif du zen, par-delà l’esprit rationnel limité.

Mu nous dit en fait : « Ne posez pas cette question ! » et pose à son tour implicitement la question : « Ne voyez-vous pas qu’en réalité tout est Un et que la vie ne connaît pas de séparation ? »

Si nous avons conscience de cela, il n’est plus besoin, en effet, de poser des questions….

Le choix oui/non incluent et confinent  l’homme dans la dualité : affirmation /négation.

Au delà de cela, on peut faire exister une troisième possibilité : MU.

Ainsi, nous pouvons appréhender la Vérité de la situation qui ne s’exprime pas avec des mots.

Déplacer le oui ou le non, c’est atteindre l’Unité de Mu, l’Unité Universelle. Tout est un et un est tout.  Avoir tendance à tout diviser génèrerait qu’insatisfaction, frustrations ? Non ???



L’ILE AUX SENTIMENTS

Il était une fois une île, où tous les sentiments vivaient : le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l’Amour y compris.

Un jour, on annonça aux Sentiments que l’île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l’Amour resta. L’Amour voulait rester jusqu’au dernier moment.

Quand l’île fut sur le point de sombrer, l’Amour décida d’appeler à l’aide.

La Richesse passait à côté de l’Amour dans un luxueux bateau.

L’Amour lui dit : « Richesse, peux-tu m’emmener ? »

– « Non, car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau. Je n’ai pas de place pour toi ! »

L’Amour décida alors, de demander à l’Orgueil qui passait dans un magnifique vaisseau : « Orgueil, aides-moi, je t’en prie ! »

– « Je ne puis t’aider, Amour ! Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau. »

La Tristesse étant à côté, l’Amour lui demanda : « Tristesse, laisses-moi venir avec toi ! »

– « Oh… Amour, je suis tellement triste que j’ai besoin d’être seul ! »

Le Bonheur passa aussi à côté de l’Amour ; Il était si heureux qu’il n’entendait pas l’Amour l’appeler. »

Soudain, une voix dit : « Viens Amour, Je te prends avec moi ! »

C’était un vieillard qui avait parlé. L’Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu’il en oublia de demander son nom au vieillard.

Lorsqu’ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla. L’Amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir : « Qui m’a aidé ? »

– « C’était le temps ! » répondit le Savoir.

« Le Temps ? » s’interrogea l’Amour. « Mais pourquoi le Temps m’a-t-il aidé ? »

Le Savoir sourit, plein de sagesse et répondit : « C’est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la vie ! »



LA CONSCIENCE

Un homme qui s’exerçait depuis quelque temps à la méditation vint voir Ikkyu.

Il laissa son parapluie et ses chaussures trempées devant la porte et entra. Quand il eut terminé de présenter ses respects au maître, celui-ci lui demanda s’il avait déposé son parapluie à gauche ou à droite de ses chaussures. Vous vous attendez à ce qu’un maître vous interroge sur Dieu, la montée de la Kundalini, l’ouverture des chakras, l’apparition de lueurs dans votre tête. Ikkyu s’enquit tout simplement d’un parapluie.

Ne vous y trompez pas, la question était pertinente. Le visiteur fut incapable de répondre. Qui se soucie de retenir si un parapluie se trouve à gauche ou à droite d’une paire de souliers ?

Pour Ikkyu, ce défaut d’attention était significatif. Il refusa d’accepter l’homme comme disciple.

Retourne méditer sept ans de plus, lui dit-il.

Sept ans pour une si petite faute ! s’exclama le candidat.

Aucune faute n’est grande ou petite, répondit Ikkyu. Tu ne vis pas de façon méditative, c’est tout.



LES ENFANTS – KHALIL GIBRAN

 » Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’aspiration qu’a la Vie pour elle-même.

Ils naissent par vous, mais pas de vous. Et quoiqu’ils fassent route avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner toute votre tendresse, mais pas vos pensées. Car ils ont leurs pensées distinctes.

Vous pouvez embrasser leurs corps, mais pas leurs âmes. Car leurs âmes s’installent dans la maison de demain, 
celle que vous ne pouvez aller voir, même dans vos rêves.

Vous pouvez tenter d’être comme eux, 
mais ne cherchez pas à les rendre semblables à vous. Car la Vie ne recule pas, et elle ne flâne pas avec la veille.

Vous êtes les arcs qui lancent vos enfants comme des flèches vivantes.

L’archer voit la cible dans la perspective de l’infini, et il vous bande de toute sa puissance 
pour que ses flèches aillent rapidement, à perte de vue.

Et lorsque la main de l’archer vous bande, que ce soit pour votre plus grande joie. Car même s’il adore la flèche qui fend l’air, il aime aussi l’arc qui demeure.



LES LARMES DES FEMMES

Un petit garçon demande à sa mère : « Pourquoi pleures-tu ? »

« Parce que je suis une femme » lui répond-elle.

« Je ne comprends pas » dit-il.

Sa mère l’étreint et lui dit : « Et jamais tu ne réussiras ! »

Plus tard le petit garçon demanda à son père : « Pourquoi maman pleure-t-elle sans raison ? »

« Toutes les femmes pleurent sans raison » fut tout ce que son père pu lui dire.

Le petit garçon grandit et devint un homme, toujours se demandant pourquoi les femmes pleurent aussi facilement. 
Finalement il appela Dieu ; quand Dieu répondit au téléphone, il demanda :
 »Seigneur, pourquoi les femmes pleurent aussi facilement ? »

Dieu répondit :

« Quand j’ai fait la femme, elle devait être spéciale. J’ai fait ses épaules assez fortes pour porter le poids du monde; mais quand même assez douces pour être confortables. »

« Je lui ai donné une force intérieure pour endurer les naissances et le rejet qui vient souvent des enfants. » 
 »Je lui ai donné la force pour lui permettre de continuer quand tout le monde abandonne et prendre soin de sa famille en dépit de la maladie et de la fatigue, sans se plaindre. »

« Je lui ai donné la sensibilité pour aimer ses enfants dans n’importe quelle circonstance quand ces derniers l’ont blessé très durement. »

« Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défauts et je l’ai fait d’une de ses côtes pour protéger son coeur. »

« Je lui ai donné la sagesse de savoir qu’un bon époux ne blesse jamais sa femme, mais quelques fois teste sa force et sa détermination de demeurer à ses côtés sans faiblir. »

« Et finalement je lui ai donné une larme à verser. Cela est exclusivement à son usage personnelle quand elle le juge bon. »

« Tu vois : La beauté d’une femme n’est pas dans les vêtements qu’elle porte, ni dans le visage qu’elle montre, ou dans la façon de se peigner les cheveux. »

« La beauté d’une femme doit être dans ses yeux, parce que c’est la porte d’entrée de son coeur, la place où l’amour réside. »



L’EXPRESSION DE VOTRE DESIR – BRIHADARANYAKA UPANISHAD

Vous êtes l’expression de votre plus profond désir

Tel est votre désir, telle est votre volonté

Telle est votre volonté, tels sont vos actes

Tels sont vos actes, telle sera votre destinée.



LA TRANCHE OU LE BOUT DU PAIN

Il était une fois un vieux couple, vous savez ce genre de personnes qui donnent l’impression d’être chacune une partie d’un tout.
L’homme et la femme avaient vécu de nombreuses années ensemble, avaient su surmonter les épreuves, forts de leur amour réciproque.

Sur la terrasse de leur maison, ils vivaient des instants paisibles, dans une retraite bien méritée…
La femme, soucieuse de toujours veiller à la belle harmonie du couple demande à son époux :

– dis-moi mon ami, si nous devions refaire le chemin ensemble, y a-t-il quelque chose que tu aimerais changer ?

– non, ma chérie, tu es une épouse merveilleuse.

Mais il avait un air qu’elle seule pouvait reconnaître, celui où il reste encore quelque chose à dire. Elle lui demande :

– Je te remercie, toi aussi tu m’as donné beaucoup de bonheur. Alors, dis-moi, quelque chose pourrait encore améliorer notre vie ? Même une toute petite chose, tu me le dirais ?

L’homme prend son courage à deux mains et lui dit :

– Et bien vois-tu ma chérie, il y a une toute petite chose : tu m’as toujours donné le quignon, l’extrémité du pain, et je t’avoue que je préfère de loin une tranche au quignon…

La femme se met à rire.

L’homme lui demande pourquoi elle rit.

Elle répond :

– Je pensais que tu préférais le quignon, c’est pour cela que je te l’ai toujours laissé. Mais moi, j’adore le quignon du pain.



DIEU AVEC NOUS, DIEU DANS MES PAS – ADEMAR DE BARROS

J’ai fait un rêve la nuit de Noël :

Je cheminais sur la plage, côte à côte avec le Seigneur.

Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte, la mienne et celle du Seigneur.

L’idée me vint – c’était en songe –

Que chacun de nos pas représentait un jour de ma vie. Je me suis arrêté pour regarder en arrière. J’ai vu toutes les traces qui se perdaient au loin, mais je remarquais qu’en certains endroits, au lieu de deux empreintes, il n’y en avait plus qu’une.

J’ai revu le film de ma vie. Oh surprise, les lieux à l’empreinte unique correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence. Jours d’angoisse ou de mauvais vouloir, jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur, jours d’épreuves et de doute, jours où moi, j’avais été intenable.

Alors me retournant vers le Seigneur, j’osai Lui faire des reproches :

 » Tu nous as pourtant promis d’être avec nous tous les jours ! Pourquoi n’as-Tu pas tenu ta promesse ? Pourquoi m’avoir laissé seul aux pires moments de ma vie ? Aux jours, où j’avais le plus besoin de ta présence ? « 

Mais le Seigneur m’a répondu :

 » Mon ami, les jours où tu ne vois qu’une trace de pas sur le sable, ce sont les jours où je t’ai porté. « 



L’AMOUR – KHALIL GIBRAN

 » Lorsque l’amour vous fait signe, suivez-le, quoique ses voies sont rudes et escarpées. Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui, quoique l’épée cachée parmi ses plumes puisse vous blesser. Et lorsqu’il vous parle, croyez en lui, quoique sa voix puisse éparpiller vos rêves comme le vent du Nord saccage le jardin.

Car même s’il vous couronne, l’amour vous crucifiera. Même s’il vous aide à grandir, il vous élaguera. Même s’il s’élève à votre hauteur et s’il caresse les plus tendres de vos branches qui frémissent sous le soleil. Il s’enfoncera jusqu’à vos racines et secouera leur emprise dans la terre. Comme des gerbes de blé, il vous récolte en lui-même.

Il vous bat pour vous dénuder. Il vous tamise pour vous délivrer de votre son. Il vous moud jusqu’à ce que vous blanchissiez. Il vous pétrit pour vous assouplir.

Et puis, il vous soumet à son feu sacré, pour que vous connaissiez les secrets de votre cœur et que par cette connaissance, vous deveniez une parcelle du cœur de la Vie.

Mais si, dans votre crainte, vous ne cherchiez de l’amour que sa paix et son plaisir, alors vous feriez mieux de couvrir votre nudité et de vous écarter de son aire de battage, pour gagner le monde sans raisons où vous rirez sans déployer tout votre rire, où vous pleurerez sans répandre toutes vos larmes.

L’amour ne donne rien que lui-même et ne prend rien que lui-même. L’amour ne possède pas, et ne veut pas être possédé, car l’amour se suffit à lui-même.

Lorsque vous aimez, vous ne devez pas dire :  » Dieu est dans mon cœur « , mais plutôt :  » Je suis dans le cœur de Dieu « . Et ne croyez pas que vous pourrez diriger le cours de l’amour, car c’est l’amour, s’il croit que vous en valez la peine, qui dirigera votre cours. L’amour n’a d’autre désir que de s’accomplir lui-même.

Mais si vous aimez et si vous devez éprouver des désirs, faites que les vôtres soient ceux-ci : Fondre et devenir un ruisseau courant qui chante sa mélodie dans la nuit.

Connaître la douleur d’une trop grande tendresse. Être blesse par votre propre connaissance de l’amour, et vous laisser joyeusement saigner. Vous réveiller le matin avec un cœur ailé et rendre grâces pour une nouvelle journée d’amour. Vous reposer le midi et méditer sur l’extase de l’amour. Rentrer le soir chez vous avec reconnaissance. Et puis enfin vous endormir avec une prière pour l’être aimé qui vit en votre cœur et avec, sur vos lèvres, un chant de louanges. « 



S’ENTENDRE

Entre ce que je pense,
Ce que je veux dire,
Ce que je crois dire,
Ce que je dis…
Ce que vous voulez entendre,
Ce que vous entendez,
Ce que vous croyez comprendre,
Ce que vous voulez comprendre,
Et ce que vous comprenez,
Il y a au moins 9 possibilités de ne pas s’entendre ! ! !



SHEMA YISRAEL – PIRKE AVOT

 » Shema Yisrael Adonai Elohenou Adonai Echad « 

(Ecoute, ô Israël, le Seigneur ton Dieu, le Seigneur est Un)

C’est par amour que Dieu créa l’homme à son image.

C’est un plus grand amour que Dieu témoigna à l’homme en lui révélant qu’il était créé à l’image divine.

Le regard de Dieu plane sur tout et cependant la volonté humaine est libre.

Sois hardi comme le léopard, léger comme l’aigle, agile comme le cerf et fort comme le lion pour exécuter la Volonté de ton Père qui est dans les cieux.

Toute réunion qui a pour objet la gloire de Dieu se maintiendra, 
mais celle qui n’a point pour objet la gloire de Dieu ne subsistera pas longtemps.



LA VALEUR DES CHOSES ET DES GENS

Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 100 francs. Il demande aux gens :

– Qui aimerait avoir ce billet ?

Les mains commencent à se lever alors il dit :

– Je vais donner ce billet de 100 francs à quelqu’un de vous mais avant laissez-moi faire quelque chose avec.

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :

– Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ?

Les mains continuent à se lever.

– Bon, d’accord, mais que se passera-t-il si je fais cela.

Il jette le billet froissé par terre et saute à pied joints dessus, l’écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher.

Ensuite il demande :

– Qui veut encore avoir ce billet ?

Évidemment, les mains continuent de se lever !

– Mes amis, vous venez d’apprendre une leçon… Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n’a pas changé, il vaut toujours 100 francs. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés, souillés par les gens ou par les événements. Vous aurez l’impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n’aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment ! La valeur d’une personne ne tient pas à ce que l’on a fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte.



LA RESPONSABILITÉ

Un maître voyageait avec un disciple chargé de s’occuper du chameau. Le soir, en arrivant à l’auberge, le disciple était tellement fatigué qu’il n’attacha pas l’animal.

Mon Dieu, pria-t-il en se couchant, prends-en soin, je te le confie.

Le lendemain matin, le chameau ayant disparu, le maître voulut savoir où il se trouvait.

Je l’ignore, répondit le disciple, il faut interroger Allah ! Hier soir, j’étais très fatigué et lui ai confié notre monture. Ce n’est pas ma faute si ce chameau s’est enfui ou a été volé. J’ai très explicitement demandé à Dieu de le surveiller. C’est lui le responsable. Ne nous avez-vous pas souvent exhortés à faire confiance à Allah ?

Aie confiance en Allah, mais entrave d’abord ton chameau, répondit le maître. Car Dieu n’a d’autres mains que les tiennes. Pour attacher le chameau, Dieu a besoin de mains. Or, c’est votre chameau. La meilleure solution est par conséquent d’utiliser vos propres mains. Faites d’abord tout ce qui est en votre pouvoir, laissez ensuite les résultats à Dieu et acceptez ce qui arrivera.



POESIE D’UN AFRICAIN

Cher frère blanc
Quand je suis né, j’étais noir
Quand j’ai grandi, j’étais noir
Quand je vais au soleil, je suis noir
Quand je suis malade, je suis noir
Quand je mourrai, je serai noir.
Tandis que toi, homme blanc
Quand tu es né, tu étais rose
Quand tu as grandi, tu étais blanc
Quand tu vas au soleil, tu es rouge
Quand tu as froid, tu es bleu
Quand tu as peur, tu es vert
Quand tu es malade, tu es jaune
Quand tu mourras, tu seras gris
Et après, tu as le toupet de m’appeler 
Homme de couleur !



QUAND JE TE DEMANDE – JACQUES SALOME

Quand je te demande de m’écouter et que tu commences à me donner des conseils, je ne me sens pas entendu.

Quand je te demande de m’écouter et que tu me poses des questions, quand tu argumentes, quand tu tentes de m’expliquer ce que je ressens ou ne devrais pas ressentir, je me sens agressé.

Quand je te demande de m’écouter et que tu t’empares de ce que je dis pour tenter de résoudre ce que tu crois être mon problème, aussi étrange que cela puisse paraître, je me sens encore plus en perdition.

Quand je te demande ton écoute, je te demande d’être là, au présent, dans cet instant si fragile où je me cherche dans une parole parfois maladroite, inquiétante, injuste ou chaotique.

J’ai besoin de ton oreille, de ta tolérance, de ta patience pour me dire au plus difficile comme au plus léger. Oui simplement m’écouter… sans excusation ou accusation, sans dépossession de ma parole.

Ecoute, écoute-moi ! Tout ce que je te demande c’est de m’écouter. Au plus proche de moi. Simplement accueillir ce que je tente de te dire, ce que j’essaie de me dire.

Ne m’interromps pas dans mon murmure, n’ai pas peur de mes tâtonnements ou de mes imprécations.

Mes contradictions comme mes accusations, aussi injustes soient-elles, sont importantes pour moi. Par ton écoute, je tente de dire ma différence, j’essaie de me faire entendre surtout de moi-même. J’accède ainsi à une parole propre, celle dont j’ai été longtemps dépossédé.

Oh non, je n’ai pas besoin de conseils !

Je peux agir par moi-même et aussi me tromper. Je ne suis pas impuissant, parfois démuni, découragé, hésitant, pas toujours impotent. Si tu veux faire pour moi, tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation et renforces peut-être ma dépendance.

Quand je me sens écouté, je peux enfin m’entendre. Quand je me sens écouté, je peux entrer en reliance. Etablir des ponts, des passerelles incertaines entre mon histoire et mes histoires. Relier des événements, des situations, des rencontres ou des émotions pour en faire la trame de mes interrogations. Pour tisser ainsi l’écoute de ma vie.

Oui ton écoute est passionnante.

S’il te plaît écoute et entends-moi.

Et si tu veux parler à ton tour, attends juste un instant que je puisse terminer et je t’écouterai à mon tour, mieux, surtout si je me suis senti entendu.



UN SOURIRE – GHANDI

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.

Il enrichit ceux qui le reçoivent, sans appauvrir ceux qui le donnent.

Il ne dure qu’un instant, mais son souvenir est parfois éternel.

Personne n’est assez riche pour pouvoir s’en passer et personne n’est trop pauvre pour ne pas le mériter.

Il crée le bonheur au foyer, est un soutien dans les affaires et le signe sensible de l’amitié.

Un sourire donne du repos à l’être fatigué, rend du courage aux plus découragés, console dans la tristesse.

Cependant il ne peut ni s’acheter, ni se prêter, ni se voler.

Car c’est une chose qui n’a de valeur qu’à partir du moment qu’il se donne.

Et si quelquefois vous rencontrez une personne qui ne vous donne pas le sourire que vous méritez, soyez généreux, donnez-lui le vôtre, car nul n’a autant besoin d’un sourire que celui qui ne peut pas en donner aux autres.



CHACUN SA VERITE

Cela se passait en Inde. Un maître spirituel enseignait depuis des années à plusieurs disciples, dont quatre étaient aveugles. Ces quatre disciples étaient très zèles et suivaient scrupuleusement l’enseignement de leur maître. Cela durait déjà depuis fort longtemps et nos quatre disciples commençaient à se demander si un jour ils arriveraient finalement à l’illumination promise. Ils se réunirent donc pour échanger leur préoccupation, et décidèrent qu’ils devaient rencontrer leur maître et lui parler franchement. Ils s’en furent donc aux pieds du maître, et là, osèrent lui poser la question.

« Maître, nous suivons fidèlement votre enseignement depuis des années. Quand obtiendrons-nous l’illumination ? Nous devons être fins prêts, ne pensez-vous pas ? »

Le maître les regarda quelques instants tous les quatre, puis parut prendre sa décision. « Très bien, leur dit-il, je vois que votre désir d’entrer en union avec la Mère Divine est grand. Aussi, je vais vous donner dès aujourd’hui, une possibilité de démontrer votre capacité de recevoir de telles énergies sublimes. »

A ces mots les disciples tressaillirent de joie, mais ils s’attendaient bien sûr à une épreuve d’envergure.

« Etes-vous prêts ? »  leur demanda le maître.

« Oui, certainement, » répondirent les disciples en cœur. « Dites-nous ce qu’il faut faire, et nous le ferons. »

« Dans la forêt voisine, il y a une clairière et dans cette clairière, il y a un éléphant. Vous allez vous rendre dans la clairière. Je sais que vous n’avez jamais vu un éléphant puisque vous êtes aveugles de naissance. Mais vous allez entrer en contact avec l’éléphant à l’aide des sens qui vous sont disponibles, et dans une heure vous reviendrez, chacun de vous, me faire une description de l’éléphant. Allez. »

Les disciples étaient bien surpris ; l’épreuve était ridiculement simple. Ils pensèrent qu’après leurs longues années d’études auprès du maître, ils étaient enfin prêts. Ceci n’était qu’une formalité. Ils s’en furent donc joyeusement dans la clairière et là, chacun entra en contact avec l’éléphant.

Le premier prit la queue. Il pensa alors : « Un éléphant cela vit dans les airs. C’est rond et long et ça se termine par une petite touffe de poils. Très bien, je sais ce que c’est un éléphant. »

Le deuxième, lui, prit la patte, et la tâta de ses mains. Il pensa : « Un éléphant c’est gros et rugueux comme un arbre, cela a une peau très épaisse et plissée, et cela vit par terre. Très bien, je sais ce qu’est un éléphant. »

Le troisième saisit la trompe, et eut son expérience de l’éléphant, comme le quatrième qui prit l’oreille.

Tout heureux, sûrs d’eux et bavardant d’une chose et d’une autre, ils retournèrent auprès du maître à l’heure prévu. Le maître leur demanda alors : « Qui peut me dire ce qu’est un éléphant ? »

Le premier, ne pouvant contenir de joie, lui dit sans attendre : « Maître, un éléphant cela vit dans les airs. C’est rond et long, assez doux et ça se termine par une petite touffe de poils. »

« Pas du tout, s’empressa de répliquer le deuxième, un éléphant c’est gros et rugueux comme un arbre, cela a une peau plissée, et cela vit par terre. »

« Absolument par ! s’écria le troisième. Je vais vous dire, Maître, ce qu’est un éléphant. » Et il entreprit de décrire la trompe.

Avant qu’il n’ait fini sa description, le quatrième, qui ne pouvait plus contenir son impatience, l’interrompit pour donner sa propre description de l’éléphant, à savoir l’oreille. Mais il ne put finir lui-même car les trois autres protestèrent, chacun défendant sa perception, et une grosse dispute commença.

Le Maître les laissa se quereller un moment puis, comme cela n’en finissait pas, il réclama le silence pour leur faire savoir que l’illumination, ce n’était décidément pas pour aujourd’hui.



