Je vois le monde sévère

Allonnes (72), France 🇫🇷

Je vis un peu replié ici à Allonnes… l’expression que j’avais trouvé, “All alone à Allonnes”, me correspond bien en ce moment. Même si Nathalie est bien là, je passe la plupart de mon temps avec moi-même et en silence. Ça me plait énormément. Je sens que j’en ai profondément besoin pour le passage que je suis en train de vivre. 🙏

Voici le film que nous avons vu au cinéma hier et qui est à la source de mon article d’aujourd’hui… Ce qui m’a le plus touché dans l’histoire était la sévérité du grand-père Getty, son égoïsme et son obnubilation pour l’argent, même si à la fin du film ça trouve tout son sens. Je me souviens très bien de l’événement, j’avais 17 ans et j’étais au lycée quand ça s’est produit. 🤨

Quand je regarde autour de moi, je perçois malgré les sourires, les bonnes intentions et une gentillesse apparente, beaucoup de sévérité. Je l’entends dans les mots que les gens utilisent. Ça me touche, car je sais que ça ne parle que de moi et que cela veut dire que j’ai sûrement encore des vérités à lâcher. Je pense en tout cas, car dans sévérité je lis “ses vérités”… les miennes donc. 😤 

Et il se peut très bien que je sois seul pour cette raison. Pour faire entrer davantage de souplesse et de douceur en moi sans avoir besoin d’être sur mon qui vive. Parce que j’ai les deux côtés en moi. D’une part je vois bien ma propre sévérité et d’autre part j’ai la sensibilité qui souffre de la sévérité des autres. Et la solution est très simple dans mon esprit unitaire. Si je souhaite être en présence de plus de douceur, il suffit que je devienne davantage cette douceur. 💓

En plus, ce qui est “rigolo” est que ma sévérité est sûrement là pour me protéger contre celle des autres et pour pallier à mon manque d’assurance de moi. Au fond, je vois bien que je deviens de plus en plus cool. Je ne reconnais déjà plus le Michael d’avant. Mais je vois aussi ce qui est encore à faire, car même si je ne dis rien et que je fais très attention aux mots que j’emplois, rien ne m’échappe et je ne laisse que très peu de choses passer… pas assez à mon goût. 🎖

D’ailleurs c’est ce que je vois le plus chez les autres. Je pense par exemple à ce besoin de corriger systématiquement celui qui parle. Le train arrive à 11h… Non, non, à 10 heures 54… Je vois des gens se reprendre et se castrer mutuellement et inutilement pour des broutilles au lieu de simplement ne pas relever et laisser l’autre tranquille. Y’a pas mort d’homme ? 😅

Et les “il faut”, ou les “tu dois”, ou encore les “ça serait bien que”… Nos phrases sont truffées de ça. Des impositions verbales qui séparent ce qui est bien de ce qui ne l’est pas. Ces mots conditionnent et poussent à obéir. Beaucoup d’entre nous ont l’habitude de parler ainsi. Quand j’entends ça, je m’étouffe et je m’éloigne. Et si ça s’adresse à des enfants, je peux même encore sentir de la colère. 😏       

Puis, pour mettre du poids nous citons d’autres personnes. Nous généralisons en utilisant le “on” et créons des phrases qui transforment des opinions en vérités par “c’est comme ceci ou c’est comme cela”. Beaucoup d’entre nous, font ainsi de leur expérience personnelle une vérité absolue et font souvent de cette vérité un dogme… En plus, avec le “on” et le “est” ils généralisent leurs vérités et parlent à ma place. 🤮 

Ce que je constate également dans nos habitude verbales est que nous donnons beaucoup d’ordres au lieu de demander ou de proposer. Ce n’est pas nécessairement notre intention, mais c’est ainsi que cela s’exprime. Ça manque juste de douceur, de subtilité et un peu d’effort pour changer « attends-moi » en « j’aimerais beaucoup marcher à côté de toi, ce serait okay pour toi de marcher plus lentement ? ». 😏

Je vis cette manière de corriger, manipuler, donner des ordres et généraliser comme des intrusions. Pourtant c’est complètement assimilée à notre manière de communiquer et même considérée normale. Je connais même des gens pour qui ces ingrédients sont indispensables pour avoir une “bonne discussion”. Et si encore les vérités que nous avancions fonctionnaient !!! C’est la plupart du temps même pas le cas. Des mots inutiles, du blablatage… 🗣  

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Indigestion, intolérance, mal au coeur… Ma propre intolérance m’a fait perdre la sensation d’Amour et de bonheur pendant quelques jours. Heureusement c’est déjà en train de revenir. 😉