LA PHILOSOPHIE DE MICHEL

Michel était du genre insupportable : toujours de bonne humeur, rien que des mots positifs à la bouche.

Quand quelqu’un lui demandait : Comment vas-tu ?

Il répondait : Pour aller mieux, il faudrait que je sois deux !

Il était d’un naturel motivant. Lorsqu’un employé passait une sale journée, Michel lui montrait comment voir le bon côté des choses.

A force d’observer son attitude, cela m’a rendu curieux. Aussi, un jour, je suis allé le voir et lui ai demandé : Je ne comprends pas ! Tu ne peux tout de même pas être positif tout le temps ! Comment tu fais ?

Michel m’a répondu : Chaque matin, je me réveille et je me dis que j’ai le choix : soit je décide d’être de bonne humeur ou d’être de mauvais poil. Et je choisis de me lever du bon pied. Chaque fois que quelque chose de négatif m’arrive, je peux décider d’être une victime ou d’en apprendre quelque chose. Et je choisis d’en tirer une leçon. Chaque fois que quelqu’un vient se plaindre chez moi, je peux accepter ses doléances ou mettre l’accent sur l’aspect positif de la vie. Je choisis le bon côté.

C’est bien, mais pas facile, ai-je protesté…

Mais oui ça l’est ! m’a répondu Michel. La vie est faite de choix. A la base, chaque situation est un choix. Tu choisis la façon dont tu y réagis. Tu choisis comment les gens vont t’affecter. Tu choisis d’être de bonne ou de mauvaise humeur. En bref, tu choisis comment tu vis ta vie.

J’ai réfléchi à ce que Michel me disait. Peu après, j’ai quitté mon travail et j’ai démarré une activité indépendante. Nous nous sommes perdus de vue. Mais je pensais souvent à lui lorsque je devais faire un choix plutôt que de réagir à une situation.

Quelques années plus tard, j’ai appris que Michel avait eu un grave accident : une chute d’environ 18 mètres depuis une tour. Après 18 heures d’opération et des semaines de soins intensifs, Michel quittait l’hôpital avec des tiges dans le dos.

Je l’ai revu 6 mois plus tard. Quand je lui ai demandé comment il allait, il m’a répondu : Pour aller mieux, il faudrait que je sois deux ! Tu veux voir mes cicatrices ?

J’ai décliné sa proposition, et l’ai plutôt interrogé sur ce qui lui avait traversé l’esprit durant l’accident.

La première chose à laquelle j’ai pensé était au bien-être de ma fille qui allait naître, m’a répondu Michel. Puis je me suis retrouvé étendu sur le sol, je me suis rappelé que j’avais deux choix : je pouvais décider de mourir ou décider de vivre. J’ai décidé de vivre.

Est-ce que tu as eu peur ? Est-ce que tu t’es évanoui ? lui ai je demandé.

Michel a continué : Les ambulanciers ont été super ! Ils n’arrêtaient pas de me dire que tout irait bien. Mais en arrivant aux urgences, j’ai vu l’expression sur les visages des médecins et des infirmières. Et là je me suis vraiment inquiété. Dans leurs yeux, j’ai lu : il est mourant. J’ai su que je devais intervenir.

Alors qu’est-ce que tu as fait ? lui ai-je demandé ?

Il y avait une imposante infirmière qui me bourrait de questions, continua Michel. Elle me demandait si j’étais allergique à quoi que ce soit. Je lui ai dit que oui. Docteurs et infirmières se sont arrêtés, attendant ma réponse. J’ai pris une profonde respiration et j’ai crié : je suis allergique au sérieux. Ils avaient beau dire, je leur ai expliqué que j’avais choisi de vivre et que je souhaitais qu’ils agissent avec moi comme si j’étais vivant et non mort.

Michel a survécu, grâce aux compétences de ses médecins d’une part mais aussi à son incroyable attitude. J’ai retenu de lui que chaque jour nous avons le choix de vivre pleinement. En fait, tout est dans l’attitude. Par conséquent, le dicton s’applique: Ne t’en fais pas pour demain car c’est un autre jour. Et à chaque jour suffit sa peine.



LES CHOSES NE SONT PAS TOUJOURS CE QU’ELLES PARAISSENT

Deux anges s’arrêtèrent pour passer la nuit dans la maison d’une famille aisée.

La famille était mauvaise et refusa que les anges demeurent dans la chambre d’amis de la maison. À la place, ils laissèrent les anges dormir dans une petite pièce dans le sous-sol froid.

Pendant qu’ils faisaient leur lit sur le sol dur, le plus âgé des anges aperçut un trou dans le mur et le répara.

Quand le plus jeune des anges demanda pourquoi, le plus âgé des anges répliqua :  » Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent ».

La nuit suivante, nos compères arrivèrent pour se reposer dans une maison où les gens étaient vraiment pauvres mais où le fermier et sa femme étaient très hospitaliers.

Après avoir partagé le peu de nourriture qu’ils avaient, le couple laissa les anges dormir dans leur lit pour qu’ils aient une bonne nuit de sommeil ?

Lorsque le soleil se leva le lendemain matin, les anges trouvèrent le fermier et sa femme en larmes. Leur unique vache, de laquelle le lait était une bénédiction gisait morte sur le sol.

Le plus jeune des anges était furieux et demanda au plus âgé des anges comment il avait pu laisser faire cela ?

 » Le premier homme avait tout et tu l’as aidé « , accusa l’ange.  » La deuxième famille avait peu mais était disposée à tout partager et tu as laissé sa vache mourir. « 

 » Les choses ne sont pas toujours comme elles paraissent, » répliqua le plus vieux des anges « Quand nous sommes restés dans le sous-sol de la maison, je me suis aperçu qu’il y avait de l’or rangé dans ce trou dans le mur. Étant donné que le propriétaire était tellement obsédé par la haine et qu’il ne voulait pas partager sa fortune, j’ai scellé le trou afin qu’il ne retrouve plus son or ».

Et, la nuit dernière, lorsque nous étions endormis dans la chambre du fermier, l’ange de la mort est venue chercher sa femme. Je lui ai donné la vache à la place. Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent ».



N’ATTENDEZ PAS JUSQU’A DEMAIN

Il était une fois… un garçon qui naquit malade. D’une maladie qui n’avait pas de cure. Il avait 17 ans et pouvait mourir à n’importe quel moment.

Il vivait toujours chez sa mère, sous l’attention de cette dernière. C’était dur et il décida de partir seul pour une fois.

Il demanda la permission à sa mère qui la lui donna.

En marchant dans son quartier il vit beaucoup de boutiques. En passant devant un magasin de musique et en regardant la vitrine, il nota la présence d’une fille très tendre de son âge. Ce fut le coup de foudre. Il ouvrit la porte et entra en ne regardant qu’elle. En s’approchant peu à peu, il arriva au comptoir où elle se trouvait.

Elle le regarda et lui demanda en souriant :  » Je peux t’aider ? »

Il pensa que c’était le sourire le plus beau qu’il avait vu de toute sa vie. Il sentit le désir de l’embrasser en ce même instant. Il lui dit en bégayant : « Oui, heeeuuu,… J’aimerais acheter un CD ».

Sans réfléchir, il prit le premier qu’il vit et lui donna l’argent.

 » Tu veux que je te l’emballe ? » Demanda la fille en souriant de nouveau.

Il répondit que oui, en bougeant la tête, et elle alla dans l’arrière-boutique pour revenir avec le paquet emballé et le lui remettre. Il le prit et sortit du magasin. Il s’en alla à sa maison, et depuis ce jour, dorénavant, il alla au magasin tous les jours pour acheter un CD.

Elle les lui emballait toujours, la fille pour qu’ensuite il les emporte à sa maison et les mette dans son armoire.

Il était trop timide que pour l’inviter à sortir, et, même s’il essayait, Il n’y arrivait pas.

Sa mère fut mise au courant de cela et tenta de l’encourager à s’aventurer, de sorte que le jour suivant il s’arma de courage et se dirigea au magasin. Comme tous les autres jours, il acheta une fois de plus un CD, et comme toujours, elle s’en alla derrière pour l’emballer. Elle prit donc le CD et pendant qu’elle l’emballait, il laissa rapidement son numéro de téléphone sur le comptoir et s’en alla en courant du magasin.

Ringggg !!!

Sa mère répondit: « Allô ? »

C’était la fille qui demandait pour son fils et la mère inconsolable, commença à pleurer pendant qu’elle disait : « Quoi, tu ne sais pas ? Il est mort hier ».

Il y eut un silence prolongé, excepté les lamentations de la mère.
Plus tard, la maman entra dans la chambre de son fils pour se rappeler de lui. Elle décida de commencer par regarder ses vêtements de sorte qu’elle ouvrit son armoire. Elle eut la surprise de se heurter à des montagnes de CD emballés, aucun n’était ouvert.

Le fait de voir autant de CD la rendit curieuse et elle ne résista pas ; elle prit un CD et s’assit sur le lit pour l’ouvrir ; en faisant cela, un petit bout de papier tomba de la boîte plastique.

La maman le rattrapa et le lut, il disait : « Salut !!! T’es super mignon, tu veux sortir avec moi ? » TQM….Sofia.

Avec beaucoup d’émotion, la mère ouvrit un autre CD, encore d’autres et dans plusieurs se trouvaient des bouts de papier qui disaient la même chose….

Moralité : Ainsi est la vie, n’attend pas trop pour dire a quelqu’un de spécial ce que tu ressens. Dis le aujourd’hui, demain ça peut être trop tard.



LA JARRE IMPARFAIT

Un porteur d’eau indien avait deux grandes jarres suspendues aux 2 extrémités d’une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules.

L’une des jarres avait un éclat, et, alors que l’autre jarre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’à la maison du maître, l’autre jarre perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route.

Cela dura 2 ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d’eau ne livrait qu’une jarre et demi d’eau à chacun de ses voyages.

Bien sur, la jarre parfaite était fière d’elle, puisqu’elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille. 
Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable.

Au bout de 2 ans de ce qu’elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s’adressa au porteur d’eau, au moment ou celui-ci la remplissait à la source.

« Je me sens coupable, et je te prie de m’excuser. »

« Pourquoi ? » demanda le porteur d’eau. « De quoi as-tu honte ? »

« Je n’ai réussi qu’à porter la moitié de ma cargaison d’eau à notre maître, pendant ces 2 ans, à cause de cet éclat qui fait fuir l’eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l’eau. Tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts », lui dit la jarre abîmée.

Le porteur d’eau fut touché par cette confession, et, plein de compassion, répondit :
 »Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs magnifiques qu’il y a au bord du chemin ».

Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au cœur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitie de son eau.

Le porteur d’eau dit à la jarre : « T’es-tu rendu compte qu’il n’y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite ? C’est parce que j’ai toujours su que tu perdais de l’eau, et j’en ai tiré partie. J’ai planté des semences de fleurs de ton côté du chemin, et, chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. Pendant 2 ans, j’ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses. »



LA LETTRE A MON FILS – DALE CARNEGIE

Ecoute-moi mon fils. Tandis que je te parle, tu dors la joue dans ta menotte et tes boucles blondes collées sur ton front moite. Je me suis glissé seul dans ta chambre.

Tout à l’heure, tandis que je lisais mon journal dans le bureau, j’ai été envahi par une vague de remords. Et, me sentant coupable, je suis venu à ton chevet.

Et voilà à quoi je pensais, mon fils : je me suis fâché contre toi aujourd’hui. Ce matin, tandis que tu te préparais pour l’école, je t’ai grondé parce que tu te contentais de passer la serviette humide sur le bout de ton nez ; je t’ai réprimandé parce que tes chaussures n’étaient pas cirées ; j’ai crié quand tu as jeté tes jouets par terre.

Pendant le petit déjeuner, je t’ai encore rappelé à l’ordre : tu renversais le lait ; tu avalais les bouchées sans mastiquer ; tu mettais les coudes sur la table ; tu étalais trop de beurre sur ton pain. Et quand, au moment de partir, tu t’es retourné en agitant la main et tu m’as dit : « Au revoir, papa ! », je t’ai répondu, en fronçant les sourcils : « Tiens-toi droit ! »

Le soir, même chanson. En revenant de mon travail, je t’ai guetté sur la route. Tu jouais aux billes, à genoux dans la poussière ; tu avais déchiré ton pantalon. Je t’ai humilié en face de tes camarades, en te faisant marcher devant moi jusqu’à la maison… Les pantalons coûtent chers ; si tu devais les payer, tu serais sans doute plus soigneux !

Tu te rends compte, fils ? De la part d’un père ? Te souviens-tu ensuite ? Tu t’es glissé timidement, l’air malheureux, dans mon bureau, pendant que je travaillais. J’ai levé les yeux et je t’ai demandé avec impatience : « Qu’est-ce que tu veux ? »

Tu n’as rien répondu, mais, dans un élan irrésistible, tu as couru vers moi et tu t’es jeté à mon cou, en me serrant avec cette tendresse touchante que Dieu a fait fleurir en ton coeur et que ma froideur même ne pouvait flétrir… Et puis, tu t’es enfui, et j’ai entendu tes petits pieds courant dans l’escalier.

Eh bien ! mon fils, c’est alors que le livre m’a glissé des mains et qu’une terrible crainte m’a saisi. Voilà ce qu’avait fait de moi la manie des critiques et des reproches : un père grondeur ! Je te punissais de n’être qu’un enfant. Ce n’est pas que je manquais de tendresse, mais j’attendais trop de ta jeunesse. Je te mesurais à l’aune de mes propres années.

Et pourtant, il y a tant d’amour et de générosité dans ton âme. Ton petit coeur est vaste comme l’aurore qui monte derrière les collines. Je n’en veux pour témoignage que ton élan spontané pour venir me souhaiter le bonsoir. Plus rien d’autre ne compte maintenant, mon fils. Je suis venu à ton chevet, dans l’obscurité, et je me suis agenouillé là, plein de honte.

C’est une piètre réparation ; je sais que tu ne comprendrais pas toutes ces choses si tu pouvais les entendre. Mais, demain, tu verras, je serai un vrai papa ; je deviendrai ton ami ; je rirai quand tu riras, je pleurerai quand tu pleureras.

Et si l’envie de te gronder me reprend, je me mordrai la langue, je ne cesserai de me répéter, comme une litanie : 
 »Ce n’est qu’un garçon… un tout petit garçon ! »

J’ai eu tort, je t’ai traité comme un homme. Maintenant que je te contemple dans ton petit lit, las et abandonné, je vois bien que tu n’es qu’un bébé. Hier encore, tu étais dans les bras de ta mère, la tête sur son épaule… J’ai trop exigé de toi… Beaucoup trop…



LE BON VIEUX TEMPS

Te souviens-tu… 
Ferme tes yeux… Et recule dans le temps…

Avant Internet ou le Mac, avant les semi automatiques et le crack. 
Avant Sega ou Super Nintendo…

Recule plus loin dans le temps… 
Je parle de jouer à cache-cache au crépuscule. L’île aux enfants. L’épicerie du coin. La balle brûlée. Les cerceaux. Courir à travers l’arrosoir. L’odeur du soleil, lécher ses lèvres salées. Les lèvres et les moustaches de cire. Un cornet de crème glacée pendant une chaude soirée d’été. Chocolat, vanille, fraise ou pistache.

Attends… Regarder les dessins animés le samedi matin. Quand le coin de la rue semblait si loin. Et aller au centre ville était comme aller quelque part. Un million de piqûres de moustiques. Les doigts collants.

Grimper aux arbres. Construire des iglous dans des bancs de neige. Les batailles de boules de neige. Marcher à l’école, quelque soit la température. Courir jusqu’à être à bout de souffle. Rire si fort que ton estomac fait mal.

Sauter sur le lit. Les combats d’oreillers. Tourner sur soi-même, devenir étourdie et tomber était une cause certaine de fou rires. 
Etre fatigué d’avoir trop joué…

Te rappelles-tu de ça ?

La pire humiliation était d’être choisi le dernier dans une équipe. Les bombes à eau étaient armes ultimes. Des cartes dans les rayons transformaient les vélos en motocyclettes.

Je n’ai pas fini encore… Il n’était pas rare d’avoir deux ou trois meilleurs amis. Quand personne n’avait un chien de race. Quand vingt-cinq centimes était une allocation raisonnable… 
Quand presque toutes les mères étaient à la maison lorsque les enfants arrivaient de l’école.

Quand les filles ne sortaient ou n’embrassaient pas avant la fin du secondaire, (si encore). 
Quand n’importe quel parent pouvait discipliner n’importe quel enfant, ou le nourrir ou l’utiliser pour porter des sacs d’épicerie, et personne, pas même les enfants, ne trouvaient à redire contre ça.

Quand être envoyé au bureau du principal n’était rien comparé à ce qu’il allait arriver à l’étudiant turbulent de retour à la maison. 
Pratiquement, nous avions peur pour nos vies mais pas à cause de fusillades, drogues, bandes, etc. …

Nos parents et grands parents étaient une bien plus grande menace! et quelques uns d’entre nous ont encore un peu peur d’eux !!!

N’était-ce pas bon ?… 
Souviens-toi quand…

Les décisions étaient prises en faisant « am-stram-gram pic et pic et colégram. » 
Les erreurs étaient corrigées simplement en disant, « recommence! » 
Les problèmes financiers étaient réglés par celui qui était le banquier au Monopoly.

La chose la plus grave qu’on pouvait attraper du sexe opposé était un feu sauvage. 
Il était incroyable que la balle brûlée n’était pas une discipline olympique. 
Avoir une arme à l’école, voulait dire se faire attraper avec une sarbacanes faite avec une paille.

Personne n’était aussi belle que maman. 
Les éraflures étaient guéries par un bisou. 
Prendre de la drogue voulait dire une aspirine à mastiquer à saveur d’orange. 
La crème glacée était considérée comme une nourriture de base.

Recevoir un pied de neige était un rêve réalisé. 
Les talents étaient découverts par un « chique que t’ose pas! » 
Les plus vieux de la famille étaient les pires tourmenteurs, mais aussi les plus féroces défenseurs.

Si tu peux te rappeler tout ou presque tout ceci, alors… 
Tu as VECU !!!!



L’OS DU GIGOT

Dans la maison d’un jeune couple, la femme prépare le gigot pour le repas de midi. 
Elle prend une scie et coupe l’os du gigot avant de le disposer dans la lèchefrite.

Le mari, étonné demande à sa femme :

– Pourquoi coupes-tu l’os du gigot ?

– Mais parce que ma mère m’a appris à le faire de cette façon ?

Lors d’une visite chez sa belle-mère, le mari, curieux, pose la même question :

– Dites-moi belle-maman, pourquoi coupez-vous l’os du gigot ?

– Et bien, parce que ma mère me l’a montré ainsi ?

Heureusement pour le mari qui était d’un naturel curieux, la grand-mère vivait toujours. 
Ainsi, lors d’une rencontre avec l’aïeule, il demanda:

– Me permettez-vous, chère grand-mère de vous demander quelque chose ?

– Mais bien sûr mon petit…

– Votre petite fille et votre fille coupent l’os du gigot avant de le faire cuire et il semblerait que cette manière de faire vienne de vous, pouvez-vous m’en donner la raison ?

– Et bien vois-tu, quand nous étions jeunes mariés, mon époux et moi-même étions très pauvres. Le plat dans lequel je faisais cuire le gigot était trop petit pour contenir le morceau entier. 
C’est pour cela que je devais couper l’os de gigot…



LE PETIT CHIEN BOITEUX

Le gérant d’une boutique clouait une pancarte au-dessus de sa porte, sur laquelle on pouvait lire:

« Chiots à vendre ».

Comme les affiches ont la faculté d’attirer les enfants, bientôt un petit garçon fut séduit par l’annonce et demanda : « À quel prix vendez-vous ces chiots » ?

Le propriétaire du magasin répondit : « Autour de 30 à 50 dollars ».

Le petit garçon chercha dans sa poche et sortit de la monnaie.

« J’ai 2 dollars 37. Est-ce que je peux les regarder  » ?

Le propriétaire du magasin sourit et siffla sa chienne, nommée Lady, courut hors du chenil vers l’allée de sa boutique, suivie par cinq petits chiots.

Mais un des chiots restait loin derrière. Immédiatement, le petit garçon sélectionna le chiot boiteux resté à l’arrière. 
Il demanda : « De quoi souffre ce petit chien, monsieur  » ?

L’homme expliqua qu’à sa naissance, le vétérinaire lui avait annoncé que le chiot avait une malformation de la hanche, le laissant boiter pour le restant de sa vie.

Le petit garçon devint vraiment enthousiasmé et dit : « C’est le chiot que je veux acheter  » !

L’homme répondit : « Mais non ! Tu ne peux pas acheter ce petit chien, voyons ! Si tu le veux vraiment, je te le donne  » !

Le petit garçon vint bouleversé. 
Il regarda l’homme droit dans les yeux et dit : « Je ne veux pas que vous me le donniez. Il vaut tout autant que les autres chiens et je vous paierai le plein prix. En fait, je vous donnerai 2 dollars 37 aujourd’hui et 50 cents chaque mois, jusqu’à ce que j’aie fini de le payer ».

L’homme répondit : « Tu ne veux pas acheter ce chiot pour vrai ? Il ne sera jamais capable de courir, de sauter et de jouer. Tu devrais aimer d’autres chiots  » !

Alors le petit garçon se pencha vers le bas, il roula la manche de son pantalon et montra une jambe malade, tordue, estropiée, supportée par une grande tige de métal.

Il regarde l’homme et dit : « Bien, je ne cours pas si bien et le petit chiot aura besoin de quelqu’un qui le comprenne ».

L’homme mordit sa lèvre inférieure… des larmes lui piquaient les yeux. 
Il sourit au garçon et lui dit : « Mon garçon, j’espère et prie que chacun de ces chiots trouve un propriétaire tel que toi.



LA GRENOUILLE QUI MONTAIT LA TOUR

Il était une fois un peuple de grenouilles qui organisa un concours. L’objectif était d’arriver en haut d’une grande tour.

Beaucoup de supporters se rassemblèrent pour voir la course et soutenir les participantes.
Et la course commença. Mais personne n’y croyait vraiment. Une grenouille ça n’est pas fait pour grimper… aucune n’atteindra jamais la cime.

Les gens disaient : C’est pas la peine, elles n’y arriveront jamais !

Les grenouilles commencèrent à se résigner. Mais quelques unes continuaient…
 Et les gens disaient encore : C’est pas la peine, elles n’y arriveront jamais !

Et les grenouilles petit à petit s’avouèrent vaincues. Il y en avaient qui insistaient, insistaient.

A la fin, il n’en resta qu’une qui avec un énorme effort, atteignit le haut de la tour.

Les autres voulurent savoir comment elle avait fait. Elles s’approchèrent pour le lui demander.

Et on découvrit… qu’elle était SOURDE!



ON VENAIT CHEZ UN RABBI

On venait chez un rabbi et lui demandait : 
Comment arrives-tu à être si calme même si tu as beaucoup de travail ?

Il disait : 
Quand je suis debout, je suis debout… 
Quand je marche, je marche… 
Quand je suis assis, je suis assis… 
Quand je mange, je mange… 
Quand je parle, je parle…

Alors ceux qui lui avaient demandé une réponse disaient : 
C’est aussi ce que nous faisons. 
Mais qu’est-ce que toi tu fais en plus de ça ?

Et il répétait : 
Quand je suis debout, je suis debout… 
Quand je marche, je marche… 
Quand je suis assis, je suis assis…
 Quand je mange, je mange… 
Quand je parle, je parle…

Et là de nouveau les gens disaient : 
Mais c’est ce que nous faisons aussi. 
Et il répondait alors : 
Non, quand vous êtes assis, vous êtes déjà en train de vous lever
. Quand vous êtes debout, vous êtes déjà en train de marcher. 
Quand vous marchez, vous êtes déjà au but…



LES 3 FILTRES DE SOCRATE

Un jour, un homme arriva, très agité, auprès de Socrate, le sage :

– Ecoute, Socrate, en tant qu’ami il faut que je te raconte…

– Arrête. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois filtres ?

– Les trois filtres ?

– Oui, mon ami : trois filtres ! Le premier est celui de la vérité. As-tu examiné si tout ce que tu veux me raconter est bien vrai ?

– Non, je l’ai seulement entendu raconter et…

– Bien, bien. L’as-tu au moins fait passer à travers le second filtre, celui de la bonté ? Est-ce que, même si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce que ce que tu voudrais me raconter est au moins quelque chose de bien et de bon ?

– Non, Je dirais même au contraire…

– Eh bien, passons maintenant ce que tu voulais me dire à travers le troisième filtre : Demandons-nous s’il est vraiment utile de me raconter ce qui t’agite tant.

– Utile ? Euh, pas précisément…

– Eh bien, dit Socrate, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, oublie-le et ne t’en soucie pas plus que moi !



QUEL ANE

Un jour, l’âne d’un fermier est tombé dans un puits.

L’animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire.

Finalement, il a décidé que l’animal était vieux et le puits devait disparaître de toute façon, ce n’était pas rentable pour lui de récupérer l’âne.

Il a invité tous ses voisins à venir et à l’aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer le puits.

Au début, l’âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier terriblement. Puis, à la stupéfaction de chacun, il s’est tu.

Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu’il a vu. Avec chaque pelleté de terre qui tombait sur lui, l’âne faisait quelque chose de stupéfiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.

Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l’animal, il se secouait et montait dessus.
Bientôt, chacun a été stupéfié que l’âne soit hors du puits et se mit à trotter !



LA CAVERNE DE PLATON

Représente-toi donc des hommes qui vivent dans une sorte de demeure souterraine en forme de caverne, possédant, tout au long de la caverne, une entrée qui s’ouvre largement du côté du jour; à l’intérieur de cette demeure ils sont, depuis leur enfance, enchaînés par les jambes et par le cou, en sorte qu’ils restent à la même place, ne voient que ce qui est en avant d’eux, incapables d’autre part, en raison de la chaîne qui tient leur tête, de tourner celle-ci circulairement.

Quant à la lumière, elle leur vient d’un feu qui brûle en arrière d’eux, vers le haut et loin. Or entre ce feu et les prisonniers, imagine la montée d’une route, en travers de laquelle il faut te représenter qu’on a élevé un petit mur qui la barre, pareil à la cloison que les montreurs de marionnettes placent devant les hommes qui manoeuvrent celles-ci et au-dessus de laquelle ils présentent ces marionnettes aux regards du public.

– Je vois ! dit-il.

– Alors, le long de ce petit mur, vois des hommes qui portent, dépassant le mur, toutes sortes d’objets fabriqués, des statues, ou encore des animaux en pierre, en bois, façonnés en toute sorte de matière; de ceux qui le longent en les portant, il y en a, vraisemblablement, qui parlent, il y en a qui se taisent.

– Tu fais là, dit-il, une étrange description et tes prisonniers sont étranges !

– C’est à nous qu’ils sont pareils ! répartis-je. Peux-tu croire en effet que des hommes dans leur situation, d’abord, aient eu d’eux-mêmes et les uns des autres aucune vision, hormis celle des ombres que le feu fait se projeter sur la paroi de la caverne qui leur fait face?

– Comment en effet l’auraient-ils eue, dit-il, si du moins ils ont été condamnés pour la vie à avoir la tête immobile ?

– Et à l’égard des objets portés le long du mur, leur cas n’est-il pas identique ?

– Évidemment ! (…)

– Et, si en outre il y avait dans la prison un écho provenant de la paroi qui leur fait face ? Quand parlerait un de ceux qui passent le long du petit mur, croiras-tu que ces paroles, ils pourront les juger émanant d’ailleurs que de l’ombre qui passe le long de la paroi ?

– Par Zeus, dit-il, ce n’est pas moi qui le croirai !

– Dès lors, repris-je, les hommes dont telle est la condition ne tiendraient, pour être le vrai, absolument rien d’autre que les ombres projetées par les objets fabriqués.

– C’est tout à fait forcé ! dit-il.

– Envisage donc, repris je, ce que serait le fait, pour eux, d’être délivrés de leurs chaînes, d’être guéris de leur déraison, au cas où en vertu de leur nature ces choses leur arriveraient de la façon que voici. Quand l’un de ces hommes aura été délivré et forcé soudainement à se lever, à tourner le cou, à marcher, à regarder du côté de la lumière; quand, en faisant tout cela, il souffrira; quand, en raison de ses éblouissements, il sera

impuissant à regarder lesdits objets, dont autrefois il voyait les ombres, quel serait, selon toi, son langage si on lui disait que, tandis qu’autrefois c’étaient des billevesées qu’il voyait, c’est maintenant, dans une bien plus grande proximité du réel et tourné vers de plus réelles réalités, qu’il aura dans le regard une plus grande rectitude ? et non moins naturellement, si, en lui désignant chacun des objets qui passent le long de la crête du mur, on le forçait de répondre aux questions qu’on lui poserait sur ce qu’est chacun d’eux ?

Ne penses-tu pas qu’il serait embarrassé ? qu’il estimerait les choses qu’il voyait autrefois plus vraies que celles qu’on lui désigne maintenant ?

– Hé oui ! dit-il, beaucoup plus vraies !

– Mais, dis-moi, si on le forçait en outre à porter ses regards du côté de la lumière elle-même, ne penses-tu pas qu’il souffrirait des yeux, que, tournant le dos, il fuirait vers ces autres choses qu’il est capable de regarder, qu’il leur attribuerait une réalité plus certaine qu’à celles qu’on lui désigne ?

– Exact ! dit-il.



NOTRE PERE

HOMME : « Notre Père qui es aux cieux.
DIEU : Oui… Me voici…

HOMME : S’il vous plait, ne m’interrompez pas… je, prie !
DIEU : Mais, tu m’as appelé… !

HOMME : Appelé? Je n’ai appelé personne. Je prie… « Notre Père qui es aux cieux… »
DIEU : Ah!!! C’est encore toi?

HOMME : Comment ?
DIEU : Tu m’as appelé ! Tu as dit : « Notre Père qui es aux cieux ». Me voici. Que puis-je faire pour toi?

HOMME : Je n’ai pas voulu appeler. Je prie. Je dis le Notre Père tous les jours, je me sens bien de le faire. C’est comme accomplir un devoir. Et je ne me sens pas bien si je ne le fais pas.
DIEU : Mais comment peux-tu dire Notre Père, sans penser que tous sont tes frères? Comment peux-tu dire « Qui es aux cieux » si tu ne sais pas que le ciel c’est la paix, que le ciel c’est l’amour pour tous ?

HOMME : C’est que réellement je n’y avais pas pensé.
DIEU : Mais… Continue ta prière.

HOMME : Que ton Nom soit sanctifié…
DIEU : Attends un peu! Que veux-tu dire par là ?

HOMME : Je veux dire… Je veux dire… ce que ça veut dire, comment puis-je le savoir ? C’est simplement une partie de la prière !
DIEU : « Sanctifié » veut dire reconnu comme vrai père, qui donne vie à tout être, qui est digne de respect, saint, sacré…, qui met toute sa confiance en moi et non dans les compagnies d’assurance du monde.

HOMME : Maintenant, je comprends. Mais je n’avais jamais pensé au sens du mot SANCTIFIÉ.
HOMME : Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… »
DIEU : Es-ce que tu parles sérieusement ?

HOMME : Bien sur! Pourquoi pas ?
DIEU : Et que fais-tu pour que cela se fasse ?

HOMME : Comment, qu’est-ce que je fais? Rien! C’est une partie de la prière… Mais, à propos, ce serait bien que tu aies un peu le contrôle de ce qui arrive au ciel et sur la terre aussi.
DIEU : Est-ce que j’ai un peu le contrôle de ta vie ?

HOMME : Eh bien… je vais à l’église !
DIEU : Ce n’est pas cela que je demande ! Et la façon dont tu traites tes frères humains, la façon dont tu dépenses ton argent, le temps que tu accordes à a télévision, à Internet, les publicités que tu poursuis, et le peu de temps que tu me consacres ?

HOMME : S’il te plait, arrête tes critiques !
DIEU : Excuse-moi. Je pensais que tu me demandais que ma volonté s’accomplisse. Si cela devait se faire… que faire avec ceux qui prient et acceptent ma volonté, le froid, la chaleur, la pluie, la nature, la communauté…

HOMME : C’est vrai, tu as raison. Je n’accepte pas ta volonté, puisque je me plains de tout: si tu envois la pluie, je veux le soleil, si j’ai le soleil, je me plains de la chaleur; s’il fait froid, je continue de me plaindre; je demande la santé, et je n’en prends pas soin, je me nourris mal, je mange peu ou je mange trop…
DIEU : C’est bien de le reconnaître. On va travailler ensemble, toi et moi. On va avoir des victoires et des défaites. J’aime ta nouvelle attitude.

HOMME : Écoute, Seigneur… Il faut que je finisse maintenant. Cette prière prend beaucoup plus de temps que d’habitude… Je continue: « Donne-nous notre pain de ce jour… »
DIEU : Arrête! Me demandes-tu du pain matériel ? L’homme ne vit pas de pain seulement, il vit aussi de Ma Parole. Quand tu me demandes du pain, souviens-toi de tous ceux qui n’en ont pas. Tu peux me demander ce que tu veux, considère-moi comme un Père aimant ! Maintenant, je m’intéresse à la suite de ta prière…

HOMME : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé… »
DIEU : et le frère (ou la soeur) que tu méprises ?

HOMME : Seigneur! Il m’a trop critiqué, et ce n’était pas vrai. Maintenant, je n’arrive plus à lui pardonner. J’ai besoin de me venger…
DIEU : Mais… que veux-tu dire alors dans ta prière Tu m’as appelé et je suis à. Je désire que tu sortes d’ici transformé. J’aimerais que tu sois honnête. Mais ce n’est pas bon de porter le poids de la colère dans ton coeur. Tu comprends ?

HOMME : Je comprends que je me sentirais mieux si je pouvais me venger…
DIEU : Non! Tu vas te sentir moins bien. La vengeance n’est pas si bonne qu’elle le paraît. Pense à la tristesse que tu vas provoquer, pense à ta tristesse actuelle. Je peux changer tout pour toi. Il suffit que tu le désires vraiment…

HOMME : Tu peux ? Et comment ?
DIEU : Pardonne à ton frère; et tu pourras goûter à mon pardon. Tu seras soulagé…

HOMME : Mais, Seigneur! J’en suis incapable !
DIEU : Alors, ne dis pas cette prière…!

HOMME : Tu as raison ! Je voulais simplement me venger, mais ce que je veux vraiment c’est la paix ! Alors, ça va, je pardonne à tout le monde, mais viens à mon aide ! Montre-moi le chemin à suivre.
DIEU : Ce que tu demandes est merveilleux ! Je suis heureux avec toi… Et toi, comment te sens-tu maintenant ?

HOMME : Bien, vraiment bien ! A vrai dire, je ne m’étais jamais senti aussi bien… Cela fait du bien de parler avec Dieu…
DIEU : Maintenant, finissons la prière. Continue…

HOMME : « Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du mal… »
DIEU : Excellent ! Je vais le faire, mais ne te mets pas dans des situations où tu peux être tenté.

HOMME : Et maintenant, que veux-tu dire par là ?
DIEU : Cesse de marcher en compagnie de personnes qui te conduisent à participer à des affaires sales, cachées… Abandonne la méchanceté, la haine. Tout cela conduit vers des chemins trompeurs… N’utilise pas tout cela comme des sorties d’urgence…

HOMME : Je ne te comprends pas !
DIEU : Bien sûr que tu comprends ! Tu as fait cela plusieurs fois avec moi. Tu prends des chemins erronés et puis tu cries au secours.

HOMME : J’en suis honteux, Seigneur, pardonne-moi !

DIEU : Évidemment, je te pardonne ! Je pardonne toujours à celui qui est disposé à pardonner aussi. Mais quand tu m’appelleras de nouveau, souviens-toi de notre conversation, pense aux paroles que tu me dis ! Finis ta prière maintenant.

HOMME : Finir ? Ah, oui, « AMEN ! »
DIEU : et que veut dire. « Amen » ?

HOMME : Je ne sais pas. C’est la fin de la prière.
DIEU : Tu diras AMEN quand tu acceptes ce que je veux, quand tu es en accord avec ma volonté, quand tu suis mes commandements, car AMEN veut dire AINSI SOIT-IL, d’accord avec ce que l’on vient de dire…

HOMME : Merci, Seigneur de m’apprendre cette prière, et maintenant, merci aussi de m’en donner l’explication…
DIEU : J’aime tous mes enfants, et je préfère ceux qui veulent sortir de l’erreur, qui veulent se libérer du péché. Je te bénis ! Reste dans ma paix !

HOMME : Merci, Seigneur! Je suis heureux de savoir que tu es mon AMI !



MONSIEUR ET MADAME PRESUME

Monsieur et madame Présume s’aimaient tendrement. Un beau soir, monsieur Présume eut un violent mal de dos. Il présuma que cela allait guérir sans médicaments et il présuma que s’il le disait à madame Présume, elle s’inquiéterait, alors il ne le fit pas.

Madame Présume constata qu’il avait l’air distant. Elle présuma qu’il avait des soucis et qu’il ne voulait pas les partager avec elle. Elle présuma que si elle lui demandait ce qui n’allait pas, il ne le dirait pas, alors elle n’en fit rien.

Monsieur Présume présuma que madame Présume était trop centrée sur sa petite personne pour s’apercevoir qu’il ne se sentait pas du tout bien et il fut un peu vexé. Il dit  » bonsoir  » et monta se coucher, un peu fâché.

Madame Présume présuma qu’il était fatigué d’être en sa compagnie et elle présuma qu’il valait mieux le laisser seul avec ses pensées. Elle répondit  » bonsoir.  » Ils demeurèrent là, un peu fâchés, couchés dos à dos. Les deux ruminèrent leurs présomptions et s’endormirent très tard et très frustrés.

Le matin arriva rapidement et lorsque la sonnerie du réveil se fit entendre, monsieur Présume, qui manquait de sommeil, rageait. Il présuma que madame Présume, elle, avait bien dormi et présuma qu’elle ne voulait pas se lever pour déjeuner avec lui, parce qu’elle préférait se prélasser au lit.

Madame Présume sentant, par les mouvements brusques de monsieur Présume, qu’il était marabout, présuma qu’il aimait mieux ne pas avoir à parler à personne et elle fit semblant de dormir pour le laisser en paix.

Cet avant-midi là, il y eut trois appels téléphoniques chez les Présume et, chaque fois que madame Présume répondait  » Allo « , la personne au bout du fil raccrochait. Madame Présume présuma que ce n’était pas à elle que cette personne voulait parler. Elle présuma donc que les appels étaient pour monsieur Présume et que si la personne ne le demandait pas comme il se doit, c’était parce qu’elle ne devait pas savoir de qui l’appel provenait. Elle pensa aux airs songeurs de monsieur Présume de la veille et elle présuma que cela pouvait avoir rapport avec ces appels. Peut-être avait-il une liaison amoureuse? Et elle présuma qu’il ne voulait pas lui en parler mais que cela le rendait songeur. Tout ce scénario lui trotta dans la tête toute la journée.

Monsieur Présume devait rencontrer un gros client pour le souper, il téléphona à la maison pour avertir madame Présume. Elle répondit sèchement, parce qu’elle ne le croyait pas. Elle présuma qu’il allait rencontrer la nouvelle flamme qui lui téléphonait et qui raccrochait. Monsieur Présume, la ressentant de mauvais poil, présuma qu’elle vivait ses symptômes prémenstruels et raccrocha rapidement pour la laisser en paix.

Madame Présume, constatant qu’il semblait pressé de raccrocher, présuma qu’il avait hâte d’aller retrouver sa nouvelle flamme et là, la peine, la colère et l’agressivité s’emparèrent d’elle. Elle présuma qu’il allait rentrer tard. Elle n’en pouvait plus, elle se changea, s’habilla et elle écrivit une note sur la table qui disait :  » À mon tour de m’amuser « , et elle prit la route pour décompresser un peu.

Monsieur Présume lui, coupa court à son souper d’affaires et revint aussitôt à la maison en présumant que madame Présume serait là et qu’il lui raconterait son mal de dos et sa fatigue. Lorsqu’il vit la note sur la table, il ne comprit pas vraiment ce que cela voulait dire, mais il présuma que madame Présume profitait du fait qu’il devait travailler tard pour aller faire la fête dans les bars de la ville. Il présuma qu’elle faisait ça chaque fois qu’il avait un souper d’affaires. Il était fou de rage.

J’ai entendu dire, qu’aujourd’hui, monsieur et madame Présume sont divorcés parce qu’ils ont trop présumé. Je présume qu’ils ont appris qu’au lieu de présumer, il était préférable de communiquer.



LES TROIS VIEILLARDS

Un jour une femme sort de sa maison et voit 3 vieillards avec de longues barbes blanches, assis devant chez elle. Elle ne les reconnaît pas. Elle leur dit :

– Je ne pense pas que je vous connaisse, mais vous devez avoir faim, s’il vous plaît entrez et je vous donnerai quelque chose à manger.

– Est-ce que l’homme de la maison est là ? ont-ils demandé.

– Non, il est sorti, leur répondit-elle.

– Alors nous ne pouvons pas entrer, ont-ils répondu.

En soirée lorsque son mari arrive à la maison, elle lui dit ce qui s’était passé.

– Va leur dire que je suis à la maison et invite-les à entrer ! dit-il à sa femme.

La femme sort et invite les hommes à entrer dans la maison.

– Nous n’entrons jamais ensemble dans une maison, ont-ils répondu.

– Et pourquoi ?  a-t-elle voulu savoir.

Un des vieillards lui expliqua :

– Son nom est Richesse, dit-il en indiquant un de ses amis et, en indiquant l’autre. Lui c’est Succès et moi je suis Amour. 
Il a alors ajouté :

– Retourne à la maison et discute avec ton mari pour savoir lequel d’entre nous vous voulez dans votre maison.

La femme retourne à la maison et dit à son mari ce qui avait été dit. Son mari était ravi.

– Comme c’est agréable ! dit-il. Puisque c’est le cas, nous allons inviter Richesse.

Sa femme n’était pas d’accord.

– Mon cher, pourquoi n’inviterions-nous pas Succès ? 
Leur belle-fille qui était dans une autre pièce, entendit leur conversation, elle sauta sur l’occasion pour faire sa propre suggestion :

– Ne serait-il pas mieux d’inviter Amour ? La maison sera alors remplie d’amour !

– Tenons compte du conseil de notre belle-fille, dit le mari à femme. Sort et invite Amour à être notre invité.
La femme sort et demande aux 3 vieillards : Lequel d’entre vous est Amour ? Elle lui dit :

– S’il vous plaît entre et soit notre invité. 
Amour se lève et commença à marcher vers la maison. Les deux autres se lèvent aussi et le suive.  Étonnée, la dame demande à Richesse et Succès :

– J’ai seulement invité Amour. Pourquoi venez-vous aussi ?

Les vieillards lui répondirent ensemble :

– Si vous aviez invité Richesse ou Succès les deux autres d’entre nous serions restés dehors, mais puisque vous avez invité « Amour », partout où il va, nous allons avec lui, puisque partout où il y a de l’Amour, il y a aussi de la Richesse et du Succès ! ! !



TOUT CE QUI S’EN VA REVIENT

Il s’appelait Fleming, c’était un pauvre fermier écossais. Un jour, alors qu’il tentait de gagner la vie de sa famille, il entendit un appel au secours provenant d’un marécage proche. Il laissa tomber ses outils, y couru et y trouva un jeune garçon enfoncé jusqu’à la taille dans le marécage, apeuré, criant et cherchant à se libérer. Le fermier sauva le jeune homme de ce qui aurait pu être une mort lente et cruelle.

Le lendemain, un attelage élégant se présenta à la ferme. Un noble, élégamment vêtu, en sorti et se présenta comme étant le père du garçon que le fermier avait aidé.

« Je veux vous récompenser », dit le noble. « Vous avez sauvé la vie de mon fils ».

« Non, je ne peux accepter de paiement pour ce que j’ai fait », répondit le fermier écossais.

A ce moment, le fils du fermier vint à la porte de la cabane.

« C’est votre fils » demanda le noble.

« Oui », répondit fièrement le fermier.

« Je vous propose un marché. Permettez-moi d’offrir à votre fils la même éducation qu’à mon fils. Si le fils ressemble au père, je suis sûr qu’il sera un homme duquel tous deux seront fiers ».

Et le fermier accepta. Le fils du fermier Fleming suivit les cours des meilleures écoles et au final, fut diplômé de l’école de Médecine de l’Hôpital Sainte Marie de Londres. Il continua jusqu’à être connu du monde entier.

Le fameux Dr Alexander Fleming avait en effet découvert la pénicilline.

Des années plus tard, le fils du même noble qui avait été sauvé du marécage avait une pneumonie.

Qui lui sauva la vie cette fois ?… La pénicilline !

Comment s’appelait le noble ? Sir Randolph Churchill !

Son fils ? Sir Winston Churchill !



UNE BELLE VOITURE SPORT

Un jeune homme s’apprêtait à obtenir son diplôme de fin d’étude.

Pendant plusieurs mois, il avait admiré une belle voiture de sport exposée dans un «showroom», et sachant que son père pouvait bien la lui offrir, il lui avait déjà dit que c’est ça qu’il voulait comme cadeau.

Comme le jour de la remise des diplômes approchait, le jeune homme s’attendait à voir des signes que son père lui avait déjà acheté la voiture.

Finalement, au grand matin du jour « J », son père l’appela dans son bureau et il lui dit comment il était fier d’avoir un fils aussi intelligent et formidable, et comment il l’aimait beaucoup.

Le père tendit à son fils une boîte dans un emballage cadeau. Curieux, le jeune homme ouvrit la boîte mais fut aussitôt déçu lorsqu’il découvrit une belle Bible avec une couverture en cuir.

Très furieux, il éleva la voix et dit à son père : « Avec tout ton argent, tu ne m’offres qu’une Bible ? ? ? » et claquant la porte, il sortit de la maison en laissant derrière lui la Sainte Bible.