Moi, ça me fatigue… sans plus. Je pense que je n’ai pas mal avancé sur ce terrain en m’auto-corrigeant depuis ces derniers 25 années. Le processus était long. Je n’enseigne plus, certains mots ne font plus partie de mon dictionnaire personnel, mes phrases sont truffées des mots qui laissent la place au doute… Et pourtant, je sens bien que quelque chose traine encore. 😒 

Je pense que l’endroit où j’ai à changer en ce moment concerne “l’observateur”. Simplement ne plus “observer”… ne plus observer pour ne plus relever. Car, quand je vois quelque chose, ça se confronte automatiquement à mon cadre de référence, à mon savoir et mes vérités… et dans ce cas, le jugement n’est pas loin. Le jugement des autres, le jugement de moi-même. Même si je n’exprime pas ce que je vois, quand je relève quelque chose chez quelqu’un ça doit se voir et se sentir.😕

Lâcher mon savoir et ma volonté de changer ce qui est, puis regarder avec l’innocence d’un enfant… juste pour voir la beauté des gens et les choses. Ça me plait, ça me calme… et je vois bien aussi le lien avec mon indigestion récente. Je ne digérais pas, je ne tolérais pas… D’ailleurs je tire souvent cette carte :

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Je vous souhaite de voir que des belles choses…💗💞💓 

13 réponses

  1. parfois,certains enfants ne voient que le frics lors de l’héritage et ne cherche vraiment pas l’identité de leur père ou mère,et qui ils ont été vraiment…Et ce qui peut me mettre aussi en colère car l’argent ne fera pas leur bonheur…Se confronter aux gens et toujours se justifiés,c’est une grosse perte de temps,car on n’appartient à personne,on est dans son monde et on doit le vivre…Ce qui peut nous séparer de la vie,c’est bien la mort…ne plus exister car on nous humilie…

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  2. Alain

    « Marrante » cette photo du gars qui tient sa poitrine.
    Il y a 3 mois, j’ai eu une brusque et forte douleur dans la poitrine.
    J’ai appelé le Samu qui m’a conduit aux urgences faire tout un tas d’examens.
    Pas de problème cardiaque, « tout va bien », juste du stress parait-il.
    Ces derniers temps je suis interpellé par de nombreuses douleurs corporelles : omoplate gauche, puis épaule gauche depuis plusieurs mois, jambes, mains… à 46 ans j’ai par moments l’impression d’être bon pour la casse 😦
    En même temps, j’ai cette impression de voir mon corps gémir vers moi, me demander de l’attention, demander à ne plus être ignoré, à être enfin reconnu de moi. Et je commence à l’entendre, à éprouver de la compassion à son égard, et même à vouloir aller à sa rencontre consciente.

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour Alain
    La référence à ta douleur omoplate gauche épaule gauche à fait écho en moi.
    Quand j’ai ces douleurs chez moi c connecté au pancréas. Si tu veux en parler n’hésite pas à m’appeler 0620070020
    Bonne année pleine de renouveau !

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  4. Brigitte.

    Il me vient pleins de pensées suite à cet article. Concernant les enfants, ma propre place d’enfant et celle de mon fils. Concernant les parents, ma mère, mon père, et ma propre place de mère face à mon fils. Face aux « obligations » d’où les exigences que l’on peut avoir face aux enfants. Exigences qui viennent du monde extérieur le plus souvent par le biais de l’école et … des grands-parents. Par rapport à la mère idéale que j’aurais voulu avoir, et l’idée de la mère que je DOIS être pour mon fils. Et enfin, par rapport au malaise que tu éprouves face à l’autoritarisme de certains, et de ton propre autoritarisme parfois, ce que j’aurais pu te proposer en tant que thérapeute pour transformer tout cela. Cela ne veut pas dire que je vais te le proposer. Juste je décris tout ce qui me vient.
    Bon ben… pour ma part je vais transformer mes pensées et croyances sur les parents, le père, la mère, l’enfant, la famille en général, et je vais aller jusqu’aux amis, copains/copines, les voisins… En ce moment je suis en échange de coaching et çà rejoint pas mal ce que tu décris. Grace à ton article j’ai du pain sur la planche concernant les relations humaines en général. Merci Michael !

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  5. Carron

    Verité absolue ?:
    Il me semble que si ma verité me rend heureux, peu importe de savoir si elle est absolue, puisque la verité de l’autre ne devrait pas nuire ni à la pérennité ni aux implications de la mienne.

    Aimé par 1 personne

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