Plusieurs années sont passées et le jeune homme se trouva couronné de succès dans le monde des affaires, il s’acheta une grande et belle maison et il fonda une famille merveilleuse.

Il se souvint de son père qui était devenu très vieux et se dit qu’il devait aller le voir, car il ne l’avait plus revu depuis le jour qu’il avait obtenu son diplôme.

Juste avant de partir, il reçut un télégramme lui disant que son vieux père venait de mourir et qu’il avait cédé tous ses biens à son fils. Il devait donc partir immédiatement pour s’occuper de son héritage.

Quand il arriva dans la maison de son père, soudain, son coeur fut rempli de tristesse et de regret…

Il se mit à fouiller dans les dossiers importants de son père et il tomba sur cette Bible, à l’endroit même où il l’avait laissée, il y a plusieurs années…

Il éclata en sanglots, ouvrit la Bible et se mit à tourner les pages.

Et comme il lisait ces paroles, une clef de voiture tomba d’une enveloppe qui était collée à la couverture arrière de la Bible.

La clef avait une étiquette avec le nom du concessionnaire du showroom, le même concessionnaire qui vendait la belle voiture sport qu’il désirait tant avoir.

Sur l’étiquette, figurait la date du jour de la remise de son diplôme, et ces mots…

TOUT A ÉTÉ PAYÉ



JUSTE UNE HEURE

Un homme arrive chez lui un soir fatigué après une dure journée de travail, pour trouver son petit garçon de 5 ans assis sur les marches du perron.

– Papa, est-ce que je peux te poser une question ?

– Bien sûr !

– Combien gagnes-tu de l’heure ?

– Mais, ça ne te regarde pas fiston!

– Je veux juste savoir.  Je t’en prie, dis-le moi !

– Bon, si tu veux absolument savoir : $35.00 de l’heure.

Le petit garçon s’en retourne dans la maison avec un air triste. Il revient vers son père et lui demande :

– Papa, pourrais-tu me prêter $10.00 ?

– Bon, c’est pour ça que tu voulais savoir.  Pour m’emprunter de l’argent !  Va dans ta chambre et couche-toi. J’ai eu une journée éprouvante, je suis fatigué et je n’ai pas le goût de me faire achaler avec des niaiseries semblables.

Une heure plus tard, le père qui avait eu le temps de décompresser un peu se demande s’il n’avait pas réagit trop fort à la demande de son fils. Peut-être qu’il voulait s’acheter quelque chose d’important. Il décide donc d’aller dans la chambre du petit :

– Dors-tu ?

– Non, papa !

– Écoute, j’ai réfléchi et voici le $10.00 que tu m’as demandé.

– Oh merci papa ! 
Le petit gars fouille sous son oreiller et en sort $25.00.

Le père en voyant l’argent devient encore tout irrité.

– Mais pourquoi tu voulais $10.00 ?  Tu as déjà $25.00 ! 
Qu’est-ce que tu veux faire avec cet argent ?

– C’est que… il m’en manquait.  Mais maintenant j’en ai juste assez.  Papa, est-ce que je pourrais t’acheter une heure de ton temps ?  Demain soir, arrive à la maison plus tôt. J’aimerais souper avec toi !



ROSE

C’était le premier jour de la rentrée à l’université, et notre professeur s’était présenté en nous enjoignant de faire connaissance avec quelqu’un que nous ne connaissions pas encore.

En me levant pour regarder autour de moi, je sentis une main se poser doucement sur mon épaule. En me retournant, je vis une petite vieille toute fripée qui me regardait avec un sourire radieux irradiant de tout son être.

-« Bonjour, ma jolie », me dit-elle. « Je m’appelle Rose. J’ai quatre-vingt-sept ans. Me permets-tu de te donner l’accolade ? »

En riant, je lui répondis avec enthousiasme : « Bien sûr que vous le pouvez ! »

Et elle me gratifia alors d’une formidable étreinte.

-« Pour quelle raison une personne si jeune et si candide comme vous est-elle à l’université ? » lui demandai-je.

Avec malice elle répondit : « Je suis là pour rencontrer un riche époux, me marier, faire deux enfants, et ensuite je profiterai de ma retraite pour voyager. »

-« Non, sérieusement, » lui demandai-je. J’étais curieuse de savoir ce qui avait pu la motiver à relever ce défi à son âge.

-« J’ai toujours rêvé d’avoir une formation universitaire, et aujourd’hui j’en reçois une ! » me dit-elle.

Le cours terminé, nous allâmes au foyer des étudiants siroter ensemble un milk-shake au chocolat. Nous étions devenues amies tout de suite. Ces trois premiers mois, nous partions chaque jour après les cours dans d’interminables discussions. J’étais inlassablement fascinée à l’écoute de cette « machine à remonter le temps » qui partageait avec moi sa sagesse et son expérience.

Après quelque temps, Rose était devenue la coqueluche du campus et elle n’avait aucun mal à se faire des amis partout où elle allait. Elle adorait se faire élégante et se réjouissait de l’attention que lui portaient les autres étudiants. Elle s’y prêtait de bonne grâce. À la fin du second trimestre, nous avons invité Rose à prendre la parole au banquet de notre équipe de foot. Jamais je n’oublierai les mots qu’elle nous y a dit alors.

Après avoir été présentée, elle est montée sur le podium. Alors qu’elle commençait le discours qu’elle avait préparé, elle a fait tomber par terre une partie de ses notes. Frustrée et légèrement embarrassée, elle s’est alors penchée sur le micro en disant simplement,

-« Excusez ma nervosité. Je ne bois plus de bière depuis le Carême, et ce whisky m’assomme ! Je ne vais jamais retrouver l’ordre de mes notes, alors permettez-moi juste de vous dire ce que je sais. »

Tandis que tout le monde s’esclaffait, elle s’est éclairci la voix et a commencé :

-« Nous ne cessons pas de jouer parce que nous sommes vieux ; nous devenons vieux parce que nous cessons de jouer. Il n’y a que quatre secrets pour rester jeune, être heureux, et connaître le succès.

Il vous faut rire et faire preuve d’humour chaque jour.

Il vous faut avoir un rêve. Lorsque vous perdez vos rêves, vous mourez. Vous avez tant de gens autour de vous qui sont morts et qui ne le savent même pas !

Il y a une énorme différence entre vieillir et grandir. Si à dix-neuf ans vous restez dans votre lit une année entière sans rien faire d’utile, vous atteindrez vos vingt ans. J’ai quatre-vingt-sept ans, et si je reste au lit toute une année sans faire quoi que ce soit, j’atteindrai mes quatre-vingt-huit ans. Tout le monde sait vieillir. Cela ne nécessite ni compétence ni disposition particulières. L’idée est de grandir en trouvant toujours l’opportunité pour le changement.

N’ayez aucun regret. Les personnes âgées n’ont habituellement pas de regrets pour ce qu’elles ont fait, mais bien plutôt pour ce qu’elles n’ont pas fait. Les seules à avoir peur de la mort sont celles qui ont des regrets. »

Elle a terminé son discours en chantant bravement « La Rose ». Elle a enjoint chacun de nous à en apprendre les paroles et à les mettre en application dans notre vie quotidienne.

A la fin de l’année, Rose a terminé la licence qu’elle avait entreprise durant toutes ces années. Une semaine après avoir obtenu son diplôme, Rose est morte paisiblement pendant son sommeil. Plus de deux mille étudiants ont assisté à ses funérailles en hommage à la femme merveilleuse qui prêchait par l’exemple qu’il n’est jamais trop tard pour devenir tout ce qu’il vous est possible d’être.



LA BANQUE DU TEMPS

Supposons qu’une banque dépose dans votre compte, chaque matin, un montant de $86,400 Elle ne garderait aucun solde d’une journée à l’autre. Chaque soir, on effacerait tout ce que vous n’auriez pas utilisé durant le jour.

Que feriez-vous ?

Chacun de nous a une telle banque. Son nom est le TEMPS. Chaque matin on dépose à votre compte, 86,400 secondes. Chaque soir, on efface tout ce que vous n’avez pas utilisé pour accomplir ce qu’il y a de mieux. Il ne reste rien au compte. Vous ne pouvez pas aller dans le rouge.

Chaque jour, un nouveau dépôt est fait. Chaque soir, le solde est éliminé. Si vous n’utilisez pas tout le dépôt de la journée, vous perdez ce qui reste. Rien ne sera remboursé. On ne peut emprunter sur «demain». Vous devez vivre avec le présent, avec le dépôt d’aujourd’hui. Investissez-le de façon à obtenir le maximum en santé, bonheur et succès !

L’horloge avance. Faites le maximum aujourd’hui. Apprécions chaque moment que nous avons ! Apprécions-le plus quand nous le partageons avec quelqu’un de spécial, assez spécial pour avoir besoin de votre temps.

Rappelons nous que le temps n’attend après personne.



ECRIVEZ VOS BLESSURES DANS LE SABLE

C’est l’histoire de deux amis qui marchaient dans le désert. A un moment ils se disputèrent et l’un des deux donna une gifle à l’autre. Ce dernier, endolori mais sans rien dire, écrivit dans le sable :

AUJOURD’HUI MON MEILLEUR AMI M’A DONNE UNE GIFLE.

Ils continuèrent à marcher puis trouvèrent un oasis, dans lequel ils décidèrent de se baigner. Mais celui qui avait été giflé manqua de se noyer et son ami le sauva.

Quand il se fut repris, il écrivit sur une pierre :

AUJOURD’HUI MON MEILLEUR AMI M’A SAUVE LA VIE.

Celui qui avait donné la gifle et avait sauvé son ami lui demanda : « quand je t’ai blessé tu as écrit sur le sable, et maintenant tu as écrit sur la pierre. Pourquoi ? »

L’autre ami répondit:

« Quand quelqu’un nous blesse, nous devons l’écrire dans le sable, où les vents du pardon peuvent l’effacer. Mais quand quelqu’un fait quelque chose de bien pour nous, nous devons le graver dans la pierre, où aucun vent ne peut l’effacer ».



VIE DE PECHEUR

Dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. Sur le quai, un Américain admiratif complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et en bon représentant de la culture tayloriste lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer.

« Pas très longtemps « , répond le Mexicain.

« Mais alors, pourquoi n’êtes vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus ? » demande l’américain.

Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.

L’américain demande alors :

 » Mais que faites-vous le reste du temps ? »

« Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie… »

L’américain l’interrompt : 
 « J’ai un MBA de l’université de Harvard et je peux vous aider : Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers.

Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d’où vous dirigeriez toutes vos affaires ! »

Le Mexicain lui demande alors :

 » Combien de temps cela prendrait-il ? »

« 15 à 20 ans « , répond l’Américain. 
 »Et après ? » 
 »Après, c’est là que ça devient intéressant « , répond l’Américain en riant : Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous  gagnerez des millions de dollars ! »

« Des millions ? Mais après ? »

« Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme, et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis ! ! !



À CEUX QUE J’AIME, À CEUX QUI M’AIMENT – Prière indienne

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi, laissez-moi partir.

J’ai tellement de choses à faire et à voir. Soyez reconnaissants pour les belles années.

Je vous ai donné mon amitié, vous pouvez seulement deviner le bonheur que vous m’avez apporté. Je vous remercie de l’amour que chacun de vous m’a démontré.

Maintenant, il est temps de voyager seul. 
Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine, la confiance vous apportera réconfort et consolation.

Nous serons séparés pour quelque temps. 
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur. Je ne suis pas loin, et la vie continue.

Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai.

Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là.

Et si vous écoutez votre coeur, vous éprouverez clairement la douceur de l’amour que j’apporterai.

Et quand il sera temps pour vous de partir, je serai là pour vous accueillir.

Absent de mon corps, présent avec Dieu.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer. Je ne suis pas là, je ne dors pas.

Je suis les mille vents qui soufflent. Je suis le scintillement des cristaux sur la neige.
 Je suis la lumière qui traverse les champs de blé. Je suis la douce pluie d’automne. 
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin.
 Je suis l’étoile qui brille dans la nuit.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer. Je ne suis pas là. Je ne suis pas mort.



NOS AMIS SONT DES ANGES

Un jour, durant mes premières années de secondaire, j’ai aperçu un gars de ma classe qui retournait à la maison après l’école. Il s’appelait Kyle.

On aurait dit qu’il transportait tous ses livres et son matériel scolaire !

Je me suis dit : « Pourquoi quelqu’un apporterait-il tous ses livres un vendredi soir ? Il doit vraiment être un « nerd »…

De mon côté, j’avais tout un week-end de planifié : sorties et partie de football avec mes amis. Comme je passais près de lui, un groupe de jeunes ont commencé à se moquer de Kyle. Ils le pinçaient, ont fait tomber ses livres et l’ont même poussé dans la boue.

Quand il est tombé, ses lunette ont atterri quelques pieds plus loin dans le gazon. Kyle a levé la tête et j’ai vu combien il était triste et désorienté. J’ai vraiment ressenti un élan de pitié pour lui…

Alors, j’ai couru jusqu’à lui et j’ai ramassé ses lunettes. Lorsqu’il a levé la tête vers moi, j’ai vu quelques larmes dans ses yeux.

« Ces gars-là étaient vraiment des imbéciles », lui ai-je dit.

Il m’a regardé et m’a remercié. Il avait un énorme sourire dans lequel on pouvait voir toute la gratitude du monde !

En l’aidant à ramasser ses livres, je lui ai demandé où il habitait. J’ai été surpris de voir qu’il habitait tout près de chez moi. Il m’a alors expliqué qu’il allait auparavant dans une école privée. Je ne pensais jamais un jour être un copain avec un petit « prep »…

Nous avons parlé tout au long du chemin. Il s’est révélé être un très bon gars. Je lui ai alors demandé s’il voulait venir jouer au football avec mes copains et moi le lendemain. Il s’est empressé d’accepter.

Nous avons donc passé le week-end ensemble et, plus le temps avançait, plus je me rendais compte que Kyle était vraiment quelqu’un de bien. D’ailleurs, mes amis aussi pensaient la même chose.

Le lundi matin, j’ai encore aperçu Kyle qui retournait à l’école avec sa pile de livres. Je l’ai rejoint encore une fois et lui ai dit : « Wow ! Tu finiras par avoir des muscles d’acier à trimbaler tes livres comme ça ! ! ! » Il a bien ri et m’a passé la moitié de ses livres.

Durant les années qui ont suivi, nous sommes devenus les meilleurs copains du monde. Kyle était vraiment un élève très intelligent ; il voulait faire sa médecine tandis que moi, j’allais finalement à l’université grâce à une bourse de football ! Je l’agaçais tout le temps en lui disant qu’il n’était qu’un « nerd » !

Pour notre graduation, Kyle devait préparer un discours. J’étais bien content que ce ne soit pas moi ! Kyle était devenu un jeune homme bien dans sa peau, qui plaisait beaucoup aux filles… D’ailleurs, il faisait beaucoup plus de conquêtes que moi !

La journée de la graduation, je voyais bien que Kyle était nerveux. Pour le rassurer, je lui ai donné une bonne tape dans le dos en lui disant : « Ne t’inquiète pas, tu vas être génial ! » Il m’a encore regardé avec un de ces regards, celui plein de gratitude, et m’a remercié.

Lorsqu’il est arrivé devant le micro, il s’est éclairci la gorge et a commencé son discours :

« Une graduation, c’est le moment idéal pour remercier tous ceux qui nous ont aidé durant toutes nos années du secondaire. Nos parents, nos professeurs, nos entraîneurs… mais surtout nos amis. Je suis ici pour vous dire qu’être l’ami de quelqu’un, c’est le plus beau cadeau qu’on peut lui donner. Je vais vous raconter une histoire… »

J’étais vraiment très surpris lorsqu’il a commencé à raconter notre première rencontre… Mais j’ai été encore plus estomaqué lorsqu’il a raconté que cette fameuse fin de semaine-là, il avait prévu se suicider. C’est pourquoi il avait apporté tous ses livres, pour que sa mère ne soit pas obligée de faire le ménage de son casier…

Il m’a regardé et m’a fait un sourire : Heureusement, j’ai été sauvé. Mon ami m’a empêché de commettre « l’irréparable. »

J’ai entendu le silence provoqué par son discours dans la salle ; le discours d’un jeune homme distingué, beau bonhomme, intelligent et populaire…

Je me suis retourné et j’ai vu ses parents qui m’ont souri avec le même regard plein de gratitude que Kyle avait eu à mon égard. Je n’avais jamais réalisé à quel point cette journée avait été bienfaitrice pour lui.

Ne sous-estimez jamais le pouvoir de vos actions. Avec un simple petit geste, on peut changer la vie d’une personne… pour le meilleur ou le pire. Nous avons tous un impact dans la vie de tous les gens que nous rencontrons.

Les amis sont des anges qui nous remettent sur nos pieds quand nos ailes ne savent plus comment voler.



RENSEIGNEMENTS SVP !

Lorsque j’étais très jeune, mon père a eu l’un des premiers téléphones dans notre voisinage. Je me rappelle très bien la vieille boîte en bois, bien polie fixée au mur et le petit récepteur noir, bien lustré, accroché sur son côté. J’étais trop petit pour atteindre le téléphone, mais j’étais habitué à écouter avec fascination ma mère lui parler.

J’ai par la suite découvert qu’en quelque part, dans ce merveilleux appareil, vivait une personne fantastique – son nom était « Renseignement SVP » et il n’y avait rien qu’elle ne savait pas. « Renseignement SVP » pouvait fournir le numéro de n’importe qui en plus de l’heure exacte.

Ma première expérience personnelle avec ce « génie dans une bouteille » s’est produite un jour où ma mère était partie chez une voisine. Je m’amusais au sous-sol et, je me suis donné un violent coup de marteau sur un doigt. La douleur était terrible, mais il ne semblait pas y avoir de raisons pour que je crie. J’étais seul et personne ne pourrait m’entendre et me réconforter. Je faisais les cent pas autour de la maison, en suçant mon doigt pour finalement arriver devant l’escalier. Le téléphone ! ! !

Rapidement, j’ai couru chercher le petit tabouret dans la cuisine et je l’ai traîné jusque devant le téléphone. Je suis monté dessus, j’ai décroché le combiné et l’ai placé contre mon oreille. 
 »Renseignement SVP » dis-je dans le microphone, juste au-dessus de ma tête. Un click ou deux et j’entends une petite voix claire me dire : 
 »Renseignement »

Je dis alors, « Je me suis fait mal au doigt ».

« Est-ce que tu saignes ? » m’a demandé la voix.

Je lui réponds « Non », « je me suis frappé le doigt avec un marteau et ça fait très mal ».

Elle me demande alors « Peux-tu ouvrir la boîte à glace ? »

Je lui répondis que oui je pouvais.

« Alors, prend un petit morceau de glace et pose le sur ton doigt » me dit-elle.

Après cette expérience, j’ai appelé « Renseignement SVP » pour n’importe quoi. Je lui ai demandé de l’aide pour ma géographie et elle m’a dit où se trouvait Montréal. Elle m’a aidé aussi avec mes mathématiques. Elle m’a dit que le petit écureuil que j’avais trouvé dans le parc, la journée précédente, devait manger des fruits et des noix.

Un peu plus tard, mon petit canari est mort. J’ai donc appelé « Renseignement SVP » et lui ai raconté ma triste histoire. Elle m’a écouté attentivement et m’a dit les choses usuelles qu’un adulte dit pour consoler un enfant, mais j’étais inconsolable.

Je lui ai demandé « Pourquoi les oiseaux chantent si merveilleusement et procurent tellement de joie aux familles, seulement pour finir comme un tas de plumes dans le fond d’une cage ? » 
Elle a probablement ressenti mon profond désarroi et me dit alors, d’une voix si calme : « Paul, rappelle-toi toujours qu’il existe d’autres mondes où on peut chanter ». 
D’une certaine façon, je me sentais mieux.

Une autre fois que j’utilisais le téléphone : « Renseignement SVP ». « Renseignement » me répondait avec la voix, maintenant devenue si familière. Je lui demande alors, »Comment épelez-vous le mot réparation ? ».

Tout ça se passait dans la ville de Québec. Alors que j’avais 9 ans, nous sommes déménagés à l’autre bout de la province, à Baie-Comeau. Je m’ennuyais terriblement de mon amie. « Renseignement SVP » appartenait à cette vieille boîte en bois de notre maison familiale, et, curieusement, je n’ai jamais songé à utiliser le nouvel appareil téléphonique étincelant, posé sur une table, dans le corridor, près de l’entrée.

Alors que je me dirigeais vers l’adolescence, les souvenirs de ces conversations de mon enfance ne m’ont jamais quitté. Souvent, lors des moments de doute et de difficultés, je me rappelais ce doux sentiment de sécurité que j’avais à cette époque. J’appréciais maintenant, la patience, la compréhension et la gentillesse qu’elle a eue à consacrer de son temps pour un petit garçon.

Quelques années plus tard, alors que je me dirigeais au Collège, à Montréal, mon avion devait faire une escale à Québec. J’avais donc près d’une demi-heure entre le transfert d’avion. J’ai donc passé 15 minutes au téléphone avec ma soeur, qui vit toujours à Québec.

Ensuite, sans penser vraiment à ce que je faisais, j’ai composé le « 0 » et dit « Renseignement SVP » 
Miraculeusement, j’entendis alors cette même petite voix claire que je connaissait si bien, « Renseignement ».

Je n’avais rien prévu de tout ça, mais je m’entendis lui dire, « Pouvez-vous m’aider à épeler le mot « réparation » ? 
Il y a eu un long moment de silence. Ensuite, j’entendis une voix si douce me répondre : « Je suppose que ton doigt doit être guéri maintenant. »

Je me mis à rire et lui dit « C’est donc toujours vous ». Je lui dit  » Je me demande si vous avez la moindre idée comme vous étiez importante pour moi pendant toutes ces années ». 
 »Je me demande » dit-elle, « si tu sais combien tes appels étaient importants pour moi. Je n’ai jamais eu d’enfant et j’étais toujours impatiente de recevoir tes appels ».

Je lui ai dit comment, si souvent, j’ai pensé à elle au cours de ces dernières années et je lui ai demandé si je pourrais la rappeler, lorsque je reviendrais visiter ma soeur. 
 »Je t’en prie, tu n’auras qu’à demander Sally » me répondit-elle.

Trois mois plus tard, alors que j’étais de nouveau à Québec. Une voix différente me répondit « Renseignement ». J’ai donc demandé à parler à Sally. 
Êtes-vous un ami ? » me demanda la voix inconnue. 
Je lui répondis « Oui, un vieil ami ».

J’entendis la voix me dire « Je suis désolé d’avoir à vous dire ça, Sally ne travaillait plus qu’à temps partiel ces dernières années parce qu’elle était très malade. Elle est morte il y a cinq semaines déjà ». 
Avant même que je n’ai le temps de raccrocher, elle me dit « Attendez une minute. M’avez-vous dit que votre nom était Paul ? » 
Je répondis « Oui ».

« Et bien, Sally a laissé un message pour vous. Elle l’a écrit, au cas où vous appelleriez. Laissez-moi vous le lire ». Ce message disait « Dites lui que je crois toujours qu’il y a d’autres mondes où on peut chanter. Il saura ce que je veux dire ». Je lui dis donc merci et raccrochai. Je savais ce que Sally voulait dire.

Ne sous-estimez jamais l’influence que vous pouvez avoir sur les autres. La vie de qui avez-vous touché aujourd’hui ?



LES DEUX LOUPS INTERIEURS

Un homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère contre un ami qui s’était montré injuste envers lui :  » Laisse-moi te raconter une histoire…

Il m’arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n’en éprouvent aucun regret. 
Mais la haine t’épuise, et ne blesse pas ton ennemi. C’est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J’ai souvent combattu ces sentiments »

Il continua : « C’est comme si j’avais deux loups à l’intérieur de moi ; le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l’entoure et ne s’offense pas lorsqu’il n’y a pas lieu de s’offenser. Il combat uniquement lorsque c’est juste de le faire, et il le fait de manière juste. Mais l’autre loup, ahhhh…! Il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n’importe qui, tout le temps, sans raison.
Il n’est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère, et pourtant sa colère ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l’intérieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit. »

Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda : « Lequel des deux loups l’emporte, grand-père ? »

Le grand-père sourit et répondit doucement : « Celui que je nourris. »



LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

– Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie, demanda le Prince.

– Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

« CHANGE LE MONDE »

« C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas. » Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas.

– C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise. Et il disparut. Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire :

« CHANGE LES AUTRES »

« C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. » Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.

Bien des années passèrent. Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.

– Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.

Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots :

« CHANGE-TOI TOI-MEME »

« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, » se dit-il. Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.

– C’est bien, dit le Sage.

– Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.

– C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait :

« ACCEPTE-TOI TOI-MEME. »

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. « Quand on combat on devient aveugle, se dit-il. » Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte.

A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut :

« ACCEPTE LES AUTRES »

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées comme celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage :

– « Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.

– J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut :

« ACCEPTE LE MONDE »

« Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. » Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.

– C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.

– Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence.

Et le Vieil Homme disparut.



UN APRES-MIDI AVEC DIEU – JULIE A. MANHAN

Il était une fois un petit garçon qui voulait rencontrer Dieu. Comme il savait que ce serait un long voyage pour se rendre à Sa maison, il remplit sa valise de petits gâteaux et de six bouteilles de limonade, et il se mit en route.

Trois pâtés de maison plus loin, il vit une vieille dame. Assise dans le parc, elle fixait quelques pigeons. Le garçon s’assit près d’elle et ouvrit sa valise. Il s’apprêtait à prendre une limonade lorsqu’il remarqua l’air affamé de la vieille dame. Il lui offrit donc un gâteau. Elle accepta avec reconnaissance et lui sourit. Son sourire était si joli que le garçon voulut le voir encore. Il lui offrit donc une limonade. Elle lui sourit de nouveau. Le garçon était ravi ! Ils restèrent ainsi tout l’après-midi à manger, sans dire un seul mot.

Lorsque le soir tomba, le garçon se rendit compte qu’il était très fatigué et se leva pour partir. Cependant, au bout de quelques pas à peine, il se retourna, courut vers la vieille dame et la serra dans ses bras. Elle lui fit alors son plus beau sourire.

Peu de temps après, lorsque le garçon franchit la porte de sa maison, son regard joyeux étonna sa mère. Elle lui demanda : « Qu’as-tu fait aujourd’hui qui te rende si heureux ? »

Il répondit : « J’ai déjeuné avec Dieu. » Mais avant que sa mère puisse répondre, il ajouta : «Tu sais, elle a le plus merveilleux des sourires!»

Entre temps, la vieille dame, rayonnante de joie elle aussi, retourna chez elle. Frappé de l’expression paisible qu’elle arborait, son fils lui demanda : «Maman, qu’as-tu fait aujourd’hui qui te rende si heureuse?»

Elle répondit : « Au parc, j’ai mangé des gâteaux avec Dieu. » Mais avant que son fils puisse répondre, elle ajouta : « Tu sais, il est beaucoup plus jeune que je ne le croyais. »



CE QUI EST IMPORTANT

« Je me sens triste ! » dit une vague de l’océan en constatant que les autres vagues étaient plus grandes qu’elle. « Les vagues sont si grandes, si vigoureuses, et moi je suis si petite, si chétive. »

Une autre vague lui répondit : « Ne sois pas triste. Ton chagrin n’existe que parce que tu t’attaches à l’apparent, tu ne conçois pas ta véritable nature. »

« Ne suis-je donc pas une vague ? »

« La vague n’est qu’une manifestation transitoire de ta nature. En vérité tu es l’eau. »

« L’eau ? »

« Oui. Si tu comprends clairement que ta nature est l’eau, tu n’accorderas plus d’importance à ta forme de vague et ton chagrin disparaîtra. »



FERMEZ LES YEUX

La dame racontait avec irritation à quel point sa famille la rendait folle en piétinant sans cesse son beau et nouveau tapis blanc. D’accord, d’accord, c’est ridicule de s’énerver pour un tapis, mais tout de même, au prix qu’il est…

Alors la thérapeute lui a demandé de fermer les yeux. D’imaginer sa précieuse carpette impeccable, à peine marquée des sillons rigoureux laissés par l’aspirateur. De visualiser ensuite la maison vide, sans mari en chaussures, sans chien mouillé, sans enfants turbulents.

A la prochaine séance, la dame a déclaré être maintenant ravie de laisser béante la porte de son salon et d’inviter sa famille à venir faire «des taches d’amour» sur le tapis…

Une broutille ?

Peut-être bien. Mais surtout un déclic : «Elle a réussi à modifier sa perspective, commente Barbara Dobbs, à concevoir que ce qu’elle considérait comme fondamental n’était au fond qu’anecdotique.»



LE BON USAGE DE L’ECHEC – FREDELLE MAYNARD

Nous cataloguons les gens en deux champs bien définis, ceux qui réussissent et ceux qui échouent, alors que la réalité est infiniment plus nuancée.

Il y a en effet une différence énorme entre subir un, deux ou trois échecs et être un raté. Le succès peut venir à tout âge, souvent même après une vie d’échecs apparents. 
Que nous soyons enfants ou adultes, l’échec blesse toujours, mais on peut en tirer une leçon positive.

Il faut s’interroger sur la cause de l’échec et résister à la tentation de s’en prendre à autrui, déterminer en quoi nous l’avons mérité et comment éviter qu’il se reproduise.

Le succès nous incite à ne rien changer à notre comportement, alors que l’échec peut être une source de renouvellement. Même un échec qui semble catastrophique peut nous obliger à trouver des voies nouvelles et une orientation radicalement différente.

Viser haut, faire de son mieux pour atteindre son objectif et, si l’on n’y parvient pas, repartir bravement, n’est-ce pas une belle forme d’héroïsme ?



LA GRAINE QUI SE FIT DEVORER PAR UN OISEAU

Le printemps venu, deux graines de semence reposaient l’une à côté de l’autre dans une terre fertile.

La première graine disait à l’autre : « Je veux grandir ! Je veux plonger mes racines profondément dans la terre et lancer ma tige haut dans les airs… Je veux voir mes bourgeons s’ouvrir comme des drapeaux annonçant l’arrivée du printemps… Je veux sentir le soleil réchauffer mon visage et la rosée matinale bénir mes pétales ! »

Et elle grandissait.

La deuxième graine répliquait : « J’ai peur. Si je plonge mes racines dans la terre, je ne sais pas ce qui m’attend dans cette noirceur. Ma tige est fragile, et si j’essaie de percer la croûte de la terre pour m’élever dans les airs, elle risque de se briser. Et si, à peine entrouverts, un ver venait manger mes bourgeons ? Et si je montrais ma fleur, qui sait ? Un enfant pourrait m’arracher de terre. Non, il vaut beaucoup mieux attendre pour sortir qu’il n’y ait plus de danger. »

Et elle attendait.

Un beau jour, un oiseau qui passait par là, s’et mis à fouiller la terre en quête de nourriture. Il y a trouvé la graine qui attendait et vite il l’a dévorée.

La morale de cette histoire est que ceux qui ne veulent pas courir le risque de grandir dans la vie se font tout simplement dévorer par elle.



COMMENT PEUT-ON VENDRE OU ACHETER LE CIEL ? – CHEF INDIEN SEATTLE

Comment peut-on vendre ou acheter le ciel ? Comment peut-on vendre ou acheter la chaleur de la terre ? Cela nous semble étrange. Si la fraîcheur de l’air et le murmure de l’eau ne nous appartiennent pas, comment peut-on les vendre ?

Pour mon peuple, il n’y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacré. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume légère, tout est saint aux yeux et dans la mémoire de ceux de mon peuple. La sève qui monte dans l’arbre porte en elle la mémoire des Peaux-Rouges. 
Les morts des Blancs oublient leur pays natal quand ils s’en vont dans les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre si belle, puisque c’est la mère du Peau-Rouge. Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous.

Les fleurs qui sentent si bon sont nos soeurs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos frères ; les crêtes rocailleuses, l’humidité des Prairies, la chaleur du corps des poneys et l’homme appartiennent à la même famille. Ainsi, quand le grand chef blanc de Washington me fait dire qu’il veut acheter notre terre, il nous demande beaucoup…

Les rivières sont nos soeurs, elles étanchent notre soif ; ces rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler tout cela et apprendre à vos enfants que les rivières sont nos soeurs et les vôtres et que, par conséquent, vous devez les traiter avec le même amour que celui donné à vos frères. Nous savons bien que l’homme blanc ne comprend pas notre façon de voir. Un coin de terre, pour lui, en vaut un autre puisqu’il est un étranger qui arrive dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas sa soeur, mais son ennemie ; après tout cela, il s’en va. Il laisse la tombe de son père derrière lui et cela lui est égal !

En quelque sorte, il prive ses enfants de la terre et cela lui est égal. 
La tombe de son père et les droits de ses enfants sont oubliés. Il traite sa mère, la terre, et son père, le ciel, comme des choses qu’on peut acheter, piller et vendre comme des moutons ou des perles colorées. Son appétit va dévorer la terre et ne laisser qu’un désert…

L’air est précieux pour le Peau-Rouge car toutes les choses respirent de la même manière. La bête, l’arbre, l’homme, tous respirent de la même manière. L’homme blanc ne semble pas faire attention à l’air qui respire. Comme un mourant, il ne reconnaît plus les odeurs. Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est infiniment précieux et que l’Esprit de l’air est le même dans toutes les choses qui vivent.

Le vent qui a donné à notre ancêtre son premier souffle reçoit aussi son dernier regard.

Et si nous vendons notre terre, vous devez la garder intacte et sacrée comme un lieu où même l’homme peut aller percevoir le goût du vent et la douceur d’une prairie en fleur…

Je suis un sauvage et je ne comprends pas une autre façon de vivre. J’ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laissés là par l’homme blanc qui les avait tués d’un train qui passait. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume peut-être plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de notre vie.

Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes avaient disparu, l’homme mourrait complètement solitaire, car ce qui arrive aux bêtes bientôt arrive à l’homme. Toutes les choses sont reliées entre elles.

Vous devez apprendre à vos enfants que la terre sous leurs pieds n’est autre que la cendre de nos ancêtres. Ainsi, ils respecteront la terre. 
Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches. 
Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres : que la terre est notre mère et que tout ce qui arrive à la terre arrive aux enfants de la terre.

Si les hommes crachent sur la terre, c’est sur eux-mêmes qu’ils crachent. 
Ceci nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre.

Ceci nous le savons : toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang est le lien entre les membres d’une même famille. Toutes les choses sont reliées entre elles…

Mais, pendant que nous périssons, vous allez briller, illuminés par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre et qui, dans un but spécial, vous a permis de dominer le Peau-Rouge. Cette destinée est mystérieuse pour nous.

Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacrés, pourquoi les chevaux sauvages sont domestiqués, ni pourquoi les lieux les plus secrets des forêts sont lourds de l’odeur des hommes, ni pourquoi encore la vue des belles collines est gardée par les fils qui parlent.

Que sont devenus les fourrés profonds ? Ils ont disparu.

Qu’est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi.

C’est la fin de la vie et le commencement de la survivance.



LE SURVIVANT

Le seul survivant d’un naufrage a été emporté par les vagues sur une petite île déserte. Tous les jours, il priait pour que quelqu’un vienne le sauver, et tous les jours il scrutait l’horizon pour entrevoir le moindre signe d’aide, mais personne ne venait jamais.

Il a donc décidé de se bâtir une petite hutte avec des arbres morts et des feuilles de palmier afin de se protéger contre les intempéries, les animaux, ainsi que pour mettre à l’abri les quelques possessions qu’il avait sauvées du naufrage.

Après une semaine de travail assidu, sa hutte était complétée et il en était très fier. Citadin de nature, notre homme n’était pas habitué de travailler de ses mains.

À la tombée du jour, quelques jours plus tard, alors qu’il revenait de chasser pour se procurer de la nourriture, il a trouvé sa petite hutte en feu.

Déjà qu’il se sentait terriblement malchanceux de se retrouver seul, égaré sur une île déserte, encore fallait-il que le pire lui arrive. Il avait tout perdu dans cet incendie.

Après le choc initial, le chagrin et bientôt la colère l’ont habité. Il s’est mis à genoux sur la plage et a crié : «  Mon Dieu, comment peux-tu me faire ça ? »

Complètement découragé et fatigué, il s’est mis à pleurer à chaudes larmes, et il s’est endormi ainsi sur la plage.

Très tôt, le lendemain matin, il a été réveillé par le bruit d’un bateau qui approchait de son île. Il était ainsi sauvé.

Arrivé sur le bateau, il a demandé au capitaine : « Comment saviez-vous que je me trouvais ici ? »

Le capitaine de lui répondre : « Nous avons vu votre signal de fumée. »

Même si dans la majorité des cas, les bienfaits ne nous sont pas toujours apparent au premier coup d’œil, tout ce qui nous arrive dans la vie survient toujours pour une raison bien précise. Rien n’est accidentel.

Devant un problème, le perdant se dit : « Pourquoi moi ? »

Le gagnant se dit : » Si ça m’arrive, c’est que ça devait m’arriver. »

La vie nous confronte tous quotidiennement à une série de grandes opportunités brillamment déguisées en situations qui semblent impossibles.

Une bosse sur votre chemin peut être considérée comme un obstacle, mais elle peut être aussi  une opportunité… Cela relève de votre attitude et du point de vue avec lequel vous la considérez.



LE PENDU DEPENDU – JACQUES SALOME

Un jour, un homme, par désespoir et aussi par autopunition, et encore par culpabilisation, car il voulait faire de la peine à son entourage, et aussi par un signe d’appel, car il ne se sentait pas entendu, et encore par défi, pensant que tout s’arrêterait… un jour, dis-je, un homme s’était pendu.

Il fut dépendu par quelqu’un qui passait par là. Quand il ouvrit les yeux, il dit :

– C’est trop tard, vous auriez dû m’aider avant, m’aider à ne pas me pendre !

– Mais je ne vous connaissais pas !  dit le sauveteur inconnu.

– Cela ne fait rien, vous auriez dû quand même m’aider avant !

– Je passais juste par là.

– Justement, il ne fallait pas passer.

– J’ai pensé bien faire.

– Ceux qui disaient m’aimer pensaient eux aussi bien faire… en ne faisant rien !

– Alors, j’aurais dû vous laisser mourir sans intervenir ?

– Non, intervenir avant que je me pende, me reconnaître, m’entendre, m’apprécier, m’aimer au besoin. Tout cela avant. Avant que mon désespoir ne me fasse douter de tout.

– Voulez-vous que je vous remette la corde autour du cou ? proposa l’inconnu.

– Surtout pas, je n’ai pas envie de mourir, j’ai besoin de parler.

– C’est que… je n’ai pas le temps, je suis pressé.

– Oui, vous aviez seulement le temps de me dépendre ou de me remettre la corde autour du cou, pas de m’écouter.

– C’est tout à fait cela. Je suis pressé de vivre moi !

– Si un jour vous vous pendez, comptez sur moi, je ne vous décrocherai pas.
 Je vais vivre avec cette idée, je sens qu’elle va me soutenir.
 Il arrive ainsi à certains êtres d’avoir besoin pour survivre  de s’opposer à toute tentative d’échange.



LA PECHE AUX CRABES – PATRICK LEROUX

Un papa amène son fils de 14 ans à la pêche aux crabes avec lui.

Après quelques heures de pêche, le fils va voir son père et lui dit : « Papa, papa, il faut mettre un couvercle sur le dessus du panier car le panier va bientôt être plein et les crabes vont sortir. »

Le père répond à son fils : « Ne t’en fait pas, mon fils. Il n’y a pas de danger. »

Dix minutes plus tard, le fils revient voir son père : « Papa, papa, il faut mettre un couvercle sur le dessus du panier car le panier est maintenant plein et les crabes vont sortir. »

Et le père de répondre à son fils : « Calme-toi, mon garçon. Tu t’en fais pour rien. Laisse-moi t’expliquer : Si jamais un crabe essayait de sortir du panier, les autres crabes le retiendraient avec leurs pinces pour l’empêcher de sortir. Il n’y a donc aucun danger.

Et j’en profite pour t’apprendre une grande leçon de la vie. Plus tard dans la vie, tu voudras toi aussi sortir du panier. Tu voudras réaliser de grands rêves, probablement quitter notre village de pêche, aller à l’université et peut-être avoir une grande carrière à la ville, mais fait bien attention aux gens que tu fréquentes, car certains, tout comme les crabes que tu vois là, vont essayer de te retenir dans tes ambitions.

Ils tenteront de t’en empêcher non pas avec leurs pinces, mais avec leurs mots. Ils te diront des choses comme : « Tu ne peux pas » ou « Tu ne sera jamais capable » ; «  C’est impossible » ; « Tu n’as pas assez de talent » ; «  Tu n’as pas assez d’éducation » ; «  Tu es trop jeune » ; « Tu es trop vieux », etc.

Et pourquoi feront-ils cela ?

Parce qu’ils auront peur. Ils auront peurs de se sentir plus petits à côté de toi si jamais tu réalises tes rêves, et personne n’aime se sentir petit, mon garçon. »

Le jeune adolescent regarda alors son papa avec de grands yeux hochant la tête de bas en haut. Il avait compris une importante leçon cette journée-là. Il avait appris qu’il devrait être parcimonieux dans le choix de ses fréquentations présentes et futures et qu’il ne devait pas partager ses rêves avec n’importe qui.

Fuyez les voleurs de rêves qui sont dans votre vie, vous aussi. Entourez-vous de gagnants. Fréquentez des gens qui vous exhorteront à vivre à des niveaux de pensée, de réalisation et d’accomplissement supérieurs. Faites part de vos rêves seulement à des gens qui ont également des rêves à accomplir.

« Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu deviendras. »



LE VIEIL HOMME

Un vieil homme entre dans un  restaurant et demande au serveur qui il doit voir pour un emploi dans un camp de bûcheron tout près de là.

« Vous n’aurez pas à aller très loin », a répliqué le serveur, « le patron du camp de bûcheron est en train de manger ici, il est attablé dans le coin, juste là. »

Le vieil homme s’approche du patron du camp de bûcheron. Et lui dit : « Je cherche un emploi de bûcheron. »

En le voyant, le patron tente alors de le convaincre que cet emploi n’est pas fait pour lui. Selon lui, ce vieil homme serait bien incapable d’abattre de gros arbres et d’atteindre ses quotas quotidiens.

Le vieil homme a dit alors au patron : « Donnez-moi quelques instants de votre temps et je vais vous montrer ce que je peux faire. »

Aussitôt arrivés au camp de bûcheron, le vieil homme prend alors une hache et commence à couper un énorme arbre en un temps record. « C’est incroyable ! » s’est exclamé le patron. « Où avez-vous appris à bûcher des arbres comme ça ? »

« Eh bien, » répondit le vieil homme, « vous avez entendu parler de la forêt du Sahara ? » Hésitant, le patron répond : « vous ne voulez pas dire le désert du Sahara ? »

Le vieil homme a souri à pleines dents et a déclaré : « Certainement, c’est comme ça qu’on l’appelle maintenant ! »

Les gagnants sont de « petits diseur mais de gros faiseurs. » Ce sont des gens qui passent à l’action. Ils savent que les autres ne leur manifesteront jamais de reconnaissance pour ce qu’ils auraient pu faire, pour ce qu’ils auraient dû faire ou ce qu’ils pourraient éventuellement faire.

La reconnaissance viendra à vous seulement quand vous aurez prouvé que vous pouvez le faire. Cessez de dire ce que vous avez l’intention de faire et faites-le maintenant !

« Ne jugez jamais un homme sur ses paroles mais sur ces actions. »



LE CONTE DU PLEIN ET DU VIDE

Il était une fois une femme qui avait découvert, il y avait de ça très longtemps, que tout au fond d’elle, il y avait un immense vide. Un énorme vide entièrement rempli de solitude.

« Je suis habitée depuis toujours par cette solitude », disait-elle

Et pendant des années elle avait tenté désespérément, courageusement, violemment parfois, de remplir ce vide. Que d’efforts pour déloger sa solitude, pour la chasser en faisant entrer de force dans son vide plein de personnes.

Tout plein d’hommes surtout. Plein d’activités et aussi plein, plein de choses à faire, toujours plus de choses à faire. Ceux qui la voyaient de l’extérieur croyaient voir une femme forte, solide, pleine de dynamisme.

Ils voyaient, eux, quelqu’un de sûr, de résistant, qui savait s’affirmer. Ils n’hésitaient pas à s’appuyer sur elle, à demander des services à cette femme forte et pleine de ressources. Personne ne voyait le trou immense, rempli de solitude, qui occupait tout l’intérieur de cette femme.

Un jour, elle rencontra quelqu’un qui possédait cette qualité rare de voir dans les êtres humains non ce qu’ils étaient, non ce qu’ils montraient ou cachaient mais ce qu’ils allaient devenir. Il voyait en eux ce qui n’était pas éveillé et qui allait se réveiller, ce qui n’était pas né et qui allait naître. Il percevait ce qu’ils allaient découvrir avant même qu’ils le découvrent eux-mêmes, en eux-mêmes.

Et cet homme dit : « je vois plein de possibilités en toi. »

Elle se sentait si vide, envahie seulement par son immense solitude, traversée par sa détresse, elle entendit ce jour-là le premier de ses possibles : il lui était possible de remplir son vide avec les possibles de la vie.

Ainsi se termine l’histoire de la femme qui croyait combler le vide de son existence par plein de rencontres et d’activités.



LE SAGE QUI AVAIT TROUVE TOUT SEUL LE CHEMIN DE LA LIBERTE

Une rumeur s’était répandue dans ce pays-là, d’abord silencieusement, puis de façon plus insistante.

Il y a comme cela des paroles muettes qui circulent entre des êtres en recherche. Quelqu’un prétendait connaître l’existence d’un sage « ayant découvert tout seul le chemin de la liberté. »

Un adolescent, un jour, entreprit le voyage et se renseigna. On lui indiqua une direction, et sur le chemin qu’il suivit il rencontra l’amour d’une femme qui ne cherchait pas la liberté mais qui avait besoin surtout d’être aimée.

Il l’aima donc et quand elle fut sûre d’être aimée, elle put le quitter. Il y a comme cela des amours de besoin, qui s’épuisent quand ils sont satisfaits.

Le jeune homme se retrouva seul. Il reprit sa route et rencontra une autre qui l’aima et se laissa aimer. Il grandit dans cet amour-là jusqu’au jour où il fut suffisamment grand pour quitter l’aimante. Il y a comme cela des amours pépinières, qui permettent de croître.

Il reprit le chemin et durant plusieurs années parcourut la solitude.

Un matin, il s’éveilla avec un désir, celui de rencontrer un autre désir. Il le rencontra et ce fut la fête. La fête dura mille jours et mille nuits.

À l’aurore d’une nuit, il se quittèrent, comblés, rassasiés, chacun tellement émerveillé l’un par l’autre qu’ils imaginèrent que rien de plus beau ne pourrait leur arriver.

Aussi chacun de leur côté multiplièrent-ils les rencontres. Lui en trouva beaucoup, beaucoup.

Un jour cependant, il reprit le chemin, et sur ce chemin il rencontra une femme qui lui demanda avec ferveur : « agrandis-moi, prolonge-moi, donne-moi un enfant de toi. »

Il lui en donna cinq. Il croyait à la générosité de la vie. Quelques années plus tard, un midi de plein soleil, il reprit le chemin.

Ce n’était plus un jeune homme, c’était maintenant un homme traversé de cicatrices, à la fois vulnérable et puissant, qui s’avançait sur le chemin de la liberté. Il lui fallut encore d’autres rencontres, d’autres errances, d’autres enthousiasmes et d’autres étonnements pour découvrir et rencontrer enfin le sage de la liberté.

Quand il furent face à face, l’homme interrogea le sage sur son secret, sur le meilleur de son enseignement, sur la rigueur de sa recherche, sur le noms des maîtres qu’ils avaient eus, sur les souffrances et les thérapies engagées qu’il avait traversées.

Le sage ne répondit à aucune des questions. Il dit seulement :

« La seule connaissance intime que j’ai est liée à ma seule découverte : je sais aujourd’hui dire non ou oui, sans me blesser. »



DIEU EST DANS LE BOIS

C’est un garçon qui, quotidiennement, se glisse à tout bout de champ dans la forêt pour quelques moments.

Son père s’inquiète. Que peut bien faire là ce garçon chaque jour ?

Un matin, le père lui demande : « Pourquoi passes-tu tellement de temps dans le bois ? »

Et celui-ci réponds : « Pour être plus près de Dieu. »

« Eh bien », fait le père, soulagé, « tu n’as pas à aller dans le bois pour ça. Dieu est partout. Dieu n’est pas différent dans la forêt que dans le reste du monde. »

« Oui, papa », dit le garçon en souriant, « mais dans le bois, MOI, je suis différent. »



LA PETITE SOURIS QUI AVAIT TRES PEUR

Il était une fois une petite souris si timide qu’elle s’imaginait que si elle sortait de son trou, si elle allait en promenade, elle risquait de déranger tout le monde et en particulier de faire du mal aux éléphants en marchant sur leurs pieds.

Quand elle sortait de chez elle, elle marchait avec beaucoup de précautions, avançait avec hésitation, regardait soigneusement autour d’elle afin de ne déranger personne. Elle craignait tellement de déranger qu’elle aurait voulu être invisible.

Lorsque je vous ai dit que cette petite souris était timide, j’aurais dû vous préciser qu’elle était surtout égocentrique. Égocentrique est un mot du langage des souris qui veut dire: centré sur soi, préoccupée d’elle-même.

Au pays des souris, c’est un fait connu, tous les timides sont souvent des individus qui ont une perception d’eux-mêmes tellement forte qu’ils ramènent tout à eux. Ils imaginent que dès qu’ils sortent de leur trou, dès qu’ils sont en public, tous les autres voient aussitôt qu’ils sont là. C’est un paradoxe, les souris timides pensent que chacun cessant son activité, déviant le cours des ses pensées, se met aussitôt à avoir une opinion, un point de vue, un commentaire sur elles.

Alors ces petites souris soi-disant timides se mettent à vivre, à se comporter à partir de tout un imaginaire, à partir duquel, hélas, elles construisent et organisent la plupart de leur comportement. « Si je fais ceci, je risque de faire de la peine. Si je dis cela, je risque de provoquer la colère. Si je ne dis pas, ils vont penser que, si je ne fais pas, il vont imaginer que… »

Elles passent ainsi à côté de leur existence, sans pouvoir se réaliser et aller vers le meilleur d’elles-mêmes, tellement elles s’enferment dans ce qu’elles ont imaginé de l’imaginaire de l’autre. Les petites souris timides se donnent ainsi à l’intérieur d’elles-mêmes une importance très grande, si grande qu’elle envahit tout l’espace autour d’elle…



L’HOMME QUI ETAIT AMOUREUX DE LA PLANETE VENUS

Un homme était amoureux de la planète vénus (certains s’arrêtent au mont vénus !) Mais lui était vraiment amoureux, et chaque soir de ciel étoilé, il s’allongeait devant sa maison pour déclarer son amour à la planète inaccessible, du moins…. Le croyait-il !

Un soir où il rêvait ainsi, le cœur plein d’amour et le corps plein d’émoi, il entendit une voix très douce chuchoter à son oreille : « Je suis touchée de ta faveur et impatiente de te serrer dans mes bras, viens me rejoindre, viens…. »

Il se leva d’un bond, il avait bien reconnu la voix de l’aimée, même s’il ne l’avait jamais entendue. La planète Vénus enfin avait perçu son amour et répondait à sa flamme.

« Mais comment puis-je faire pour arriver jusqu’à toi ? Je ne suis qu’un homme ! »

Elle murmura tout proche : « Regarde le rayon de lune qui scintille jusqu’à tes pieds, approche-toi, monte dessus et quand tu seras sur la lune, tu trouveras un autre rayon que j’ai déposé pour toi et qui te conduira jusqu’à moi…. »

L’homme monta sur le rayon et avec facilité s’éleva jusqu’à la lune. Sur cette planète, il découvrit comme promis le rayon de Vénus et commença à s’élever vers elle.

À mi-chemin, il eut soudain cette pensée : « MAIS je vais vers une planète ?… par le biais d’une rayon ? Mais ce n’est pas possible ! »

Et avec le doute qui naquit ainsi en lui, il trébucha, tomba …Et s’écrasa des milliers de kilomètres plus bas…Sur Mars.

Avant de mourir, il eut le temps d’entendre la voix de son aimée qui murmurait tout contre son oreille. « Il ne suffit pas de m’aimer, ni de me faire confiance. Encore fallait-il que tu puisses croire en tes ressources, que tu oses te faire confiance à toi-même !



PAR UN BEAU SAMEDI APRES-MIDI – PATRICIA FRIPP

Par un beau samedi après-midi à Oklahoma City, mon ami Bobby Lewis emmenait fièrement ses deux petits gars faire une partie de golf miniature. Il se présenta au guichet et dit à l’homme qui vendait les tickets : « Combien ça coûte pour entrer ? »

Le jeune homme répondit : « Trois dollars pour vous et trois dollars pour les enfants qui ont plus de six ans. On les laisse entrer gratis s’ils sont âgés de six ans ou moins. Quel âge ont-ils ?»

Bobby répondit : « L’avocat a trois ans et le docteur sept, alors je vous dois six dollars. »

L’homme au guichet s’étonna : « Eh ben quoi, Monsieur, vous venez de gagner à la loterie ? Vous auriez pu épargner trois dollars. Vous n’aviez qu’à me dire que le plus vieux avait six ans, je n’aurais pas su que vous mentiez. »

Bobby répliqua : « Oui, vous avez peut-être raison, mais les enfants, eux, l’auraient su. »

Comme l’a dit Ralph Waldo Emerson : « Ce que vous êtes parle si fort, qu’on n’entend plus ce que vous dites. »



PAS UN SEUL – DALE GALLOWAY

Le petit Chad était un garçon tranquille et timide. Un jour, il entra dans la maison en disant à sa mère qu’il aimerait fabriquer une carte de Saint-Valentin pour chacun de ses camarades de classe.

Le cœur serré, sa mère songea : « J’espère qu’il ne le fera pas! », car elle avait observé les enfants lorsqu’ils revenaient de l’école. Son Chad était toujours derrière eux. Les autres enfants riaient, se bousculaient, bavardaient. Mais Chad était toujours exclu. Elle décida malgré tout d’aider son fils. Elle acheta donc du papier, de la colle et des crayons. Pendant trois semaines, soir après soir, Chad fabriqua consciencieusement ses 35 cartes de Saint-Valentin.

Le matin de la Saint-Valentin, Chad était tout excité. Il empila soigneusement ses cartes, les rangea dans un sac et sortit en coup de vent. Sa mère décida de préparer ses biscuits préférés pour qu’après l’école, elle puisse les lui servir encore tout chaud, avec un verre de lait bien froid. Elle pressentait la déception de Chad et se disait que cette attention mettrait du baume sur sa peine. À l’idée qu’il ne recevrait pas beaucoup de valentins, peut-être même aucun, elle avait mal.

Dans l’après-midi, elle plaça les biscuits et le lait sur la table. Lorsqu’elle entendit les enfants qui revenaient de l’école dans la rue, elle regarda par la fenêtre. Comme d’habitude, ils étaient là, riant et s’amusant comme des fous. Et comme d’habitude, Chad traînait derrière. Il marchait un peu plus vite qu’à l’accoutumée, cependant. Elle était certaine qu’il éclaterait en sanglots dès qu’il aurait franchit le seuil de la porte. Elle remarqua qu’il avait les mains vides. Lorsqu’il ouvrit la porte, elle contint ses larmes.

« Maman a préparé des biscuits pour toi », dit-elle.

Toutefois, Chad l’entendit à peine. Il se contenta de passer devant elle, le visage rayonnant, et de répéter : « Pas un seul ! Pas un seul ! »

Son cœur de maman se brisa. Puis il ajouta : « Je n’en ai pas oublié un seul, pas un seul !



ECOUTER AU-DELA DE SON REGARD – JACQUES SALOME

Il était une fois, au fin fond de la Sibérie, un village de chasseur, où le chef avait une femme très belle, très jeune, dont il était amoureux fou…

La saison de chasse ayant été très fructueuse, il chargea son traîneau de toutes les fourrures pour aller les vendre à la ville voisine. 
Les peaux étant d’une très belle qualité, il put les échanger à un bon prix, acheter tout ce qu’il fallait pour la survie de son village et le bien-être de chacun, 
car c’était un homme juste et bon.

Après tous ces achats, il lui resta une peau de renard blanc et il vit, dans un coin du magasin, un miroir en métal poli. Dans son village où l’on vivait depuis des millénaires sous la tente, il n’y avait jamais eu de mémoire de chasseurs, aucun miroir. Aussi pensa-t-il faire plaisir à sa femme, qui était comme vous le savez « belle comme un rêve », en échangeant la peau de renard blanc contre le miroir poli.

Il revint au village, distribua les vivres et les objets ramenés de la ville équitablement entre tous les chasseurs, ne gardant pour lui que le miroir enveloppé dans sa chemise, qu’il déposa aux pieds de sa femme.

Celle-ci se pencha sur le paquet, ouvrit la chemise, reconnut l’odeur de son mari, s’arrêta stupéfaite, éclata en sanglots, puis prit son manteau, ses raquettes de neige et s’enfuit sans un mot jusqu’au village de sa mère.

Cette dernière s’étonna de la visite de sa fille. Celle-ci entre deux sanglots murmura : « Mon mari ne m’aime plus. Il est parti à la ville comme chaque année, vendre ses fourrures. Comme chaque année depuis toujours, il a rapporté tout ce qu’il fallait pour le village. Il n’a oublié personne. Mais dans sa chemise, il a ramené une femme merveilleuse, très jolie, séduisante comme un matin de printemps. Elle avait même son odeur, je l’ai reconnue. 
C’est bien le signe qu’il ne m’aime plus. »

Sa mère, qui était une femme d’expérience, car elle avait beaucoup vécu, lui dit :
 »Viens avec moi, je veux voir qui oserait être plus belle que ma fille. Plus belle que le rêve d’un roi ! Je veux voir. »

Arrivée au village des chasseurs, elle entra sous la tente du chef, reconnut la chemise de son gendre, l’ouvrit, se pencha, regarda et éclata de rire, en disant à sa fille : « Tu n’as rien à craindre ma chérie, elle est vieille et moche. »

Oui, on ne voit ses problèmes… qu’avec ses propres yeux !



UN COMPTE DE 86400 EURO

Imaginez que chaque matin, une banque vous ouvre un compte de 86400 EUR. Simplement, il y a deux règles à respecter.

La première règle est que tout ce que vous n’avez pas dépensé dans la journée vous est enlevé le soir. Vous ne pouvez pas tricher, vous ne pouvez pas virer cet argent sur un autre compte, vous ne pouvez que le dépenser. Mais chaque matin au réveil, la banque vous rouvre un nouveau compte, avec à nouveau 86400 EUR pour la journée.

Deuxième règle : la banque peut interrompre ce « jeu » sans préavis; à n’importe quel moment elle peut vous dire que c’est fini, qu’elle ferme le compte et qu’il n’y en aura pas d’autre.

Que feriez-vous ? A mon avis, vous dépenseriez chaque euro à vous faire plaisir, et à offrir quantité de cadeaux aux gens que vous aimez. Vous feriez en sorte d’utiliser chaque euro pour apporter du bonheur dans votre vie et dans celle de ceux qui vous entourent.

Cette banque magique, nous l’avons tous, c’est le temps !

Chaque matin, au réveil, nous sommes crédités de 86400 secondes de vie pour la journée, et lorsque nous nous endormons le soir, il n’y a pas de report. Ce qui n’a pas été vécu dans la journée est perdu, hier vient de passer. Chaque matin, cette magie recommence.

Nous jouons avec cette règle incontournable : la banque peut fermer notre compte à n’importe quel moment, sans aucun préavis. A tout moment, la vie peut s’arrêter.

Alors… que faisons-nous de nos 86400 secondes quotidiennes ?



LES 3 TAILLEURS DE PIERRE

Dans une carrière, se promène un étranger. De nombreux ouvriers travaillent. L’étranger s’adresse au premier :

– Que fais-tu mon ami ?

– Je taille la pierre durant 10 heures par jours, je mange de la poussière chaque jour que Dieu fait, c’est vraiment une vie très difficile que celle de tailleur de pierre.

Puis, s’adressant au deuxième, l’étranger lui demande :

– Et toi, l’ouvrier, que fais-tu de ta vie ?

– Je taille la pierre, je mords la poussière, qu’il fasse beau, qu’il pleuve, je continue ce harassant travail, la vie est dure pour un tailleur de pierre.

L’étranger s’adresse alors au troisième :

– Et toi, l’ami, que fais-tu ?

Et alors, avec un beau sourire rayonnant il répond :

– Et bien moi, je construis une cathédrale…



NE LE DITES PAS A ANGELA – HANOCH MCCARTY

Angela, une petite fille de 11 ans, était aux prises avec une maladie invalidante affectant son système nerveux. Elle était incapable de marcher et sa motricité en général était très limitée.

Les docteurs n’avaient pas beaucoup d’espoir de la voir guérir de cette maladie. Ils prédirent qu’elle passerait le reste de sa vie en fauteuil roulant. Ils disaient que rares étaient les personnes, si tant est qu’il y en ait, qui pouvaient reprendre une vie normale après avoir contracté cette maladie.

La petite fille ne se laissait pas abattre. Là, étendue sur son lit d’hôpital, elle jurait à qui voulait l’entendre qu’un jour elle pourrait à nouveau marcher.

On la transféra dans un centre de rééducation dans la région de San Francisco. Toutes les thérapies qui pouvaient s’appliquer à son cas furent employées. Les thérapeutes furent charmés par son indomptable courage. Ils lui apprirent à visualiser, à se voir elle-même en train de marcher. Quand même elle n’en retirerait rien d’autre, cet exercice lui donnerait au moins un peu d’espoir et quelques chose de positif à faire durant ses longues heures de veille clouée au lit.

Angela travaillait aussi fort que possible en physiothérapie, dans le bain tourbillon et durant les séances d’exercices. Mais elle travaillait tout aussi fort quand elle était couchée dans son lit, se visualisant en train de bouger, bouger, bouger !

Un jour, tandis qu’elle essayait de toutes ses forces d’imaginer que ses jambes bougeaient, une sorte de miracle se produisit.
 Le lit bougea !
Il se mit à bouger et même à se déplacer dans la pièce. 
« Regardez ce que je fais ! » cria Angela.
 « Regardez ! Regardez ! Il a bougé! Il a bougé ! »

Bien sûr, au même moment, tout le monde dans l’hôpital criait comme elle, et courait pour se mettre à l’abri. Les gens criaient, le matériel tombait par terre et les vitres éclataient.

C’était le jour, voyez-vous, du plus récent tremblement de terre à San Francisco. Mais ne le dites pas à Angela. Elle est sûre que c’est elle qui a fait ça.

Et maintenant, à peine quelques années plus tard, elle est de retour à l’école. Sur ses deux jambes. Sans béquilles, sans fauteuil roulant.

Quelqu’un qui peut faire trembler la terre de San Francisco à Oakland peut bien vaincre une petite maladie de rien du tout, vous ne pensez pas ?



MON AMI LE BALAYEUR – PIERRE IMBERDIS / LOUIS VIRY

Tous les matins, en allant en classe, je rencontre le balayeur de notre rue. Tous les matins, il est là, à la même heure, ni trop avant, ni trop après : il arrive avec le jour, le balai à la main… 
La pluie, le gel, le vent, les feuilles d’automne, les vieux papiers, les poubelles renversées, les choses et les gens, il prend tout comme ça vient. Il n’est pas là pour se plaindre mais pour que le quartier soit propre. Il faut que la rue soit impeccable. C’est sa tâche et, même si elle est dure parfois, il la trouve importante.

Je ne sais pas à quoi il pense en ramassant si soigneusement les peaux de bananes et les verres cassés. Peut-être à cette vieille grand-mère qui aurait pu se briser la jambe, ou à ce petit enfant qui, en tombant, aurait pu se blesser à la main.

Un homme est sorti en faisant claquer sa porte. Il prend une cigarette, l’allume et jette le paquet vide sur le trottoir. Monsieur Ahmed ramasse le papier sans se plaindre. L’homme ne dit pas merci. D’ailleurs, personne ne lui dit merci. Il y a des années qu’il sert ainsi le quartier, mais personne ne l’a encore remercié dans la rue, personne ne pense à lui offrir une cigarette.
 Personne ne lui a souhaité la bonne année.

On trouve cela tout naturel qu’il y ait des hommes qui ramassent nos restes et qui balayent derrière nous, quand nous sommes passés. Et lui aussi, il trouve cela tout naturel.
Si tous les gens de ma rue pouvaient être à leur fenêtre tous les matins, surtout en hiver quand il y a de la neige ou que la bise du nord souffle !

S’ils pouvaient regarder un peu la vie de cet homme, si nécessaire au quartier ! Mais quand ils passeront tout à l’heure, pressés de prendre le bus pour aller au travail, ils ne remarqueront même pas que le trottoir a été balayé pour eux. Ils ne remarqueront pas que le balayeur a mis un peu de joie sous leurs pas. Et puis un balayeur, pour certains, ça n’a pas une situation.

Il y a des gens qui se croient supérieurs à cause des études qu’ils ont faites, à cause de l’argent qu’ils gagnent.
 Alors, ils regardent le balayeur d’en haut.
 Parfois, ils disent à leurs enfants : 
Si tu ne travailles pas bien en classe, tu finiras par balayer les trottoirs !

Pourtant, Monsieur Ahmed, l’Algérien, c’est un homme comme les autres. Moi, je l’ai compris en regardant chaque matin cet homme tout simple, cet homme que j’ai appris à aimer. Aussi maintenant, je lui dis bonjour et je tâche de ne plus jeter mes papiers de chewing-gum sur le trottoir.



NE REVEILLEZ PAS LE CHIEN QUI DORT – SUSAN F. ROMAN

Un après-midi, alors que j’étendais la lessive dans la cour arrière, un chien, l’air épuisé, est arrivé. À son collier et son ventre bien rond, j’ai vu qu’il avait un foyer.

Pourtant, quand je suis rentré à la maison, il m’a suivie, s’en est allé d’un pas tranquille dans le corridor et s’est endormi dans un coin. Une heure plus tard, il a demandé la porte et je l’ai laissé sortir.

Le lendemain, il était de retour. Il a repris sa place dans le corridor et a dormi pendant une heure.

Le manège a duré plusieurs semaines. Curieuse, j’ai épinglé une note à son collier :

« Tous les après-midi, votre chien vient faire une sieste chez moi. »

Le lendemain, le chien était de retour avec une note différente attachée à son collier :

« Il vit dans une famille de dix enfants. Il essaie seulement de rattraper un peu de sommeil. »



SUPERMARCHE DU CIEL

Comme je marchais sur la route de la vie, il y a quelques années, je suis arrivée devant un enseigne qui disait :  » Super Marché du Ciel « . Lorsque je me suis approchée, les portes se sont ouvertes et je me suis aperçue que j’étais à l’intérieur.

J’ai vu des anges ; il y en avait partout. Un des anges m’a tendu un panier en disant : 
 »Mon enfant, magasine bien. »

Tout ce qu’un humain avait besoin était dans ce magasin et ce que tu ne pouvais pas emporter, tu pouvais revenir le chercher.

En premier, j’ai pris de la Patience. L’amour était dans la même rangée. Un peu plus loin se trouvait la Compréhension. T’as besoin de ça partout où tu vas. J’ai pris une boite ou deux de Sagesse. La Foi, un sac ou deux. De la Charité bien sûr, j’en aurai bien besoin. Je ne pouvais manquer le SAINT-ESPRIT; il était partout. Et puis de la Force. Du Courage pour m’aider dans cette course.

Mon panier se remplissait bien. Mais je me suis rappelé que j’avais besoin de Grâce. Et puis j’ai pris du Pardon; le Pardon était gratuit. J’en ai pris pas mal, pour toi et moi. Puis je me suis dirigée au comptoir pour payer ma facture. Je crois bien que j’avais tout ce dont j’avais besoin. Dans une allée, j’ai vu de la Prière et je savais bien qu’en sortant j’en aurais besoin. Paix et Joie étaient en quantité phénoménales.

La dernière chose sur la tablette, Louanges et Psaumes se tenaient là, ça fait que je ne me suis pas gênée.

Puis j’ai dit à l’ange :  » Combien je te dois ? « 

Il a souri et dit :  » Emporte tout ça avec toi partout où tu iras ! « 

Encore une fois je lui ai demandé :  » Vraiment maintenant, combien je te dois ? « 

 » Mon enfant  » il dit,  » Dieu a payé ta facture il y a longtemps ! »



J’AI CRU QUE VOUS AIMERIEZ SAVOIR – ROBERT GROSS

Diane Weinman souffrait d’une peine insupportable, la mort de sa fille de 17 ans, Katie, dans un accident de voiture. Pendant son deuil, elle a reçu une lettre du chef de police qui s’était rendu sur les lieux de l’accident. La lettre a quelque peu adouci l’épreuve, pour elle et pour son mari.

« M. et Mme Weinman,

Je déplore votre perte. Je vous écris cette lettre parce que j’ai moi-même trois adolescents, un fils et deux filles. Si l’un deux mourait, je voudrais qu’on me dise les choses que je vais vous dire.

Je suis arrivé sur les lieux de l’accident qui s’était produit sur une partie glacée de la route. Katie était sur le siège du conducteur. Elle avait reçu un rude coup sur la tête, ce qui l’avait rendue inconsciente. J’ai soulevé sa tête pour lui permettre de mieux respirer; ensuite, je l’ai tenue doucement et tendrement jusqu’à ce que l’équipe de soins d’urgence arrive.

Après quelques minutes, il était évident que Katie n’avait pas survécu, mais nous n’avons pas cessé de l’aider à respirer jusqu’à ce qu’un appareil de contrôle électronique soit branché sur elle pour s’assurer qu’elle était partie.

Je veux que vous sachiez que Katie n’avait pas connaissance, qu’elle n’a pas eu peur ni n’a souffert. Elle n’est jamais revenue à elle. Je voulais aussi vous dire qu’elle n’était pas seule. Elle est morte dans les bras d’un père qui aime ses adolescents et qui sait à quel point les enfants sont précieux.

Je regrette que cela soit arrivé à votre petite fille.
 Vous pouvez me téléphoner si jamais vous voulez parler de cette journée.

Avec toutes mes prières, 
Robert Gross
Chef de la police de Lane County »

Évidemment, les Weinman ont voulu rencontrer Gross. Ils l’ont fait aux funérailles de Katie.

« Quelques semaines plus tard, il est venu nous visiter et il a répondu pendant deux heures à toutes les questions que je lui posais », a rapporté Diane Weinman.

« Il nous a beaucoup aidés, parce qu’il est un père et qu’il connaissait ma peine. Il a été franc et honnête, et il a une grande foi. Il a su faire une grande différence. Même dans ma douleur, il m’a dit ce que je voulais savoir. »

Karen Nordling McCowan



L’ETERNEL OPTIMISTE – BETH DALTON

Nous avons eu la chance et le bonheur de mettre au monde trois fils qui, de par leur personnalité respective, nous ont chacun procuré beaucoup de joie.

Nous avons affectueusement surnommé notre deuxième fils, Billy, « l’éternel optimiste ». J’aimerais bien affirmer que c’est nous qui lui avons inculqué cette attitude, mais il est tout simplement né ainsi.

Par exemple, il a toujours été très matinal et avait pris l’habitude, tout jeune, de venir nous rejoindre dans notre lit à 5h du matin. Lorsqu’il se glissait sous les draps, nous le prévenions de ne pas déranger et de se rendormir.

Il se couchait sur le dos et chuchotait :
 « Ce sera un matin magnifique ; j’entends les oiseaux chanter… »

Si nous lui demandions de cesser de nous parler, il répliquait :
 « Je ne vous parle pas, je me parle à moi-même ! »

Un jour, en maternelle, on lui demanda de dessiner un tigre. Si l’optimisme est le point fort de Billy, les arts plastiques ne le sont pas. Aussi dessina-t-il un tigre qui avait la tête croche et un œil fermé. Lorsque son enseignante lui demanda pourquoi l’œil du tigre était fermé, il répondit : 
« C’est parce qu’il dit : « Je t’ai à l’oeil, mon enfant ! »

À cinq ans, à l’occasion d’une dispute avec son frère aîné qui insistait pour traiter de chauve un homme qui figurait dans une émission télévisée, Billy rétorqua : 
« Il n’est pas chauve. Il est comme papa. Il est chauve seulement quand il te regarde. Quand il s’en va, il a beaucoup de cheveux ! »

Ce sont ces souvenirs, et d’innombrables autres, qui menèrent à l’ultime manifestation d’optimisme de Billy.

Notre cadet, Tanner, fut frappé du syndrome de Gasser un mardi. Le dimanche suivant, il mourait. Billy avait sept ans.

Le lendemain des funérailles de Tanner, j’étais en train de border Billy dans son lit. J’avais l’habitude de m’allonger à ses côtés pour parler de la journée qui s’achevait. Toutefois, ce soir-là nous restâmes couchés dans l’obscurité sans avoir grand-chose à nous dire. Puis, tout à coup, dans le noir, Billy se mit à parler.

Il dit : « Je suis triste de ce qui nous arrive, mais je suis encore plus triste pour les autres gens. »

Je lui demandai de quels autres gens il parlait. Il m’expliqua :
 « Les gens qui n’ont pas connu Tanner. Comme nous avons été chanceux de l’avoir eu avec nous pendant 20 mois ! Penses-y, plein de gens n’ont pas eu la chance de le connaître. Oui, nous sommes vraiment chanceux. »



UNE BOUTEILLE A LA MER

Dans une rue déserte de la ville un vieillard courbé se promenait, avançant d’un pas traînant par un bel après-midi d’automne, un automne dont les feuilles lui rappelaient les étés revenus et repartis. Il allait passer un long hiver de solitude dans l’attente du mois de juin.

Parmi les feuilles tombées près d’un orphelinat, un bout de papier attira son attention ; Il se pencha alors et de ses mains tremblantes le ramassa. En lisant les mots écrits de main d’enfants, le vieil homme pleura, car ces mots brûlèrent en lui comme des tisons.

« Qui que vous soyez, je vous aimes, 
qui que vous soyez, j’ai besoin de vous ; 
Je n’ai personne à qui parler, 
alors qui que vous soyez, je vous aimes ! »

Cherchant l’orphelinat du regard, les yeux du vieil homme se posèrent sur une petite fille, qui, le nez collé à la fenêtre, le regardait. Le vieil homme sut qu’enfin il avait trouvé une amie, la salua et lui sourit tendrement. Et ils comprirent tous deux qu’ils passeraient l’hiver à se moquer du froid.

Puis vint l’hiver et le froid dont ils purent se moquer, car ils se parlaient au travers de la palissade et s’échangeaient de petits présents que chacun fabriquait pour l’autre, le vieil homme sculptant des jouets, la fillette dessinant de belles dames dans des prés ensoleillés. La petite fille et le vieillard riaient aux éclats.

Puis au premier jour de juin, la fillette courut à la palissade un dessein à la main, mais elle vit que le vieil homme n’était pas là. Devinant, Dieu sait comment, qu’il ne viendrait plus, elle s’en retourna dans sa chambre et écrivit :

« Qui que vous soyez, je vous aimes, 
qui que vous soyez, j’ai besoin de vous ; 
Je n’ai personne à qui parler, 
alors qui que vous soyez, je vous aimes ! »



POUR LA SENSIBILITE DES FEMMES…

Un petit garçon demande à sa mère : « Pourquoi pleures-tu ? »

« Parce que je suis une femme », lui répond-elle.

« Je ne comprends pas », dit-il.

Sa mère l’étreint et lui dit : « Et jamais tu ne réussiras à comprendre… »

Plus tard le petit garçon demanda à son père : « Pourquoi maman pleure-t-elle ? »

« Je ne comprends pas ! », « Toute les femmes pleurent sans raison », fut tout ce que son père put lui dire.

Devenu adulte, il demanda à Dieu : « Seigneur, pourquoi les femmes pleurent-elles aussi facilement ? »

Et Dieu répondit : « Quand j’ai fait la femme, elle devait être spéciale. J’ai fait ses épaules assez fortes pour porter le poids du monde; et assez douces pour être confortables.

Je lui ai donné la force de donner la vie et celle d’accepter le rejet qui vient souvent des enfants.

Je lui ai donné la force pour lui permettre de continuer quand tout le monde abandonne. Celle de prendre soin de sa famille en dépit de la maladie et de la fatigue.

Je lui ai donné la sensibilité pour aimer ses enfants d’un amour inconditionnel, même quand ces derniers l’ont blessée durement.

Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défis et de demeurer à ses côtés sans faiblir.

Et finalement je lui ai donné des larmes à verser quand elle en ressent le besoin.

Tu vois mon fils, la beauté d’une femme n’est pas dans les vêtements qu’elle porte, ni dans son visage, ou dans la façon de se coiffer les cheveux.

La beauté d’une femme réside dans ses yeux. C’est la porte d’entrée de son cœur, la place où l’amour réside.

Et c’est souvent par ses larmes que tu vois passer son cœur. »



LE GRAMMAIRIEN – ALEJANDRO JODOROWSKI

Mulla Nashrudin est un passeur. Un jour, l’homme qu’il transporte dans sa barque est un grammairien.

En cours de route, ce dernier lui demande : 
 » Connaissez-vous la grammaire ?  »

 » Non, pas du tout ! « , répond le Mulla sans hésitation.

 » Eh bien, permettez-moi de vous dire que vous avez perdu la moitié de votre vie !  » réplique avec dédain le savant.

Un peu plus tard, le vent se met à souffler et la barque est engloutie par les flots.

Juste avant de sombrer, le Mulla demande à son passager : 
 » Savez-vous nager ?  »

 » Non ! « , répond ce dernier terrifié 
 »

Eh bien, permettez-moi de vous dire que vous avez perdu toute votre vie ! »



LES 7 MERVEILLES DU MONDE

Un professeur demanda à un groupe d’étudiants :

« Faites-moi une liste de ce que vous considérez être les 7 merveilles du monde actuel. »

Malgré quelques désaccords, la majorité d’entre eux répondit :

1 : Les grandes pyramides d’Égypte

2 : Le Taj Mahal

3: Le Grand Canyon.

4: Le Canal Panama

5: La grande Muraille de Chine

6: La Basilique St-Pierre

7: L’Empire State Building.

Alors que le professeur ramassait les réponses, elle se rendit compte qu’une élève n’avait pas encore remis sa feuille. Elle lui demanda si elle éprouvait de la difficulté à terminer sa liste.

L’élève lui répondit :

« Oui, un peu. Je n’arrivais pas à me décider car il y en a tellement. »

Le professeur lui répondit :

« Hé bien, dis nous ce que tu as trouvé et peut-être que nous pourrons t’aider. »

La jeune fille hésita, puis commença sa lecture :

Je crois que les 7 merveilles du monde sont :

1: Le Toucher

2: Le Goût

3: La Vue

4: Le Sourire

5: L’Amour

6: L’Ouïe

7: Les sentiments.

On aurait pu entendre une épingle tomber tellement le silence dans la classe était grand. Toutes ces choses que nous ne remarquons plus tellement elles sont simples et ordinaires sont en réalité, des Merveilles.

Souvenez-vous que les choses les plus précieuses de la vie ne peuvent s’acheter.



UN MONDE SANS NOIRS

On raconte une histoire très amusante et très révélatrice à propos, d’un groupe de Blancs qui en avaient marre des Noirs.

Ces Blancs avaient décidé, d’un commun accord, de s’évader vers un monde meilleur. Ils étaient donc passés par un tunnel très sombre pour ressortir dans une sorte de zone nébuleuse au cours d’une Amérique sans Noirs, où toute trace de leur passage avait disparue.

Au début, ces Blancs poussèrent un soupir de soulagement. Enfin, se dirent-ils, fini les crimes, la drogue, la violence et le bien-être social. Tous les Noirs ont disparus. Mais soudainement, ils furent confrontés à une toute autre réalité.

La nouvelle Amérique n’était plus qu’une grande terre aride et stérile… Les bonnes récoltes étaient rares car le pays s’était jusque là nourri grâce au travail des esclaves noirs dans les champs.

Il n’y avait pas de villes avec d’immenses gratte-ciel, car Alexander Mills, un Noir, avait inventé l’ascenseur et, sans cette invention, on trouvait trop difficile de se rendre aux étages supérieurs.

Il n’y avait pratiquement pas d’automobiles, car c’était Richard Spikes, un Noir, qui avait inventé la transmission automatique. Joseph Gammel, un autre Noir, avait inventé le système de suralimentation pour les moteurs à combustion interne, et Garret A. Morgan, les feux de circulation.

En outre, on ne trouvait plus de réseau urbain express, car son précurseur, le tramway, avait été inventé par un autre Noir, Elbert R. Robinson.

Même s’il y avait des rues où pouvaient circuler automobiles et autres rames ferroviaires express, elles étaient jonchées de papier et déchets, car Charles Brooks, un Noir, avait inventé la balayeuse motorisée.

Il y avait très peu de magasines et de livres car John Love avait inventé le taille-crayon, William Purvis, la plume à réservoir, et Lee Burridge, la machine à écrire, sans compter W.A. Lovette avec sa nouvelle presse à imprimer.

Vous l’avez deviné ? Ils étaient tous Noirs.

Même si les Américains avaient pu écrire des lettres, des articles et des livres, ils n’auraient pu les livrer par la poste, car William Barry avait inventé le tampon manuel et Phillip Downing, la boîte aux lettres.

Le gazon était jaunâtre et sec, car Joseph Smith avait inventé l’arrosoir mécanique, et John Burr, la tondeuse à gazon.

Lorsque les blancs entrèrent dans leurs maisons, ils trouvèrent que celles-ci étaient sombres, pas étonnant, Lewis Latimer avait inventé la lampe électrique, Michael Harvey, la lanterne, Grantville T. Woods, l’interrupteur-régulateur automatique.

Enfin leurs maisons étaient sales car Thomas W.Steward avait inventé la vadrouille (balai), et Lloyds P.Ray, la porte poussière.

Leurs enfants les accueillirent à la porte, pieds nus, débraillés et les cheveux en broussaille, à quoi fallait-il s’attendre ? Jan E. Matzelinger avait inventé la machine à former les chaussures, Walter Sammons, le peigne, Sarah Boone, la planche à repasser, et George T.Samon, la sécheuse à linge.

Les Blancs se résignèrent finalement à prendre une bouchée, dans tout ce chambardement, mais pas de chance, la nourriture était devenue pourrie car c’était un autre Noir, John Standard, qui avait inventé le réfrigérateur.

N’est-ce pas étonnant ? Que serait le monde moderne sans contribution des Noirs ?

Martin Luther King Jr. a dit un jour :  » Quand vous êtes prêts à partir pour le travail, sachez que la moitié de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous êtes servis avant de quitter votre maison a été inventée par des Noirs « .

Tout ça pour vous dire chers frères et sœurs que l’histoire des Noirs ne se résume pas seulement à l’esclavage quand nous pensons à Frederik Douglass, Martin Luther King Jr, Malcolm X, Marcus Garvey et Du Bois.



INVITATION DE LA FOLIE

La Folie décida d’inviter ses amis pour prendre un café chez elle. Tous les invités y allèrent. Après le café la Folie proposa : « On joue à cache-cache ? »

« Cache-cache ? C’est quoi, ça ? » demanda la Curiosité.

« Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu’à cent et vous vous cachez. Quand j’ai fini de compter je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter. »

Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.

« 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7,…, » la Folie commença à compter.

L’Empressement se cacha le premier, n’importe où. La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d’arbre. La Joie courut au milieu du jardin. La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d’endroit approprié pour se cacher. L’Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher. La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient. Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à soixante-neuf.

« CENT ! » Cria la Folie. « Je vais commencer à chercher… »

La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n’avait pu s’empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert. En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d’une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché. Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité…

Quand ils furent tous réunis, la Curiosité demanda : « Où est l’Amour ? »

Personne ne l’avait vu. La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d’une montagne, dans les rivières au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l’Amour. Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, pris un bout de bois et commença à chercher parmi les branches, lorsque soudain elle entendit un cri.

C’était l’Amour, qui criait parce qu’une épine lui avait crevé un œil. La Folie ne savait pas quoi faire. Elle s’excusa, implora l’Amour pour avoir son pardon et alla jusqu’à lui promettre de le suivre pour toujours.

L’Amour accepta les excuses.

Aujourd’hui, l’Amour est aveugle et la Folie l’accompagne toujours.



UN BEBE PARLE AVEC DIEU

Un jour avant sa naissance, un bébé parle avec Dieu :

« Je ne sais pas ce que je dois faire au monde “.

Dieu lui dit :

 » Je t‘envoie un ange qui sera à tes côtés. “

 » Mais je ne comprends pas sa langue “

 » L‘ange t‘enseignera sa langue “

 » Il te protègera du mal “

 » Comment et quand est-ce que je reviendrai chez toi ? “

 » Ton ange te dira tout “

 » Comment s‘appelle mon ange ? “

 » Son nom est sans importance…“

« …mais toi, tu l‘appelleras : MAMAN



LE PRINCE ERRANT – FRANÇOIS VALLET

Il était une fois un roi réputé pour sa sagesse et son équité, qui avait pour habitude de vivre dans un petit réduit situé tout en haut d’une tour de son château, près d’un étroit soupirail. Il délaissait ainsi jour et nuit ses vastes pièces somptueuses et confortables qu’il laissait volontiers à sa famille et à sa cour.

Se faisant vieux, il demanda un jour à son fils aîné de venir auprès de lui. Avant de lui succéder, il désirait que le prince se vête en humble parmi les humbles et parte sur les routes, en quête d’une leçon de sagesse assez grande pour qu’il pût établir sur les bases de cette leçon même sa souveraineté et guider ses futures affaires de monarque.

Comment ? s’indigna le prince, vous m’obligez à m’abaisser, adopter les mœurs des gueux, partager le sort des va-nu-pieds, des pauvres sans éducation, des rustres, des charretiers, des minables de toutes sortes et j’en passe et des pires ! Mais puisque c’est votre volonté et que j’ai pour vous la plus haute estime ainsi que toute ma reconnaissance filiale, j’y consens. J’espère toutefois que l’expérience ne sera pas trop longue et pas trop pénible.»

Le prince héritier se rendit dans la capitale, puis sur les routes du pays, cherchant auprès des uns et des autres un enseignement qui le servît plus tard dans son rôle de souverain. Le temps passait ; il aidait les paysans à récolter le foin, il secondait les colporteur de marchandises et gagnait ainsi sa vie.

Après des années vécues d’une façon aussi modeste il se dit qu’il n’avait rien appris, qu’il ne serait donc pas un bon souverain. Il retourna auprès de son père pour lui signifier son échec. Les années avaient buriné le visage du roi et affaibli son corps. Il ne faisait aucun doute que le souverain vivait là ses derniers jours.

Voyant son père dans un tel état, le fils se désolait de ne pouvoir succéder à cet homme qu’il vénérait. 
J’ai fait ce que vous m’avez conseillé père. Je dois avouer que je n’ai rien appris durant tout ce temps. Je suis allé partout, dans toutes les villes et dans de nombreuses fermes. J’ai vécu avec vos sujets les plus démunis. J’ai mangé un repas par jour et j’ai dormi sur la paille. Je n’en sais pas plus qu’avant mon départ.

Alors retire-toi fit le roi. Tu n’es pas donc pas prêt à me succéder. 
Le fils salua le vieux monarque et s’apprêta à descendre l’escalier de la tour lorsqu’il eut le réflexe de faire demi-tour et revenir près du vieux roi. 
Il y a une question que je brûlais d’envie de vous poser souverain père le jour où vous m’avez envoyé sur les routes.

Pose ta question, fit le père.

Pourquoi vivez-vous près de cette petite fenêtre dans ce réduit alors que vous avez des grandes pièces dans tous les étages du château qui sont éclairées par de grandes baies vitrées ?

Si tu m’avais alors interrogé avant ton départ sur les routes, répondit le roi, je t’aurais donné la même réponse que je vais te donner aujourd’hui. Elle ne tient qu’en quelques mots : ne juge jamais une fenêtre à son embrasure. Même un soupirail, un œil-de-bœuf ont le plus beau rôle, être un passage de lumière.

Je crois que je suis enfin en mesure de vous succéder, répondit le prince.



AUX FEMMES EXCEPTIONNELLES ET AUX HOMMES QUI NE LE SAVENT PAS …

Monsieur et Madame regardent la télévision, quand tout à coup Madame dit :

«Je suis fatiguée et il se fait tard, je crois que je vais aller me coucher. »

Elle se rend à la cuisine pour préparer les petits déjeuners du lendemain, rince tous les bols de pop-corn, sort de la viande du congélateur pour le souper du lendemain soir, vérifie s’il reste des céréales, remplit la boite à sucre, met des cuillères et des bols sur la table et prépare le café pour le lendemain matin. 
Puis, elle met le linge dans le sèche-linge, met une autre brassée dans la machine à laver, repasse un chemisier et recoud un bouton. 
Elle ramasse les journaux qui gisent sur le plancher, des pièces de jeux qui traînent sur la table et remet l’annuaire téléphonique en place. Elle arrose les plantes, vide les paniers de linge et étend les serviettes pour les faire sécher. 
Elle baille et s’étire et, se dirigeant vers la chambre à coucher, elle s’arrête près du bureau, écrit une note au professeur de son fils, lui sort de l’argent et ramasse un livre de classe qui traînait sous une chaise. 
Elle signe une carte de fête pour un ami, adresse et colle un timbre sur l’enveloppe. 
Elle écrit une petite liste pour l’épicerie. 
Elle met l’enveloppe et la liste près de son sac. Elle ajoute trois choses à faire sur sa liste du lendemain. 
Elle se rend à la salle de bains, s’applique de la crème sur le visage, brosse ses dents puis se fait les ongles. 
Son mari lui dit : « Je croyais que tu allais te coucher ! » 
 »J’y vais », répond elle. Elle remplit le bol d’eau du chien et met le chat dehors, puis elle s’assure que les portes sont fermées. 
Elle fait le tour des chambres des enfants, donne une pastille à celui qui tousse, replace une lampe, raccroche une chemise, met les chaussettes sales dans la corbeille à linge et échange quelques mots avec un des adolescents qui est encore à faire ses devoirs. 
Une fois rendue dans sa chambre elle programme l’alarme de son réveil, sort ses vêtements pour le jour suivant, replace le support à chaussures.

Pendant ce temps, son mari ferme le téléviseur et dit tout bonnement :

« Moi aussi je vais me coucher », il se rend dans la chambre et se couche…

Cela vous rappelle-t-il quelqu’un que vous connaissez ou que vous avez connu ???

De plus elle doit toujours être jolie, sexy, souriante, de bonne humeur, pas chiante et quand sexisme rime avec féminisme et objectivisme, c’est un plaisir !



PETITE HISTOIRE QUI FAIT DU BIEN AUX MAMANS… ET AUX PAPAS…

Un jour, mon fils est revenu de l’école secondaire en affichant un sourire narquois. Il se croyait alors assez intelligent pour me remettre à ma place.

– Devine ce que j’ai appris en éthique et culture aujourd’hui ?

M. Menoud nous a enseigné plein de choses au sujet des lois, particulièrement sur la Charte des droits des enfants.

– Je n’ai pas à faire le ménage de ma chambre ni à me couper les cheveux.

– Personne n’a le droit de m’obliger à penser de telle façon, à me taire ou à me dire quoi porter.

– J’ai la liberté de religion et, peu importe ce que tu dis, je n’ai pas à m’incliner ni surtout à prier.

– Je peux porter des boucles d’oreilles si ça me tente et me faire percer la langue et le nez.

– Je peux lire et regarder les émissions que je veux et me faire tatouer de la tête aux pieds.

– Et si tu me donnes une claque, je peux déposer une plainte et tu seras poursuivie en justice ; les marques serviront de preuve.

– Ne t’avise pas de me toucher ; mon corps m’appartient. Les caresses et les becs ne sont qu’une autre forme d’exploitation des enfants.

– Ne me fais pas la morale comme ta mère l’a fait pour toi. Ce serait juste une autre façon d’essayer de me contrôler.

– Maman, ces droits sont pour moi et tu ne peux pas m’influencer ou j’appellerai la protection de la jeunesse.

Bien sûr, mon premier réflexe aurait été de le jeter dehors, mais l’occasion de lui donner une leçon était plus tentante. J’ai réfléchi un moment; il n’était pas question de ne pas réagir à ces propos.

Le jour suivant, je l’ai emmené faire les commis et je lui dis :

– Je choisis pour toi, des pulls, des pantalons. J’ai vérifié auprès de la protection de la jeunesse et ils ont dit que je pouvais t’acheter n’importe quels souliers au lieu de choisir des Nike.

– Oh, j’ai annulé le rendez-vous pour ta première heure d’auto-école, la protection de la jeunesse ne se préoccupe pas de ça, c’est donc à moi de choisir ce qui convient le mieux.

Un peu plus tard :

– Non, on n’a pas le temps de s’arrêter pour manger ou acheter quelque chose à grignoter. Garde ton appétit pour le souper ; on mange du foie aux oignons, le plat que je préfère.

En passant, :

– Demain tu pourras commencer à préparer des sacs pique-nique pour l’école.

Quand il a demandé s’il pouvait louer un film pour regarder sur son appareil vidéo, j’ai répondu :

– Désolée, mais j’ai vendu l’appareil qu’il y avait dans ta chambre pour payer une partie des nouveaux pneus d’hiver. J’ai aussi loué ta chambre, tu pourras coucher sur le divan. Selon la protection de la jeunesse, on a juste besoin de te fournir un toit.

– Ce ne sera plus nécessaire de t’acheter des vêtements mode et c’est moi qui vais décider ce qu’il y aura dans le frigo et ce qu’on mangera aux repas

.
- L’argent de poche qu’on te donnait servira dorénavant à m’acheter des petites choses

.
- J’ai aussi l’intention de vendre la console de jeux, le scooter et les patins à roulettes qu’on t’avait achetés sans raison particulière.

– Tu peux vérifier dans la Charte des droits des parents ; c’est en vigueur.

– Mon chéri, est-ce que tu pleures ?

– Pourquoi t’es tombé à genoux ? Tu pries Dieu de t’aider plutôt que de faire appel à la protection de la jeunesse ?

… pas facile, l’éducation…



LE REVEUR D’ORIENT – SAGE AMERINDIEN

Je ne suis pas intéressé par ce que tu fais pour vivre.

Je veux savoir ce qui brûle en toi et si tu oses rêver la réalisation de ce que tu portes dans le cœur.

Je ne suis pas intéressé par ton âge.

Je veux savoir si tu prends le risque de passer pour un fou au nom de l’Amour, de tes rêves et de l’aventure qu’est la vie.

Je ne suis pas intéressé de savoir quelles planètes sont en carré avec la lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre tristesse, si tu as été ouvert aux trahisons de la vie ou si tu es devenu endurci et fermé par peur d’une peine prochaine.

Je veux savoir si tu peux t’asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, sans bouger pour la cacher, l’amoindrir ou l’arrêter.

Je veux savoir si tu peux être dans la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser avec ferveur et laisser l’extase te remplir complètement jusqu’au bout de tes doigts et de tes orteils sans nous dire de faire attention, d’être réaliste et de ne pas oublier les limites de l’être humain.

Je ne suis pas intéressé à savoir ce que tu me dis est vrai.

Je veux savoir si tu es prêt à décevoir les autres pour rester vrai avec toi-même et si tu peux supporter d’être accusé de trahison et ne pas trahir ton âme.

Je veux savoir si tu peux être fidèle et donc digne de confiance.

Je veux savoir si tu peux voir la beauté même lorsque ce n’est pas tous les jours bien joli, et si tu peux sentir que la source de vie réside en Sa présence.

Je veux savoir si tu peux vivre avec les échecs, les miens ou les tiens, et pourtant continuer à tenir debout au bord du lac en criant à la pleine lune argentée « oui ».

Je ne suis pas intéressé à savoir où tu vis et combien tu gagnes.

Je veux savoir si tu peux te réveiller après une nuit de chagrin et de désespoir, de lassitude ou de douleur, et faire ce qui doit être fait pour les enfants.

Je ne suis pas intéressé de savoir qui tu es et comment tu es venu jusqu’içi.

Je veux savoir si tu peux te tenir au milieu de feu avec moi et ne pas te dérober.

Je ne suis pas intéressé à savoir ce que tu as appris, où tu l’as appris et qui te l’a enseigné.

Je veux savoir ce qui te nourrit de l’intérieur lorsque tout s’effondre autour de toi.

Je veux savoir si tu peux rester seul avec toi-même, et si tu jouis vraiment de ta propre compagnie dans ces moments de vide.



UN ANGE GARDIEN SPÉCIAL

Le 22 juillet, j’étais en route pour Washington, DC afin d’effectuer un voyage d’affaires. Tout était de la routine jusqu’au moment de l’atterrissage à Denver pour un transfert d’avion.

J’étais à ramasser mes effets personnels dans le compartiment au-dessus de mon siège, lorsqu’il y a eu une annonce demandant à M. Lloyd Glenn de consulter un représentant du service à la clientèle et ce immédiatement.

Je n’y ai plus pensé jusqu’à ce que je sois rendu aux portes de l’avion et ou il y avait un gentleman demandant à chaque homme si il était M. Glenn. A ce moment, j’ai su que quelque chose n’allait pas et mon cœur a bondi.

Lorsque j’ai quitté l’avion, un homme à l’aspect sévère est venu vers moi et m’a dit :

 »M.Glenn, il y a une urgence chez-vous. Je ne sais pas de quoi il s’agit ni qui est impliqué mais je vous conduis à un appareil téléphonique afin que vous puissiez joindre l’hôpital ».

Mon cœur s »est mis à battre mais la volonté d’être calme a pris le dessus. J’ai suivi cet étranger jusqu’à un téléphone et j’ai composé le numéro qu’il m’a remis afin de joindre le Mission Hôpital.

Mon appel a été transféré à l’unité de traumatologie et j’ai appris que mon garçon de trois ans a été coincé sous la porte automatique du garage durant plusieurs minutes. Lorsque mon épouse l’a découvert, il était décédé. Une réanimation cardio-respiratoire a été effectuée par un voisin, lequel est un médecin, et les ambulanciers ont pris la relève.

Brian a été transporté à l’hôpital.

Au moment de mon appel, Brian a été réanimé et l’on croit qu’il survivra sans toutefois savoir quelles seront les séquelles au cerveau et au cœur. Ils ont expliqué que la porte s’est complètement refermée sur son petit sternum, juste dessus le cœur. Il a été sévèrement écrasé. Après avoir parlé avec les membres de l’équipe médicale, mon épouse semblait inquiète mais non hystérique ce qui m’a apporté un certain réconfort.

Le vol de retour semblait ne jamais vouloir se terminer mais finalement, je suis arrivé à l’hôpital 6 heures après l’accident de mon fils. Lorsque je suis arrivé à l’unité des soins intensifs, rien n’aurait pu me préparer à la vision de mon petit garçon couché si immobile dans ce grand lit avec des tubes et des moniteurs tout partout. Il était branché à un respirateur.

J’ai jeté un regard à mon épouse qui était debout et qui a tenté de m’offrir un sourire rassurant. Il me semblait vivre un cauchemar. On m’a transmis tous les détails et donné un pronostic prudent. Brian vivra et les examens préliminaires indiquent que son cœur est OK, 2 miracles. Évidemment, seul le temps nous dira si son cerveau a subi des dommages. Durant les heures qui s’écoulaient sans fin, mon épouse demeurait calme. Elle sentait que Brian serait éventuellement OK. Je m’accrochais à sa foi.

Durant toute la nuit et la journée suivante, Brian est demeuré inconscient. Il me semblait qu’il y avait une éternité que j’avais quitté la maison pour mon voyage d’affaire la veille. Finalement, à 2 heures de l’après-midi, notre fils a repris connaissance, s’est assis et a prononcé les plus beaux mots que j’avais jamais entendu. Il a dit  »Papa prends moi » et il m’a tendu ses petits bras. (larmes, arrêt… sourire)

Le lendemain, nous avons su qu’il ne conserverait aucune séquelle physique ou neurologique et l’histoire de sa survie miraculeuse a fait le tour de l’hôpital. Vous ne pouvez imaginer lorsque nous avons ramené Brian à la maison, la vénération pour la vie et l’amour de notre Père Céleste qui vient à ceux qui ont côtoyé la mort de si près.

Dans les jours qui ont suivi, il y avait un esprit spécial dans notre demeure. Nos deux enfants plus âgés étaient beaucoup plus proches de leur petit frère. Mon épouse et moi étions plus proches de chacun, et tous étions plus proches à titre de famille. La vie a pris un rythme plus calme, moins stressant. Les perspectives semblaient plus focussées et notre équilibre de vie plus facile à gagner et à maintenir. Nous nous sentions profondément bénis. Notre gratitude était véritablement profonde.

L’histoire n’est pas terminée (sourire) ! Environ un mois après l’accident de Brian, ce dernier s’éveille de sa sieste de l’après-midi et dit ‘‘Assis-toi maman, j’ai quelque chose à te dire ».

Habituellement, Brian s’exprime avec de petites phrases, donc de dire une si grande phrase a surpris mon épouse. Elle s’est assise avec lui sur son lit et il a débuté sa remarquable histoire.

 »Te rappelles-tu lorsque j’étais coincé sous la porte du garage? Tu sais, c’était tellement lourd et ça faisait vraiment mal. Je t’ai appelée, mais tu ne pouvais pas m’entendre. J’ai commencé à pleurer mais ça faisait trop mal. Soudain, les petits oiseaux sont venus ».

 »Les petits oiseaux? » lui a demandé ma femme.

 »Oui » a t-il répondu.  »Les petits oiseaux ont crié et volé dans le garage. Ils ont pris soin de moi ».

 »Vraiment »?

 »Oui » a t-il répondu.  »Un des oiseaux est venu et t’a fait venir.  » Il est venu pour te dire :  » Je suis coincé sous la porte ».

Un silence respectueux a empli la pièce. L’esprit était si fort et en même temps plus léger que l’air. Ma femme a réalisé qu’un enfant de trois ans n’a aucun concept de la mort et des esprits donc il se referait aux êtres qui sont venus à lui comme étant des oiseaux puisqu’ils étaient dans les airs et qu’ils volaient comme des oiseaux.

 »A quoi ressemblaient les oiseaux? » lui a-t-elle demandé.

Brian a répondu:  »Ils étaient tellement beaux. Ils étaient en blanc, tout en blanc. Quelques uns étaient en vert et blanc, mais certains étaient tout en blanc. »

 »Ont-ils dit quelque chose? »

 »Oui » a t-il répondu.  »Ils m’ont dit que le bébé serait OK »

 »Le bébé ? » a demandé ma femme confuse.

Brian a répondu:  »Le bébé étendu sur le plancher du garage » et il a poursuivi :  »Tu as sorti, tu as ouvert la porte du garage et tu as couru vers le bébé. Tu lui as dit de rester et de ne pas partir ».

Ma femme s’est presque effondrée en entendant cela car elle était en effet sortie et s’était mise à genoux à côté du corps de Brian et en observant sa poitrine écrasé, elle a chuchoté : « Ne nous laissent pas Brian, reste si cela t’est possible ». En écoutant Brian lui raconté les mots qu’elle avait dit, elle a réalisé que l’esprit avait quitté son corps et regardait d’en haut ce petit corps sans vie …

 »Ensuite, qu’est-il arrivé? » lui a-t-elle demandé.

 »Nous avons fait un voyage » a-t-il répondu, très, très loin d’ici ».

Il est devenu agité essayant de dire des choses pour lesquelles il n’avait pas les mots. Ma femme a essayé de le calmer et le réconforter et lui a dit que tout serait correct. Il a lutté avec le désir de dire quelque chose qui était très important pour lui, mais trouver les mots pour le faire était difficile.

 »Nous avons volé si vite dans les airs. Ils sont tellement beaux maman » a-t-il ajouté.  »Et il y en a beaucoup, beaucoup d’oiseaux ».

Ma femme était stupéfiée. L’esprit réconfortant l’a enveloppé de plus belle avec une urgence qu’elle n’avait jamais ressenti avant. Brian a poursuivi en disant à sa mère que les  »oiseaux » lui ont dit qu’il devait revenir pour parler d’eux à tout le monde. Brian a dit que les oiseaux l’ont ramené à la maison et qu’il y avait un gros camion de pompier et une ambulance. Un homme transportait le bébé sur un lit blanc et il avait essayé de dire à l’homme que le bébé serait OK.

L’histoire s’est poursuivie pour une heure encore.

Brian nous a appris que les  »oiseaux » étaient toujours avec nous mais que nous ne les voyons pas parce que nous regardons avec nos yeux et nous ne les entendons pas parce que nous écoutons avec nos oreilles. Mais ils sont toujours là, on peut les voir seulement par ici (il a mis sa main sur son cœur). Ils nous murmurent les choses qui nous aident à faire le bien car ils nous aiment tellement.

Brian a continué :

 »J’ai un destin, maman. Tu as un destin. Papa a un destin. Tout le monde a un destin. Nous devons tous vivre notre destin et remplir nos promesses. Les  »oiseaux » nous aident à le faire car ils nous aiment beaucoup ».

Partout ou Brian allait, il parlait des oiseaux à tout le monde. Étonnamment, personne ne l’a regardé de façon étrange lorsqu’il le faisait. Les gens avaient plutôt un regard tendre et un sourire. Il est inutile de dire que nous ne sommes plus les mêmes depuis ce jour et je prie pour que nous ne le soyons jamais.



VOUS AVEZ LE CHOIX

Jerry est gérant d’un restaurant. Il est toujours de bonne humeur. Quand on lui demandait comment ça allait, il répondait toujours : « Si ça allait mieux, je serais jumeau ! »

Les serveurs de son restaurant quittaient leur emploi pour le suivre afin de demeurer à son service d’un restaurant à l’autre.

Pourquoi ?

Parce que Jerry était un motivateur né. Quand ça n’allait pas bien pour un de ses employés, Jerry était toujours là pour lui faire voir le côté positif de la situation. Son attitude me rendit curieux. Alors, un jour j’allai le voir et lui demandai :

Je ne comprends pas ! Personne ne peut être positif tout le temps. Comment fais-tu ?

Jerry répondit : « Chaque matin à mon réveil, je me dis, j’ai deux choix aujourd’hui. Je peux choisir d’être de bonne humeur ou de mauvaise humeur. Je choisis toujours d’être de bonne humeur. À chaque fois que quelque chose de mal arrive, je peux choisir d’être victime ou d’apprendre. Je choisis toujours d’apprendre.

Quand on vient se plaindre à moi, je peux choisir de me taire ou d’en faire ressortir le côté positif de la vie. Je choisis toujours cette dernière option.

« Mais ce n’est pas toujours si facile, » protestai-je.

« Oui ça l’est, » dit Jerry.

« Tout dans la vie est une question de choix. Après avoir enlevée le superflu, chaque situation est un choix. On choisit comment réagir aux situations, comment les gens affectent notre humeur, d’être de bonne humeur ou pas. On choisit comment vivre notre vie. »

Plusieurs années plus tard, j’appris que Jerry avait accidentellement fait ce qu’on doit absolument éviter dans le monde de la restauration. Il avait laissé la porte arrière de son restaurant ouverte. Et alors, au matin il fut dévalisé par trois hommes armés. Pendant que Jerry tentait d’ouvrir son coffre-fort, sa main nerveuse glissa de la manette de combinaison. Les voleurs paniqués firent feu sur lui.

Heureusement Jerry fut rapidement trouvé et transporté à l’hôpital. Après 18 heures de chirurgie et des semaines des soins intensifs, Jerry pu quitter l’hôpital avec des fragments de projectiles dans son corps…

Je rencontrai Jerry environ six mois après l’accident.

Quand je lui demandai comment il allait, il me répondit, « Si j’allais mieux, je serais jumeau. Veux-tu voir mes cicatrices ? »

Je déclinai son offre mais lui demandai ce qui lui avait passé par la tête lors du cambriolage.

« J’ai d’abord pensé que j’aurais dû barrer la porte arrière, puis après qu’ils m’eurent tiré dessus, je me suis souvenu que j’avais deux choix : Je pouvais choisir de vivre ou de mourir. J’ai choisi de vivre. »

« N’avais-tu pas peur? » que je lui demandai.

Il continua : « Les ambulanciers ont été super. Ils ne cessaient pas de me répéter que tout irait bien. Mais quand ils m’ont emmené à l’urgence et que j’ai vu l’expression sur les visages des médecins et des gardes, j’ai paniqué. Dans leurs yeux, Je pouvais lire, c’est un homme mort. Il fallait que je passe à l’action. »

« Qu’as-tu fait ? » Lui demandai-je.

« He bien, il y avait une grosse infirmière qui me criait des questions. Elle me demanda si j’étais allergique à quelque chose. »

Je lui répondis : « oui, aux balles de fusils. »

Quand ils eurent fini de rire, je leur dit : « J’ai choisi de vivre. S’il vous plait, opérez-moi comme si j’étais vivant et non pas mort.

Jerry survécut grâce à la compétence des médecins mais aussi à cause de son étonnante attitude. J’ai appris de lui qu’à chaque jour on a le choix de jouir de la vie ou de la détester. La seule vraie chose qui nous appartienne – que personne ne puisse contrôler ou nous prendre – c’est notre attitude,

Alors, en prenant soin de cela, tout dans la vie devient plus facile.



LE VIEUX SAGE ET LE MARCHAND – ROBERT INGERSOLL

Il était une fois un vieil homme, assis à la porte d’une ville.
Un jeune homme s’approche de lui :

 » Je ne suis pas d’ici, je viens de loin ; dis moi, vieil homme, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? « 

Au lieu de lui répondre, le vieillard lui renvoie la question :

 » Et dans la ville d’où tu viens, comment les gens étaient-ils donc ? « 

Le jeune homme aussitôt, plein de hargne :

 » Égoïstes et méchants, au point qu’il m’était impossible de les supporter plus longtemps ! C’est pourquoi j’ai préféré partir ! « 

Le vieillard :

 » Mon pauvre ami, je te conseille de passer ton chemin : les gens d’ici sont tout aussi méchants et tout aussi égoïstes ! « 

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approche du même vieillard :

 » Salut, ô toi qui es couronné d’ans ! Je débarque en ces lieux ; dis-moi, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? « 

Et le vieil homme de le questionner à son tour :

 » Dis-moi d’abord, là d’où tu viens, comment les gens étaient-ils ? « 

Le jeune homme, dans un grand élan :

 » Honnêtes, bons et accueillants ! Je n’avais que des amis ; oh que j’ai eu de peine à les quitter ! « 

Le vieillard :

 » Eh bien, ici également, tu ne trouveras que des gens honnêtes, accueillants et pleins de bonté. « 

Un marchand faisait boire ses chameaux non loin de là, et il avait tout entendu :

 » Comment est-il possible, ô vieil homme que je prenais pour un sage, de donner, à la même question, deux réponses aussi diamétralement opposées ? Serait-ce un poisson d’avril? « 

 » Mon fils, déclara le vieil homme, chacun porte en son cœur son propre univers et le retrouvera en tous lieux. Ouvre ton cœur, et ton regard sur les autres et le monde sera changé. »



LE RENDEZ-VOUS FINAL

Il existe une vieille légende au sujet d’un riche marchand de Bagdad qui envoya son serviteur au marché.

Pendant qu’il était au marché, il fut bousculé par quelqu’un dans la foule. Quand il se tourna, il vit une femme dans une longue robe noire et sut que c’était la Mort.

Le serviteur courut à la maison raconter à son maître d’une voix tremblante la rencontre qu’il avait faite, et la façon dont la Mort l’avait regardé et avait fait un geste menaçant. Le serviteur supplia son maître de lui prêter un cheval pour qu’il puisse s’enfuir à Samarra et se cacher, afin que la Mort ne puisse le trouver.

Le maître accepta, et le serviteur s’enfuit en galopant. Plus tard, le marchand alla au marché et vit la Mort se tenant non loin de lui.

Le marchand lui demanda : « Pourquoi as-tu fait un geste menaçant à mon serviteur et l’as-tu effrayé? »

« Ce n’était pas un geste menaçant, répliqua la Mort. C’était uniquement parce que j’étais étonnée de le voir à Bagdad alors que j’ai rendez-vous avec lui ce soi à Samarra ! »



MON PROF EST UNE CLOCHE – M. DE CORNOUARDT

Alexandre n’aimait pas son prof de math. Il détestait tout ce qui touchait de près ou de loin ce professeur. Mais cette année, la rentrée ne s’est pas déroulée aussi mal que les fois précédentes : parce que mon fils a eu une « cloche » pour professeur !

Alex est rentré de sa première journée d’école en balançant son cartable dans le couloir et en riant tout haut :

« Ecoutez un peu ça, c’est la meilleure ! Mon prof de math nous a avoué qu’il serait comme une cloche pour nous… et qu’on pourrait le taper tout au long de l’année. Il commence bien celui-là. Une cloche! Non mais vous vous rendez compte de ce qu’ils nous disent maintenant. »

J’interrogeais Alex sur les circonstances de cette déclaration pour le moins étonnante.

« Ben, c’est après que Thomas, un copain, a levé le doigt pour demander comment on pouvait se préparer le mieux possible aux examens de fin d’année. Monsieur Dunhill, c’est son nom, a répondu :

« Donnez-moi une petite tape et vous obtiendrez un son doux et persistant. Mais frappez-moi fort et vous provoquerez un son énorme, assourdissant. « 

Cela vous étonnera peut être, mais la réponse de mon fils m’a totalement rassuré sur la santé mentale de son prof :

 » Tu sais Alex, je ne crois pas que Monsieur Dunhill soit fou, bien au contraire. On peut dire qu’il est un homme avisé et empli de sagesse. Ses paroles le prouvent. « 

– « Peuh, a répondu Alex, ça ne m’étonne pas, tu te ranges toujours du côté des profs ! Comme d’habitude. »

– « Peut-être, mais écoute mon explication, après tu te feras ta propre opinion sur ton prof et sur moi. »

J’expliquais alors à Alex ce que Monsieur Dunhill avait voulu leur faire comprendre :

« Un bon professeur est comme un musicien professionnel qui ne réussit ses concerts que parce qu’il sait prendre en compte son public. C’est ce que Monsieur Dunhill a tenté de vous expliquer : un prof est bon si les élèves qu’il a en face lui permettent de l’être. Il n’est intéressant qu’avec des gens intéressés. Sachez poser les bonnes questions et susciter les bonnes réponses… Plus vous essayez, plus le professeur vous aide. C’est une première leçon digne d’un jour de rentrée! »